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 La nuit tous les chats sont gris[PV Njut]
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Lola


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MessageSujet: La nuit tous les chats sont gris[PV Njut]   La nuit tous les chats sont gris[PV Njut] I_icon_minitimeLun 7 Oct - 16:24

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L'air tremblait. La terre vibrait. Le ciel se déchirait. Je volais. Ou plutôt je tombais. Lentement. Je contemplait le ciel, les iris fixés sur un point précis. Quelque chose se détachait, quelque chose de blanc qui se démarquait du bleu du ciel virtuel. Ça se rapprochait, sacrément vite, alors qu'il me semblait que je chutais plus lentement. Je pouvais distinguer à présent mieux distinguer l'objet. Il devenait presque humain, mais restait d'un blanc translucide. Il tendit sa main décharnée et la plongea allègrement dans ma poitrine enserrant mon cœur.

J'heurtais quelque chose de mou. Un matelas assez vieux. J'en eu le souffle coupé. La chose se rapprochait de mon visage, sa main translucide toujours au travers de ma poitrine. Mon cœur battait à tout allure. Terreur. Je n'osais bouger. Je n'osais respirer. Mes yeux plongés dans ceux de la chose, vides et pourtant étrangement expressifs. Je voulais tourner la tête sans y parvenir malgré tout, pétrifiée. Son souffle venait contre ma joue délicate. Je tremblais comme une feuille soudain certaine que je n'allais pas m'en tirer avec quelques pirouettes.

La chose me regardait à présent, sa main toujours occupé à me tourmenter le cœur, j'avais l'impression qu'à la moindre pression elle pouvait le faire exploser. Des sueurs froides. Que voulait-elle ? Elle s'approcha pour me murmurer quelque chose à l'oreille. Je n'en comprenais pas les mots mais son ton ne faisait aucun doute là-dessus. Des menaces. Un rire ou plutôt un son gutturale sorti tout droit de sa gorge et puis la chose disparu...

Soudain le ciel me tombait sur la tête. Des pierres, des morceaux de bois, des vestiges d'un autre temps. J'allais me faire écraser. Je voulais me dépêtrer du matelas déchiré mais j'en étais incapable. Mon corps semblait ne plus avoir de force. En dernier recours je me tournais sur mon côté gauche, la tête caché dans mes bras. De la douleur. De la terreur. Du néant. C'était la fin.

J'ouvrais les yeux en hurlant, me redressant brusquement. J'ai mis quelques instants à me rendre compte que j'étais dans mon lit. Je regardais de droite à gauche, la main posée sur mon palpitant, à la recherche d'un quelconque fantôme. Rien. Je me rallongeais, rassurée. Les iris fixés sur le plafond. J'étais à l'abri, ici. Au moins. Pourtant dès que je fermais les yeux le fantôme venait hanter mes rêves. J'étais plus que fatiguée, les jours précédent avaient été exceptionnellement éreintants. Après cette rencontre inopinée avec le surnaturel dans les ruines, il y avait eu le kidnapping du Gm et ces combats ridicules auxquels certains joueurs d'Euphemia avaient été contraints et forcés de participer.

Je regardais mon réveil, 2h57. Je toisais les chiffres lumineux sur l'écran, les défiants du regard. J'attrapais mon drap et me le collait sur les yeux. J'étais capable de rendormir après un stupide cauchemar, quand même. Je fermais les yeux essayant de ne penser à rien. Je me tournais à droite et à gauche, essayant de trouver le sommeil entre deux retournement. Je me redressais soudainement, l'esprit envahit de scènes apocalyptiques et de sentiments négatifs qui me torturaient encore malgré tout. Je soupirais bruyamment puis me traînait dans ma salle de bain. Cauchemar 1 - Lola 0. Une bonne douche me ferait peut-être le plus grand bien.

Je m’asseyais dans la cabine, la tête pointée vers le haut, les genoux ramené contre moi, l'eau tombait sans discontinuer. Je ne sais pas trop ce que j’espérais d'un monde contrôlé par quatre fous qui n'ont rien d'autres à faire que de nous garder prisonnier à l'intérieur, mais une chose était sûre, je ne m'étais jamais attendue à ça. Des ruelles dénués de Macdo, une belle brochette de psychopathes, des lieux hantés, des endroits aussi dangereux qu'attirants. Un monde virtuel ne devrait pas être pire que  le monde extérieur. On avait beau dire, que cet endroit c'était une seconde chance, un monde pour tout recommencer, que fallait s'estimer heureux et blablabla. Quand t'étais une nana droite qui finalement n'avait rien fait de mal et pour qui le monde réel n'était pas aussi terrible que pour certains y'avait de quoi rager.

C'est pas ma faute pourtant, si j'avais été une enfant battue, tourmentée par ses camarades de classe, avec un caractère accommodant j'aurai pu me contenter de ce monde virtuel malsain. Quand le monde extérieur n'en valait pas le coup il était facile de s'habituer à une version plus saine et pourtant terrible. D'être prêt à affronter les pires situations avec le sourire et le cœur débordant de courage. Moi tout ce que j'avais c'est un caractère de merde, des parents gâteux gâteaux riches, des potes assez sympa finalement et un complexe à la con sur ma taille. On pouvait très bien dire que j'avais gagné à la grande loterie de la vie mais soyons réaliste deux minutes. Qui souffrent le plus dans ce monde de déments ? Les gens normaux. Les gens qui ont une vie pas trop moches. Comme si on nous faisait payer pour le malheur des autres. Si au moins il m'était arrivée une merde irl peut-être que ma vie aurait été intéressante. Les gens auraient sans doute étaient plus compatissants au lieu d'être chiants avec moi.

On peut bien dire que je passe mon temps à me plaindre. Rien à foutre. Je peux rien faire d'autre que subir les conneries des autres alors bon, faut bien que je compense quelque part. Après c'est pas si pire. Je veux dire, j'ai rencontré des gens cool d'autres moins cool, mais bon ça va quoi. J'ai un métier, je peux aller me soûler à crimson c'est bien. Jusqu'à la prochaine crasse des gms. Je détestais ne pas avoir le plein contrôle sur ma vie, laisser des gens exposer mes faiblesses, les laisser ronger l'intégrité physique et mentale que j'avais, petit à petit. Que pouvait bien espérer un simple joueur quand des Gms s'amusent à pourrir votre vie juste parce qu'il en ont envie, hein. Quedalle. On pouvait bien faire des sittings,des grèves de la faim, défiler dans la rue, ici un missile pouvait vous tomber sur la gueule juste parce qu'un connard avait entré le programme Hiroshima² dans la suite de code d'Euphemia. Le monde appartenait aux geeks, aux programmeurs et aux psycho'. Super.

Je me redressais pour me laver en vitesse, déboulant hors de la cabine, l'air était devenue humide et de la buée recouvrait le miroir. Je m'essuyais rapidement pour aller ouvrir la fenêtre. Le fraîcheur de la nuit me fit frissonner. Des sensations et des besoins tous plus réels les uns que les autres. J'avais eu la sensation de m'être endormie, j'avais ressentie l'eau brûler ma peau, l'air l'avait rafraîchit. Tout était réel. Bien trop. Douleur, peine, colère, tristesse, faim, fatigue, on ressentait tout, tout et plus encore. Le virtuel et le réel. Il n'y avait pas de différence finalement. Ou en tout cas on en ressentait pas. C'était bizarre comme sensation. Je me demandais bien si un jour je finirais par regagner ma véritable réalité ou si je finirais par accepter définitivement celle-ci comme étant la seule et unique réalité. Je secouais la tête. Philosopher à cette heure, c'était mauvais. J'arrivais à me prendre la tête toute seule. Bravo Lolita.

Je sortais pour me sécher les cheveux, me coiffer et m'habiller rapidement, mon réveil me narguait toujours me rappelant que la nuit était simplement avancée et que le matin n'était pas encore venu. 3H33. J'avais été plus rapide que je ne l'avais pensé. Je descendais dans ma boutique, puis finalement sortais dehors, les étoiles illuminaient le ciel bien plus que les lampadaires le faisait. Les rues étaient presque désertes. Presque parce qu'à cette heure certains rentraient chez eux pour s'enfoncer dans leur draps, après une soirée à boire dans un bar à Crimson ou ailleurs. Je marchais, les mains nouées, dans mon dos, sans avoir de but véritable. Je ne savais pas vraiment où j'avais envie d'aller, tout ce dont j'étais sûre c'était que je ne voulais pas rester ici, à me tourmenter l'esprit.

J'avais fini par arriver dans un parc. Je le reconnaissais sans peine. Le parc enfantin de Dream land. Les plus jeunes joueurs venaient parfois s'amuser ici, sous la surveillance d'adulte, vrais parents ou non d'ailleurs, il arrivait que certaine famille se constituaient bon gré mal gré dans ce jeu. Je m'asseyais sur un banc contemplant tourniquets et autres balançoires bouger au grès du vent. La nuit tombée le parc avait une atmosphère complètement différente. Il n'y avait presque plus rien d'enfantin dans ce parc. Je soupirais. J'avais un don pour choisir mes endroits moi. Je restais assise sur le banc, détournant le regard pour contempler la lune et les étoiles.

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MessageSujet: Re: La nuit tous les chats sont gris[PV Njut]   La nuit tous les chats sont gris[PV Njut] I_icon_minitimeVen 11 Oct - 23:08

« Oh, c'est toi qui chantes, dit le Griffon. Moi, j'ai oublié toutes les paroles. »


Difficile de garder les enfants à la maison sans couvre-feu. Les murs et les heures avaient à peu près autant d'effet sur Nout qu'une bête barrière de bois sur un cheval. Il les sautait allégrement et si ça n'avait été pour la régularité forcée de son travail (il avait essayé, et faire le pitre devant des alcooliques précoces ou des arbres ne rapportait pas tant que ça), il aurait vécu la tête à l'envers. Tête qu'il avait pour l'heure – bien tardive – levée vers le ciel pixelisé d'étoiles. Vachement ressemblant pour une coque d'ordinateur, s'en fit-il la distraite remarque, les quilles venant taper en cadence contre ses paumes. Dream Land, ce n'était définitivement pas comme Le Caire. Des odeurs et des paysages différents, aux antipodes de son pays natal qu'il n'avait jusque là jamais quitté. Comment savoir si ça ressemblait à quelque chose de connu ailleurs ? Nout retenait rarement autre chose que l'essentiel, qui se distillait en l'occurrence en stéréotypes douloureusement... stéréotypés. En Amérique on mange des hamburgers, en France on porte le béret et en Allemagne on boit de la bière.  Monsieur, je suis ni en Europe ni en Afrique ni nulle part ailleurs : il ferma ses dents sur un bonbon qui céda dans un gémissement acidulé de fraise. Il laissa ses quilles tomber à terre et les ramassa ensuite, les calant sans précautions inutiles dans un sac rose bonbon. Il fait nuit, il fait Nout, maintenant on fait quoi ?

Un pas de danse sans aucun sens et on reprend la route.

Le parc avait l'air d'une suite de bâtisses malades flanquées de paillettes, dans le noir. Le calme du soir contrastait avec l'agitation bruyante de la journée. Inutile de préciser qu'un désert, ce n'était pas vraiment bon pour les affaires de notre noctambule. Mais Nout aimait la nuit. Et il ne comptait pas les heures passées la tête sur l'oreiller, si bien qu'il se perdait souvent le long du cadran. Sept ou deux heures de sommeil, quelle différence ? Ce n'était pas ça qui risquait de tuer un personnage de jeu vidéo ; et c'était indubitablement ce qu'il était. Mieux que Link, dix fois mieux. Ses mains abîmées d'avoir trop frotté le bitume d'une ville qui inspirait à plein poumons la fumée des pots d'échappement, de s'en être accroché au vide maintes fois, sortirent un ballon mince et plat de couleur jaune. Les poches de sa veste violette en regorgeaient comme un coffre en bois de pièces de monnaie. Le trésor un peu pathétique du Pierrot endimanché, du pirate de passage. Un bateau tout en plastique vif. Il souffla tout l'air de ses poumons dans cette drôle de forme et une fois qu'il en fut à bout, tordit le malheureux dans une arabesque qui tenait plus du hasard que du chien souhaité. Il le posa à plat sur mains, le fixa d'un œil circonspect. Amusé. Ça ne ressemblait pas encore à grand chose, mais il faisait des progrès. Toujours plus qu'en maths, c'était sûr ; le chien handicapé fit un saut dans les airs et ce fut à ce moment précis que Nout aperçut la forme assise sur le banc.

Il récupéra monsieur hot-dog sans le regarder. Lui qui pensait être seul ! Qui s'asseyait là sans bouger à trois heures du matin, sous la voûte lumineuse, si ce n'était une apparition ? Les alcoolos de service étaient trop occupés à tituber en chantant à tue-tête plus loin. Celle-ci était toute silencieuse dans le bruissement des feuilles qu'agitait le vent, par ici ou par là. Nout pensa bien que cette personne pouvait vouloir être seule, mais il chassa cette éventualité d'un haussement d'épaules. Sûr que pour dîner en tête à tête avec sa solitude, il valait mieux s'y prendre en pleine nuit qu'en pleine journée. Mais bon, pas de chance, il passait par là. Et il avait envie de savoir ce que son vis-à-vis faisait ici.

On se pose pas de questions et on avance. Dommage qu'il ait oublié son monocycle, c'était toujours plus classe de faire son entrée avec un nez rouge et sur un monocycle. Toujours.

« Bha dis donc, t'en tires une tête, fit-il en se penchant vers la fille par dessus le dossier, on t'a posé un lapin ? »

Il lui en aurait sorti un du chapeau s'il avait été magicien – et qu'il avait eu un chapeau, évidemment. Mais nan, mais nan, il y en avait à qui ça ne plaisait pas, tout ce bruit.
Lui, ce qu'il en disait, c'est qu'on avait jamais vu un clown sans son sourire. Jusqu'aux oreilles.

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MessageSujet: Re: La nuit tous les chats sont gris[PV Njut]   La nuit tous les chats sont gris[PV Njut] I_icon_minitimeLun 21 Oct - 23:19

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Je contemplais les balançoires, agitées par le vent, à chaque mouvement la structure grinçait faiblement, menaçant ceux qui auraient l'audace de s'installer sur les balancelles. « Si tu t'assois je m'écroule sur toi, compris ? » Semblait-elle dire. J'esquissais un sourire, un instant tentée, j'aimais bien les défis. Un instant cependant. La nuit et la voûte céleste semblait plus attractive que les balançoires. Je reportais mon attention sur les petites paillettes du ciel, essayant d'y trouver de quelconques constellations familières.

À la place un visage apparu, il parlait, un truc à propos d'un lapin. Je criais. Parce que mince, je ne m'étais pas attendu à ce que quelqu'un surgisse comme ça. Je donnais un coup de tête sur son menton, avant de sauter hors du banc et hors d'atteinte la main plaquée contre le front. J'adoptais une posture défensive, ou du moins quelque chose qui y ressemblait, essayant de distinguer les traits de l'intrus. Finalement, je me détendais un peu, reconnaissant le visage et la silhouette du saltimbanque qui s'amusait à me plomber mon commerce en faisant le singe devant ma boutique, de temps à autres.

« Ça va pas bien ou quoi tu m'as foutu la trouille ! T'es fou ! En plus tu m'as fait mal avec ton menton là ! »

Je me frottais justement la tête, meurtrie à cause de son coup de menton en grommelant. Agir avant de réfléchir n'était pas une bonne stratégie si je voulais éviter de m'attirer des ennuis. Je soupirais, finalement, il ne s'était pas montré menaçant et n'avait pas essayé de me faire les poches. On pouvait bien dire que je l'avais agressé gratuitement et en ce moment c'était pas bon d'être chopé à agresser les autres joueurs. Je contournais le banc pour voir s'il était en vie. Je soupirais une nouvelle fois, soulagée, parce que bon, tuer quelqu'un c'était pas bien. Même quand ce quelqu'un était énervant.

Je ramassais une espèce de ballon à forme animale, un chien ou du moins, ça devait en être un cousin plus ou moins lointain. Il lui manquait une patte mais bon, pour un travail d'amateur c'était correct. Je retournais sur mon banc, ramenant mes genoux pour y déposer le ballon dessus, le triturant avec mes mains, tirant sur les oreilles, les lèvres pincées.

« Avant que tu n'essayes de ne me tuer avec une crise cardiaque je prenais simplement l'air, seule et tu vois j'ai bien l'intention de rester genre seule... Donc si t'as un spectacle à donner ailleurs ça m'arrangerai pas mal. »

Je fixais le simili-chien, m'enfonçant de nouveau dans mes pensées. Cela faisait peut-être quelques jours que « l'incident » entre Father et Umbra c'était déroulé. On avait appris que des personnes étaient mortes durant l'event. Depuis tout avait changé. Personne n'avait plus le droit de sortir entre 22h et 8h, les nuits s'étaient rallongées, la panique avait gagné la population, tant et si bien que les rues étaient parsemées de caméras. Comme l'a dit si bien Orwell, Big brother is watching you. Je soupirais encore, en proie à une profonde … mélancolie. C'est dans ces moments-là que le monde réel me manquait. Je me ressaisissais cependant, histoire de ne pas me morfondre en public.

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: La nuit tous les chats sont gris[PV Njut]   La nuit tous les chats sont gris[PV Njut] I_icon_minitimeSam 26 Oct - 13:32

Boum.

Même si en l'occurrence, plutôt qu'une jolie explosion, ce fut un choc désagréable dans les dents – clac – et au dos qui venait de rencontrer le sol. Des étoiles devant les yeux, Nout mit sa main sur sa bouche et se demanda un instant s'il n'avait pas été assommé. Parce que des étoiles, il y en avait un paquet, trop pour être honnête, et... Ah, non, c'était juste le ciel, ça.
Curieux de savoir pourquoi on avait remplacé la petite rousse par le le plafond pixelisé d'Euphemia, il se redressa à demi et planta ses yeux sombres dans ceux furieux de sa presque interlocutrice. Main sur le front, comme prête à bondir ; le jeune homme ne remit pas pour autant en question la brutalité de son introduction et se mit à sourire. Sa main tâtonna à la recherche du sac qu'elle avait laissé s'échapper sous  le coup de la surprise. La lanière retrouva vite sa place entre les doigts couturés de leur propriétaire, lequel accueillit la répartie de Lolajolie avec un petit sifflement.

« Ça va pas bien ou quoi tu m'as foutu la trouille ! T'es fou ! En plus tu m'as fait mal avec ton menton là ! »

Un goût brutal de sang mélangé à sa salive l'empêcha de faire montre de sa rhétorique hors du commun en lui revoyant quelque « c'est toi qui m'a frappé d'abord » pas piqué des vers. Peut-être qu'il valait mieux qu'il se taise, au final, parce qu'elle avait toujours l'air furax, Madame Irma ; et que pour s'être fait chasser de devant sa boutique plusieurs fois (alors qu'il essayait simplement d'attirer le chaland avec ses jongleries, histoire qu'elle ait plus de clients et que son affaire ne fasse pas faillite), il savait qu'elle était loin d'être délicate. Comme quoi il y avait des androïdes à Hope Corporation, des vampires à Crimson District et des gorilles à Dream Land. Quelle diversité !
Nout regarda la jeune fille approcher sans bouger. S'il craignait un nouveau coup, son visage ne le trahissait pas. Une pointe de curiosité dans ses sourcils levés, il suivit des yeux le ballon maladroitement tordu qu'elle ramassa et posa sur ses genoux. Il entreprit de se hisser sur ses pieds en s'accrochant au dossier qui gémit sous sa traction peu délicate. De nouveau (à peu près) solide sur ses deux jambes, il resta bêtement planté là à observer Lola de côté, visiblement pas décidé à passer son chemin.
T'es fou. Naaaaan, je vais très bien, mais c'est sympa de t'inquiéter !

« Avant que tu n'essayes de ne me tuer avec une crise cardiaque je prenais simplement l'air, seule et tu vois j'ai bien l'intention de rester genre seule... Donc si t'as un spectacle à donner ailleurs ça m'arrangerai pas mal. »

Nout hésita entre lui demander si la place près d'elle était libre et lui rétorquer que s'il avait vraiment voulu la tuer, il aurait plutôt essayé le coup du miroir. Pour finir, et parce que le garçon avait la constance d'un girouette et la politesse d'un chocomonstre qui vient dévorer votre Nutella en pleine nuit, il passa par dessus le dossier et s'assit à côté de Lola sans lui demander son avis sur la question. Oui, il avait bien compris qu'elle voulait rester seule : mais est-ce qu'il avait l'air d'en avoir quelque chose à faire ? Nout n'entendait que ce qu'il voulait bien entendre, ceci expliquant sa présence à l'extérieure en dehors des heures imposées par le couvre-feu. Il était céleste, les lois ne s'appliquaient pas à lui comme au commun des mortels.
Disait-il avant de se retrouver un jour derrière les barreaux. Quoique, même là...

« Nan, aucun spectacle après minuit parce que... ben, y'a plus grand monde. Et j'ai cru comprendre que mes acrobaties t'emballaient pas trop. »

Alors que franchement, en monocycle, il aurait dû faire rire petits et grands. Même les vieilles liseuses de cartes acariâtres qui le traitaient pire que sa mère en période de révisions. Pas cool.
Totalement à la ramasse et peu soucieux de se tenir plus que nécessaire au courant, Nout ignorait à peu près tout ce dont les passants ne parlaient pas devant lui, la vie de ses connaissances y compris. Mais la pauvre Lolajolie avait l'air d'avoir avalé un gros paquet d'aiguilles, pauvre chose. Ou alors elle était contente mais faisait la tête en étant heureuse et là c'était elle qui était un peu folle, nan ? Il reprit donc immédiatement, sur le ton du client pas pressé qui demande le pain au boulanger :

« Ce chien (il désigna le ballon qu'elle tenait) apporte la joie aux gens, j'te jure. Tu le regardes et tu te sens mieux. »

Et son pouvoir aurait été plus grand s'il n'avait pas été involontairement estropié, sans doute. Bah.
Les peintures de Picasso ressemblaient pas plus à quelque chose, hein. Et pourtant elles avaient rendu plein de gens riches.

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MessageSujet: Re: La nuit tous les chats sont gris[PV Njut]   La nuit tous les chats sont gris[PV Njut] I_icon_minitimeDim 27 Oct - 16:20

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Je continuais de regarder le petit chien en plastique, testant la résistant du ballon en tirant toujours plus fort sur ce qui ressemblait le plus à des oreilles de chien. Je me demandais qui pouvait bien vouloir de ces trucs, je suis sûre qu'il les fait payer en plus, ces horreurs ! Les artistes de rues, c'est bien connu, ça vous détrousse quand vous avez le dos tourné après vous avoir extorqué de l'argent en demandant de payer leur représentation. Et puis en plus les artistes de rue ça devait vivre dans des roulottes et les nomades on pouvait pas leur faire confiance, comme disait souvent ma mère. Mentalité de gosse de riche ? Ouais. Sûrement. J'm'en fou. Raison pour laquelle je n'arrivais pas à lui accorder le moindre crédit ou à reconnaître son talent. Surtout lorsqu'il s'agissait de spectacle où il pouvait se rompre le cou à tout instant. Avoir du courage s'était bien, mettre sa vie en danger c'était de l'inconscience.

Je soupirais. Visiblement Monsieur n'avait pas l'intention de pomper l'air de quelqu'un d'autre. Il s'installait, tranquillement sur le banc, à croire qu'il aimait bien faire le contraire de ce qu'on lui demandait. Sacrés adolescents. Je songeais à changer d'air moi-même, mais après tout pourquoi se serait à moi de partir, hein ? J'étais là la première !

« Nan, aucun spectacle après minuit parce que... ben, y'a plus grand monde. Et j'ai cru comprendre que mes acrobaties t'emballaient pas trop. »

Je détournais la tête pour le regarder un instant, laissant le chien et la voûte céleste pour le moment avant de hausser les épaules. Je saisissais ses joues avec mes deux mains tirant dessus sans ménagement.

 « C'est pas vraiment que j'ai pas envie de te voir faire des acrobaties débiles, si jamais tu te loupais tu pourrais te briser quelque chose, pire te tuer sur le coup et moi j'ai pas envie d'être traumatisée à vie tu vois ? J'en dormirai plus du tout la nuit. Les enfants devraient pas se mettre en danger comme ça. … Oh ! En parlant d'enfant, tu devrais pas dormir à cette heure, hein ?»

Je m'autorisais à maltraiter ses joues un instant avant de le relâcher et de recommencer à triturer le petit chien, fixant l'horizon sans vraiment la regarder, m'enfonçant dans mes pensées une nouvelle fois, ayant décidé d'ignorer Nout le clown. Décidément les nuits sur Euphemia devenaient trop calme. Il n'y a pas si longtemps les rues grouillaient d'activités, même le soir venu, les joueurs s'y sentait peut-être plus libre et plus en sécurité qu'en ces temps troublés. Sur Dream land, on avait eu de la chance. Pas de caméra, pas de filtrage à l'entrée, les gens pouvaient aller et venir à leur guises, il n'y avait pas de membre des forces de l'ordre qui patrouillaient dans les ruelles. Bref, sur Dreamy c'était le calme plat. S'en était même devenu trop calme. Tant et si bien que j'avais fini par me dire que quelque chose clochait sur l'île aux rêves colorés. Combien de temps pourrait-on encore se balader tranquillement dans les rues s'en être inquiété? Je soupirais. Réfléchir à tout ça c'était pas bon pour ma santé mentale. Peut-être que je devenais parano et qu'au final rien ne se passerait. Je retombais contre le dossier du banc.

« Ce chien apporte la joie aux gens, j'te jure. Tu le regardes et tu te sens mieux. »

J'haussais de nouveau un sourcil, regardant le dit chien puis me tournais de nouveau vers Njut plaquant le chien bizarre devant son nez, appuyant le plastique sur, justement, le bout de son nez.

 « C'est parce qu'il est tout bizarre qu'il fait rire les gens, pas parce que c'est un chien en plastique. Si c'était un chien normal les seules personnes qu'il ferait rire ce serait les enfants.

Je posais le chien sur ses genoux puis me relevais, m'arrêtant quelques instants.

« Eh Njut ? Pourquoi t'as accepté de venir sur Euphemia toi?»

Je le regardais encore un peu avant d'aller du côté des balançoires. Je les toisais du regard puis, sans peur m'y installais dessus et commençais à m'y balancer. Lentement dans un premier temps puis plus vite. Le vent agitait mes cheveux et les pans de mes vêtements. Je m'autorisais à sourire. Les choses simples pouvaient vous changer les idées, une balançoire, un chien en ballon mal foutu, plutôt mourir que de l'admettre franchement. Au bout d'un moment je freinais pour m'y balancer plus doucement, inspirant à fond.

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MessageSujet: Re: La nuit tous les chats sont gris[PV Njut]   La nuit tous les chats sont gris[PV Njut] I_icon_minitimeJeu 31 Oct - 16:29

« N'importe quoi, je suis sûr que je suis plus grand que toi. »

Peut-être qu'il ne comprenait pas l'inquiétude des autres ; ou peut-être qu'il s'en fichait. Difficile de cerner ce qui passait par la tête de Nout quand il se fichait au bord d'un précipice ou enchaînait des cabrioles trop peu maîtrisées pour ne pas faire tressaillir ceux qui le regardaient. Et elle avait raison de le lui reprocher, Lolajolie, elle était plus dans son droit que lui quand il s'en allait à reculons et en se marrant. C'était drôle de faire l'idiot, jusqu'à ce qu'on se prenne les pieds dans quelque chose et qu'on se casse la figure. S'il avait pu retenir la leçon comme tous les autres, il n'aurait pas eu autant d'éraflures sur les mains et les genoux.
Le gamin aurait dû dormir et arrêter de chercher à se faire coffrer ou mettre en bière : à défaut d'être raisonnable, il se promit d'avoir une pensée émue pour Lola le jour où le sol cognerait une fois de trop sur sa tête. Le chien étala soudain un jaune criard  devant ses yeux, l'empêchant de développer la liste de tous les bons conseils qu'on lui avait adressé depuis qu'il savait marcher et qu'il aurait sûrement dû appliquer. Question de survie, oui oui, tout ça. Hot-dog, au moins, il n'avait pas à se préoccuper de son pauvre petit crâne en plastique. Le veinard.

« C'est parce qu'il est tout bizarre qu'il fait rire les gens, pas parce que c'est un chien en plastique. Si c'était un chien normal les seules personnes qu'il ferait rire ce serait les enfants. »

Nout rattrapa son pauvre ami et lui mit la tête en bas pour l'examiner. Entre deux regards critiques, il avait pu voir que Lola s'était levée. Il écouta distraitement sa question, souriant quand leurs regards se croisèrent. Njut Njut Njut ~
Oh tiens, c'était pas la question qui fâche ça ? Non, la question évidente, le oui et le non ? Nout n'était pas pensif, il était juste coincé entre le chien qu'il faisait sauter entre ses mains et le mouvement des balançoires dont s'était emparé la voyante. C'était qui l'enfant, maintenant ?
Pour toutes les raisons les plus futiles du monde, songea-t-il en sentant la brise caresser sa peau. Ici aussi il y avait du vent, et les étoiles étaient plus vraies que nature. Sans compter que le paysage ne dépareillait pas avec l'odeur entêtante de bonbons et de pain d'épice qui montait du gazon. Nout aurait pu prendre feuilles et crayons et faire un exposé sur le pourquoi du comment : dommage, il n'avait que le pauvre hot-dog pour soutenir sa thèse. Pas sûr que ce soit assez. En même temps, il n'avait pas à convaincre qui que ce soit.

Regardant Lola se balancer, Nout eut la brève impression d'être un père surveillant sa fille. Ça le fit sourire (encore). Il allait se faire mal aux joues à force d'étirer ses lèvres comme ça.

Et maintenant qu'il y pensait...

« Je sais pas ; ça avait l'air drôle ? T'as jamais rêvé de vivre dans un jeu vidéo ? Oh puis Dream Land ça ressemble à Never Land. Au moins ici on me laisse jongler. »

Nout ne pensait pas à la sortie bouchée à coups de briques rouges, ni à toutes les tuiles qui pouvaient tomber sur les habitants des quatre îles. Poursuivi par un type en voulant à sa peau, il aurait encore trouvé le moyen d'en rire. Ouais, la guerre c'était pas drôle, il le savait bien. Y'avait qu'à l'écran qu'elle trouvait le moyen d'exciter le patriotisme des plus jeunes.
Le garçon sortit un ballon rose de sa poche et le contempla un instant. Un vert de la même longueur et un jaune plus petit suivirent. Les petites filles aimaient les fleurs.
Les petites brutes, après, il ne savait pas.

« Te romps pas le cou, sourit-il, je veux pas être traumatisé. »

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MessageSujet: Re: La nuit tous les chats sont gris[PV Njut]   La nuit tous les chats sont gris[PV Njut] I_icon_minitimeDim 3 Nov - 3:37

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Toujours sur ma balançoire je continuais de me balancer, lentement appréciant simplement la sensation du vent sur mon visage, fixant un point dans l'horizon. Elle se rapprochait puis s'éloignait, au rythme des mouvements de la petite nacelle en bois guidé, impulsé par ma propre force, me donnant l'impression qu'au moins j'en contrôlais l'effet. Et ça faisait du bien quand même de savoir que même les choses les plus simples restaient sous votre contrôle, que vous n'étiez pas tout le temps un pantin, une marionnette qu'on agitait pour se divertir.

« Te romps pas le cou, je veux pas être traumatisé. »

Je me relevais puis me glissais derrière la balancelle pour y grimper franchement, les pieds posés sur la nacelle, les mains noués autour de la corde, m'y balançant doucement, les jambes presque tremblante. J'assurais ma position puis lui lançait un regard plein d'assurance... Qu'il ne verrait pas de là où il est.

 « Tu sais quoi ? Un jour j'ai fais de la balançoire sur la rambarde d'un immeuble hyper haut, j'ai même eu la tête dans le vide à cause d'un type aux cheveux colorés bizarre. Si tu m'avais vu... Beh en fait vu que je portais une jupe, donc ça aurait indécent... Mais en fait l'idée principale c'est que t'aurais eu peur que je me rompe le cou et t'aurai eu raison. Là sur une balançoire je gère t'inquiète.

Je donnais une nouvelle impulsion, me balançant un peu plus vite, essayant de maîtriser les tremblements de mes jambes puis me laissait balancer, m'accrochant plus fort avec mes mains minuscules sur la petite corde qui rattachait la balancelle à l'édifice de métal, puis, tournais la tête fixé vers l'horizon de nouveau, histoire de ne pas me foutre la trouille inutilement. Je continuais de me balancer un temps puis, finalement, laissais la balancelle faire le reste, le sourire aux lèvres. Comme si les mauvais cauchemars s'en étaient allés finalement. J'attendis que la balancelle ralentisse sa course suffisamment pour sauter de la nacelle, me réceptionnant un peu maladroitement les deux mains sur les côtés, comme une gymnaste professionnelle. Je laissais les balançoires allant du côté de l'espèce de cage que les enfants s'amusaient à grimper qui était beaucoup plus proche du banc. Je m'asseyais sur une barre m'appuyant les mains sur la barre du dessus pour y appuyer mon visage.

 « Moi je suis venue … un peu pour les même raisons que toi. Parce que c'était marrant. Mais ces temps si j'arrive plus trop à trouver les choses... Drôles. Je me demande parfois pourquoi les gens ont besoins de créer des conflits au lieu de juste... s'amuser. Et ça me file la migraine de penser à des trucs compliqué. Parce que je sais bien que je suis un peu stupide sur les bords. Toi t'as l'air toujours... Je sais pas... Insouciant ? Inconscient certes... M'enfin t’arrive à lâcher prise, tu t'encombre pas de pensés inutiles. Je t'envie un peu ta tête d'idiot souriant. »

Je frottais le sol du jardin d'enfant avec la pointe de mon pied, dessinant des formes simples. Des ronds, des carrés, une maison, puis, satisfaite de mon œuvre je reportais mon attention sur le clown, me reprochant un instant mon sentimentaliste. Lolabrute pouvait se sentir perdue quelquefois. Lolabrute n'était que Lolita, au fond. Une part de moi que j'essayais tant bien que mal de refouler. Je repensais à mon enfance et ma vie, dans le monde réel. J'étais insignifiante, là bas. Ici, j'essayais d'être quelqu'un, de pouvoir peut-être me faire une vraie place, au lieu d'être juste une simple crevette qu'on salue par politesse, en classe, le matin. Je soupirais. Arrêter de penser. Juste lâcher prise. C'était dur quand on avait peur, finalement.


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MessageSujet: Re: La nuit tous les chats sont gris[PV Njut]   La nuit tous les chats sont gris[PV Njut] I_icon_minitimeDim 10 Nov - 23:51

De la balançoire en haut d'un immeuble ? Waw ! Pour le coup, Nout en aurait presque été jaloux ; mais c'était pas parce qu'un immeuble était plus haut qu'une balançoire (il n'avait jamais vu le contraire, et c'était dommage) qu'elle risquait moins gros à faire la mariole sur le petit siège. Il était mal placé pour lui dire ça, mais c'était vrai. Un faux pas et crac, plus de cou et sans cou, c'était plus difficile de vivre. Ahahaha. Est-ce qu'ils pouvaient se considérer comme vivants, dans ce monde de toutes les couleurs ? Le jongleur écouta le grincement de la balançoire, le vent qui baillait de temps à autre, posa ses yeux sur les formes que la nuit rendait quasiment indistinctes. Ça y ressemblait vachement, en tout cas. Ça donnait envie de tester jusqu'où le jeu poussait le réalisme de ses décors non ? Il était quand même pas le seul à se poser la question ?
Occupé à plier les ballons qu'il avait gonflé, un bruit sourd lui fit redresser la tête : Lola avait sauté de la balançoire, qu'elle délaissait maintenant pour la cage. Fort de la fleur qu'il avait réalisé et qui (miracle !) ressemblait à une fleur, il sourit du ton inhabituel qui modelait les mots de la petite voyante – eux aussi pas vraiment communs. Nout avait plutôt d'elle l'image d'une harpie prête à débouler le balais à la main pour le chasser de devant sa boutique. Elle était petite mais elle en imposait, Lolajolie.

En fait, elle avait l'air d'une fille que rien n'atteignait. C'est con de se dire ça pourtant.

« Moi je suis venue … un peu pour les même raisons que toi. Parce que c'était marrant. Mais ces temps si j'arrive plus trop à trouver les choses... Drôles. Je me demande parfois pourquoi les gens ont besoins de créer des conflits au lieu de juste... s'amuser. Et ça me file la migraine de penser à des trucs compliqué. Parce que je sais bien que je suis un peu stupide sur les bords. Toi t'as l'air toujours... Je sais pas... Insouciant ? Inconscient certes... M'enfin t’arrive à lâcher prise, tu t'encombre pas de pensés inutiles. Je t'envie un peu ta tête d'idiot souriant. »

Au  moins, sur Terre et sur Euphemia, ça changeait pas. Nout vit défiler quelques images du Caire, d'attentats vu dans les manuels scolaires et de petites batailles de rues. Ça s'en allait vite, ça rentrait par une oreille et ressortait par une autre : parce que c'est plus simple de se faire la guerre dans un monde que tu as crée et qui t'appartiens ? Un peu comme un Dieu. C'était pas très juste pour eux, cela dit. Ici ou ailleurs ? Tant qu'à faire, il préférait celui où il y avait de la barbe à papa à chaque tournant.
Pauvre Lola qui se torturait l'esprit pour rien ! Nout avait un bon médicament contre le mal de crâne, et pas besoin de doliprane pour ça. Il se leva, le chien et la fleur dans les mains, le sac sur l'épaule, pour s'approcher de la structure où la petite demoiselle avait élu domicile. Pas de mauvaises pensées à Dream Land dans un parc où les enfants venaient jouer ; c'était trop triste.

« T'as pas besoin de m'envier. Commence par sourire et tu verras, ça ira tout seul. »

Peut-être que ses paroles avaient besoin d'encore plus d'impact. Il fouilla maladroitement dans sa poche et en sortit un marqueur noir, qu'il agita devant lui.

« Si tu veux, je peux te dessiner des moustaches. »

Là c'est sûr, quand elle se regarderait dans le miroir, sa tête la ferait mourir de rire. Il avait testé sur un de ses amis peut-être un avant auparavant, et il avait adoré jusqu'à ce qu'il se rende compte que le marqueur était indélébile. Que de petits détails qui ne méritaient pas qu'on s'attarde sur eux, franchement... Ça finissait toujours par partir, pas besoin d'en faire toute une affaire. Surtout que Nout ne voyait pas le mal à arborer de belles et viriles moustaches. Tout ce qu'il regrettait dans sa petite tête toute légère, c'était de ne pas en avoir un rouge pour aller avec les cheveux de Lola. Ça aurait été beaucoup plus classe.

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MessageSujet: Re: La nuit tous les chats sont gris[PV Njut]   La nuit tous les chats sont gris[PV Njut] I_icon_minitimeJeu 14 Nov - 23:48

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Je continuais de dessiner sur le sol du bout de ma petite botte, des étoiles, des chiens, des canards et des lamas grossièrement dessinés. Mes dessins n'étaient bien évidemment pas ressemblant, si on regardait avec un autre œil on pouvait très bien voir des espèces de monstres en train de discuter entre eux. Je pouvais me débrouiller en dessin d'ordinaire mais c'était quand même pas mal dur de dessiner avec sa botte ! Le jeune apprenti maître-cabrioleur, pour cabriole, notez l'ironie de la chose, s'amusait à tordre un autre ballon, cela ressemblait à une fleur. Une fleur inodore et unicolore mais à une fleur quand même. C'était tout de même plus réussi que mes lamas, fallait bien l'avoir.

Il s'approchait, une allure un peu spéciale avec son chien et sa fleur dans la main, je le regardais, à moitié hilare. Il s'arrêta devant moi.

« T'as pas besoin de m'envier. Commence par sourire et tu verras, ça ira tout seul. Si tu veux, je peux te dessiner des moustaches. »  

Je regardais tour à tour le clown et son marqueur, m'imaginant quelques instant avec du marqueur sous le nez, une moustache anglaise. Je riais doucement puis saisissais le marqueur, m'extirpant de la cage à enfant, pour aller du côté du banc. Je débouchais le marqueur puis commençait à dessiner, concentrée. Une Lola, avec son antenne sur la tête, un Njut avec son sourire idiot sur le visage, un lama, un canard, un chien en ballon plus gros que nature, une fleur qui pouvait ressembler avec une moustache sur la face. Dans le fond je dessinais des immeubles. Je refermais la case puis à côté reprenais mon histoire. Le chien était en train de démolir la ville aidé par la fleur maléfique, le canard et le lama étaient en panique, le clown et la fille à antenne en furent tous deux témoins. Je refermais la case puis continuais l'histoire.  Sur la case suivante le Njut et la Lola faisaient face aux monstres ballons, armées d'épées, sans costume de power ranger, je ne voulais quand même pas m'infliger ça, même sur un dessin. Je dessinais une autre case. Sur celle-ci la Lola affrontait le chien tandis que le Njut affrontait la fleur ! Je refermais la case, sur la suivante ils arrivent à triompher des monstres géants. Les quatres Gms, soulagés s'approchaient d'eux et les remerciaient de les avoir sauvé ! Pour les récompenser ils décidèrent d'accorder de grand pouvoir aux deux héros ! Bon, oui, ça fait deux cases et alors ? Ensuite, sur la dernière case, les deux héros se regardent et décident avec leur pouvoir de prendre le contrôle du monde, tout en slappant les gms, ils l'avaient bien mérité de toute façon. À la fin, j'écrivais en grosse lettre « World is ours ». Satisfaite je montrais mon dessin à Njut le clown.

Je souriais en relisant mon histoire, ça n'était pas du quatre cases habituel mais c'était pas mal, enfin, je préférais le croire. L'histoire était peut-être nulle, après c'était pas grave, c'était juste pour décompresser ! Je mettais les mains sur les hanches, inspirant et expirant profondément. Faire de choses spontanées et insensées Voilà qui me ressemblait plus ! Mes soucis semblaient s'être envolés au moins, pour le moment. Je m'étirais doucement et redonnait le  marqueur à mon vis-a-vis, un sourire discret sur le visage.

 « Tu as raison. Rire ça fait oublier pas mal de chose ! Au lieu de déprimer je devrais je sais pas... Faire quelque chose de fou ! Genre... Pas juste dégrader des biens publics... Un truc rigolo qu'on regrettera pas le lendemain ! Des idées Njut ? Sauf me dessiner une moustache sur le visage avec un marqueur indélébile, ça serait cool sur l'instant, mais demain je suis sûre que je vais le regretter amèrement !

Je regardais aux alentours, essayant de ne pas trop réfléchir, en général les idées stupides mais rigolote venait directement à nous sans même le demander. Je regardais Njut, peut-être que dans son cerveau de clown-artiste autoproclamé-apprenti-maître cabrioleur-squatteur-saltimbanque presque honnête il trouverait bien quelque chose !

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MessageSujet: Re: La nuit tous les chats sont gris[PV Njut]   La nuit tous les chats sont gris[PV Njut] I_icon_minitimeDim 17 Nov - 23:32

Nout laissa s'échapper le marqueur sans une protestation ; Lola en ferait un meilleur usage que lui, hein ? Le pauvre banc qui n'avait rien demandé et qui avait été le témoin furtif d'une petite tristesse nocturne servit de support à la rouquine pour une histoire – beaucoup plus joyeuse, quelques cases digne d'une BD grandiose de super-héros. Les yeux foncés du jeune homme suivaient les traits qu'il parvenait à distinguer, s'amusant des formes et des contours que sa compagne traçait avec un air concentré. Eh, au moins elle n'avait plus l'air trop morose, presque studieuse ! Si taguer un banc pouvait redonner le sourire, Nout ne voyait pas en quoi c'était répréhensible. On y pensait pas assez quand on grondait les enfants qui dessinaient sur les murs. La brigade du bonheur aurait dû s'interposer. Heureusement, il n'y avait qu'eux dans le parc, pas âme qui vive à l'horizon. Peut-être une caméra derrière laquelle un insomniaque les scrutait, mais au fond, qu'est-ce qu'il pouvait avoir à en faire ?
C'était juste une histoire. Eh, ils auraient fait de bon héros de film au final, à défaut d'une dessinatrice de génie et d'un grand magicien : il y avait de l'avenir là-dedans. World is ours. Ça lui plaisait bien.

Même si, sa fleur et son chien dans les mains, habillé comme arlequin et le sac à l'épaule, il n'avait pas vraiment l'air d'un héros.

« Tu as raison. Rire ça fait oublier pas mal de chose ! Au lieu de déprimer je devrais je sais pas... Faire quelque chose de fou ! Genre... Pas juste dégrader des biens publics... Un truc rigolo qu'on regrettera pas le lendemain ! Des idées Njut ? Sauf me dessiner une moustache sur le visage avec un marqueur indélébile, ça serait cool sur l'instant, mais demain je suis sûre que je vais le regretter amèrement ! »

Nout fit la moue en récupérant son marqueur. Elle pouvait se dire que c'était un test de bonne humeur, de sourire à sa figure peinturlurée le lendemain ! Il était certain qu'il n'y avait pas beaucoup de personnes au monde qui pouvaient le faire. Ça aurait dû la faire se sentir exceptionnelle. On avait vraiment besoin de penser à sa figure quand on était dans un super jeu-vidéo ? Il fit tourner le crayon entre ses doigts, les pensées en vagabondage. Le problème avec Nout, c'était sa définition de l'amusement et, pire encore, de « quelque chose de rigolo ». Dessiner des moustaches ou des fleurs sur le visage de quelqu'un qui dormait c'était marrant, et marcher comme un funambule en haut d'un immeuble ça l'était cent fois plus. Ils allaient pas refaire de la balançoire à 300 mètres du sol, quand même ? Le pire dans tout ça, c'était que l'idée le fasse sourire. Si, si, il aurait adoré.

Mais pas Lolajolie, hmm ? Nout ne regretterait rien quand le soleil se lèverait pour se recoucher presque aussitôt. La vie est blanche comme un mur, il faut le peindre pour que ce soit agréable : là-bas, la palette était bien trop restreinte pour lui. C'était trop dur d'obtenir du rouge et du vert à profusion. Et l'Égyptien n'avait jamais aimé le gris. Un espèce d'arc-en-ciel délavé, tordu et retordu, flasque et lâche comme un vêtement déteint. Ici, c'était tellement plus coloré.

« Rigolo ? Moi je trouve que grimper sur la grande roue ce serait drôle, ou mieux, aller dans le labyrinthe, parce que certains disent qu'il y a des fantôôôômes. Et que les fantômes ça sort la nuit, tout le monde le sait. »

Il marqua une très courte pause, ouvrit des yeux étonnés et ajouta :

« En fait, j'avais aussi pensé que rentrer par effraction chez quelqu'un et lui faire enfiler une robe de princesse ce serait bien, mais un peu compliqué aussi. »

Plus qu'aller jouer Indiana Jones dans un labyrinthe en friche et aller serrer la main à Casper. Il agita ses ballons dans un petit crissement qui résonna dans le silence relatif de la nuit toute en codes.
Tu veux voler avec moi ?  

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MessageSujet: Re: La nuit tous les chats sont gris[PV Njut]   La nuit tous les chats sont gris[PV Njut] I_icon_minitimeLun 25 Nov - 14:20

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 «  Rigolo ? Moi je trouve que grimper sur la grande roue ce serait drôle, ou mieux, aller dans le labyrinthe, parce que certains disent qu'il y a des fantôôôômes. Et que les fantômes ça sort la nuit, tout le monde le sait.  En fait, j'avais aussi pensé que rentrer par effraction chez quelqu'un et lui faire enfiler une robe de princesse ce serait bien, mais un peu compliqué aussi.

J'étudiais le visage du saltimbanque du dimanche alors qu'il me faisait ses propositions. Il avait l'air sérieux. Un peu trop sérieux même alors que les choses qu'il proposait pouvaient faire sourire tellement elles étaient insensées. Je me mordillais les lèvres, en entendant le mot fantôme. Ne pas paraître ébranlée ou effrayée, bomber un peu la poitrine comme ça. Simplement histoire de se montrer courageuse même quand je serai en train de refuser l'idée d'aller jouer avec le surnaturel sur un ton sensé être dégagé en prétextant n'importe quoi. Par contre fallait trouver le bon timing. Si jamais je refusais direct il y a fort à parier que je me fasse griller directe Eh ! Attends un peu !

Je faisais les cents pas, un peu inquiète du fait qu'il me propose une sortie ghostbusters, comme s'il savait que j'en avais une trouille monstre. Je le regardais les sourcils froncés, une tronche qui voulait dire «méfiante la Lola ». Sa tête d'idiot pourtant lui donnait un petit air innocent. Ses yeux rieurs que je trouvais d'habitude vide devaient peut-être me fixer, l'air de ne pas comprendre ma méfiance. Dans ces moments là il m'arrivait souvent de lui donner des coups dans les genoux mais là...Il me faisait plus penser à ...

Un golden retriever. Je commençais à rire, toujours les yeux fixés sur lui, ça lui correspondait vraiment trooooop bien. Les chiens quand ils vous regardent comme ça, les pupilles rivés sur vous, la tête légèrement penchée sur le côté, les oreilles baissés, vous les trouvez trop mignon et ça vous donne envie de leur grattouiller la tête. Surtout pas de les gronder. S'il faut quand même les disputer le truc c'est des les rouspéter genre quand ils font une connerie, sans trop les regarder dans leurs grands yeux. Njut arrivait sans problème à vous faire cette tête si bien que lui et sa tête d'idiot vous deviez lui pardonner souvent. Moi je l'engueule un balai en main les yeux fixé sur le sommet de son crâne ou de son menton, différence de taille oblige, pour ne pas tomber dans son piège infâme.

Entre temps je m'étais retournée, pour pouffer de rire tranquillement, la main devant la bouche pour étouffer mes éclats. Mon dos et mes épaules étaient encore secoués par ceux-ci, mais j'essayais de me calmer. Je respirais, essayant de ne pas penser à sa tête de golden re... eeeeeeeeeeeeeet merde. Je pouffais de plus belle. Mais quand votre esprit vous montre une version canidé d'une personne portant les mêmes vêtements il y avait de quoi mourir de rire. Penser à quelque chose de triste. Quelque chose de triste. Les bébés phoques sur la banquise, les bébés phoques sur la banquise, les bébés phoque sur la banquiiiiise... Je reprenais mon souffle tout en essayant de repenser au reportage traumatisant de l'équipe de TF1 sur les chasseurs de bébé phoque tout blanc. Ça avait l'air de fonctionner.

Je me retournais les joues encore rouges de rire, sûrement, des larmes sur le coin des yeux à force d'avoir penser aux bébés phoques. J'essayais quand même de reprendre mon sérieux, tout essuyant la petite larme au coin de mon oeil. Je devais donner pas mal l'impression d'être bipolaire. Passer du rire aux larmes, comme ça là, mais je ne l'étais pas. En y repensant , ma mère devait peut-être l'ê... Ah non, elle est juste bonne actrice... Bref on s'en fout de ma mère non ? (sans vouloir t'offenser 'man, toi et tes cookies aux citrons.) C'est fou cette capacité unique à me déconcentrer toute seule et oublier l'essentiel...

Donc. Initialement j'étais sensée étudier avec sérieux les propositions de mon partenaire de bêtise. Pas passer pour une folle. Je glissais mes mains sur les hanches de nouveau, essayant de bomber de nouveau la poitrine, pour paraître de nouveau confiante, ou de nouveau ridicule au choix. Ça devait marcher plus avec les hommes vous savez, relever la tête, bomber le torse, les poings sur les hanches... Ils devaient être moins ridicule que moi.

J'étudiais donc très vite ses propositions, puisque je n'avais pas encore eu l'occasion de le faire. Squatter illégalement une grande roue, à supposer quelle fonctionne la nuit et qu'on puisse descendre un jour, s'introduire par effraction chez quelqu'un et lui faire enfiler une robe, voir lui dessiner sur le visage ou aller jouer les ghostbusters... J'aurai voulu avoir le courage de lever le pousse et de dire « I ain't afraid of no ghost » pour la référence. Mais la vérité c'était que j'étais effrayée par ces machins. Et mourir de peur une fois, une maison qui s’effondre sur toi ça me tentait plus quoi. Je prenais un air dégagé bombant par réflexe la poitrine, me donnant encore une fois l'air ridicule.

 «La première et la dernière proposition me tente... Je... euh Les fantômes j'en ai déjà vu... Ils ne sont même plus effrayant maintenant... Presque ? Dans les souterrains, les ruines tout ça tout ça... Hein... Donc euh voilà.

Les mensonges te perdront Lola et tes phrases sans queue ni tête aussi.

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MessageSujet: Re: La nuit tous les chats sont gris[PV Njut]   La nuit tous les chats sont gris[PV Njut] I_icon_minitimeVen 6 Déc - 23:12

Quoi, elle n'aimait pas les fantômes ? Nout haussa les sourcils, surpris, la question trottant dans un coin de sa petite tête encombrée. Vu la tête qu'elle venait de lui faire, soit c'était ça, soit il y avait encore quelque chose de plus obscur là-dedans – peut-être une affaire personnelle avec quelques sacs à chaines translucides. A moins que ce soit la grande roue qui lui déplaise. Voire même la robe de princesse, mais puisque ce n'était pas elle qui devait l'enfiler, ça n'aurait pas dû la déranger, hein ? Nout aimait bien les fantômes lui, sans doute parce qu'il n'en avait jamais vue ailleurs qu'à la TV. Ça devait être sacrément trop cool (pour reprendre un vocabulaire on ne pouvait plus développé et expressif) de taper la bise à un spectre. Ou plutôt de passer sa main au travers. Bouuuh. De parler dans un super micro et d'entendre une voix décharnée et désarticulée vous répondre. Y'avait pas d'apparitions chez lui, c'était trop neuf. Il avait cru un jour croiser en fantôme en pleine nuit, mais c'était juste sa mère avec son masque vert et tout bizarre ; la déception totale. Lola aussi faisait un bon fantôme dans son genre, comme le clodo qui hantait le terrain de basket derrière chez Mohammed, mais ce n'était pas exactement pareil.
Et puis la grande roue, il pouvait y monter facilement : il grimpait bien sur les immeubles, ça ne pouvait pas être plus difficile qu'une séance d'escalade à Hope Corporation avec deux ou trois androïdes. Et puis aussiiiii...

… Pourquoi elle riait ? Le grand sourire s'était mué en une cascade de rires qui surprirent Nout, occupé à se demander si son amie ne venait pas tout bêtement de lâcher la rampe. De péter un câble. Ses neurones avaient dû subitement se relâcher ou alors elle avait vu quelque chose d'hilarant mais il ne voyait pas vraiment quoi... Elle avait réussi à l'intriguer, tiens. Le clown tourna la tête à droite et à gauche, cherchant dans les contours des jeux une forme amusante, balayant avec insistance tout ce qui se trouvait à sa portée. Rien à signaler. Pourtant, il n'était pas le dernier à s'étrangler sur un jeu de mot discutable ou une chute douloureuse mais beaucoup trop épique pour qu'on puisse garder son sérieux. Il lui passa par la tête, bref éclair de lucidité, que c'était peut-être de lui qu'elle se moquait comme ça. Ohwwww ~ En dépit de tout, il préféra considérer que Lolajolie était un peu folle dans sa tête, c'était plus drôle comme option. Qui ne l'était pas un brin, au fond ?

Bon, au moins, elle ne s'était pas étouffée avec sa salive : ça aurait embêté Nout de devoir aller réveiller quelqu'un parce que Lola mourrait littéralement de rire – peut-être bien qu'ils se seraient retrouvés derrière les barreaux dans le processus, maintenant qu'il y pensait ! Heureusement pour leur casier judiciaire, la pas si gamine que ça avait essuyé ses larmes et chassé ses derniers hoquets, l'air de nouveau réflexif. Nout ne savait pas à quoi ça lui faisait penser quand elle bombait le torse et mettait ses mains sur ses hanches, mais ça lui donnait l'impression d'avoir une référence idiote, juste sur le bout de la langue, et qui le taquinait à refuser de sortir. Tant pis, il se ficherait d'elle une prochaine fois.
Le jeune homme passa une main sur le ballon en forme de chien, comme pour lui donner une caresse ; il le posa à terre et l'assemblage de plastique soufflé se mit à gambader joyeusement sur ses pattes mal fichues, tanguant dangereusement à chaque saut. Wouf. Il ne lui manquait que la parole.

Les mains de nouveau libres (ou plus libres qu'il y avait quelque secondes), Nout détacha ses yeux noirs du chien pour les reposer sur Lola. Ce n'était pas le demi canidé coloré qui risquait de lui répondre.

«La première et la dernière proposition me tente... Je... euh Les fantômes j'en ai déjà vu... Ils ne sont même plus effrayant maintenant... Presque ? Dans les souterrains, les ruines tout ça tout ça... Hein... Donc euh voilà.

Nout répéta la fin de la phrase de Lola sur un ton amusé. « Donc euh voilà ». Il cocha mentalement les deux propositions sur un calepin imaginaire avant que la curiosité ne lui tire un énième sourire. Rien de bien méchant, il voulait juste savoir.
Et il ne savait pas.

« T'as déjà vu des fantômes ? Trop bien ! Ils ressemblent à quoi alors, s'ils sont plus effrayants ? Ils ont un drap sur la tête et un boulet aux pieds ? J'espère pas, quand même. »

C'était trop cliché pour être amusant ou vrai. Enfin, il valait peut-être mieux qu'ils ressemblent à ça plutôt qu'à sa mère avec un masque de soin ou un clodo endormi sur du bitume. Nout n'arrivait pas à se décider ; ça aurait été quoi le pire ?

Est-ce qu'on les ferait descendre de force s'ils grimpaient sur la grande roue ?

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MessageSujet: Re: La nuit tous les chats sont gris[PV Njut]   La nuit tous les chats sont gris[PV Njut] I_icon_minitimeMer 1 Jan - 21:20

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  « T'as déjà vu des fantômes ? Trop bien ! Ils ressemblent à quoi alors, s'ils sont plus effrayants ? Ils ont un drap sur la tête et un boulet aux pieds ? J'espère pas, quand même. »

La question me déstabilisait un peu. Voulait-il que je lui raconte mes aventures dans les ruines d'Hope Corporation ? Etait-ce un piège, si j'évitais de lui répondre, découvrirait-il le pot aux roses ? Je devais me montrer maline sans non plus lui donner l'impression que j'avais réfléchis cinquante fois à la réponse. Dur, dur. Les subtilités et moi, hein...

Je reprenais bonne contenance, fixant le petit chien ainsi livré à la merci du vent.

 « Baaaaaah les fantôme ça n'a rien à voir quoi.... Ils ont pas besoin de se planquer sous des draps... Je dirais qu'ils ont un air humain... Je veux dire, ça ressemble à un type normal... Sauf que c'est transparent... Et blanchâtre... Et que quand ça te regarde ça te donne l'impression qu'il te fixe même pas toi, tu vois... Mais genre ton âme... Et puis quand ça te traverse ça te donne la chair de poule... Ouais... En fait ça ressemble pas mal aux détraqueurs dans Harry Potter... J'sais pas si y'a des cinémas au pays d'Ikea tu me diras... Mais c'est des trucs qui font pas peur une fois que tu saisis qu'ils ont justes l'air effrayant, ça a pas d'emprise sur toi si t'en a pas peur et si tu les affrontes !... Euh ouais, à près quoi... Ahah... »

Je me grattais la joue puis fixait de nouveau Njut pour rajouter.

 « Bref, ça fait pas peur, si t'as pas la trouille ! Donc c'est pas marrant, pas de raison d'aller les emmerder plus que ça, hein ! »

Je balayais ensuite la question d'un geste de la main, comme si j'en avais fini avec ces histoires de fantôme, pour m'intéresser plus encore aux deux autres propositions. Escalader la grande roue ça devait pas être trop dur de toute façon, non ? Ou genre, suffirait de s'assurer avec une corde, un machin comme ça... Sinon, au lieu de se casser la tête on pouvait simplement refaire démarrer la grande roue, ça devait être cool ! Ouais, bon, la hauteur et moi on était plus trop trop pote maiiis, parfois fallait surmonter ses peurs. Certaines peurs. Les fantômes et les insectes, c'était mort. Le vertige ça pouvait se soigner facilement, hein. Surtout que c'était pas vraiment du vertige, j'imagine que se balancer du haut du balcon de l’Everest m'avait simplement échaudé. Après, la grande roue devait pas être si haute. Ouais... Plus j'y pensais, plus ça me disait bien d'aller m'introduire dans le parc d'attraction de nuit et de foutre le dawa ! Et puis dévaliser les roulottes à churros aussi. Putain. J'avais faim.

Au même instant mon ventre se mit à gargouiller, fort, très fort. Je tapotais en riant mon pauvre estomac.

 « T'inquiète pas, Bidou, on finira bien par trouver de quoi se remplir la panse ! Qu'est-ce que t'en dis Njut ? On va au Parc ? Je suis sûre que si on trouve la borne pour faire démarrer les manèges et les lumières ça peut être sympa ! Après, si on trouve le gardien on pourra toujours lui foutre une robe qu'on aura emprunté dans un magasin de souvenir ! On aurait le parc pour nous tout seul, ça serait trop cooooool ! Et puis on pourra en prendre une autre pour la foutre sur le dos de Father pendant qu'il ronfle dans son manoir de bourg' !

Je sautillais doucement, l'excitation me gagnait rapidement et me donnait limite des ailes. Il y avait longtemps que je ne m'étais pas autant amusé et puis, un mauvais coup de temps à autres ça pouvait pas faire de mal. Promis, je serai sage. Mais plus tard.

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MessageSujet: Re: La nuit tous les chats sont gris[PV Njut]   La nuit tous les chats sont gris[PV Njut] I_icon_minitimeDim 16 Fév - 3:52

«  Baaaaaah les fantôme ça n'a rien à voir quoi.... »

Après quoi suivit un discours fascinant que la capacité d'attention réduite de Nout tenta de synthétiser au mieux ; pendu aux mots que Lola réussissait à aligner sans avoir l'air de reprendre son souffle une seule fois, il laissa son esprit esquisser une silhouette aux contours pas si flous que ça, mais blanchâtre et légèrement brouillée. Avec un regard à vous transpercer et sonder ce qui ne se voyait pas. Y'avait pas à dire, ça sonnait trois fois plus cool qu'un gros tas de toile blanc et un boulet usé. La référence à Harry Potter eut beau lui échapper (il avait eu une enfance martyrisée par sa mère qui détestait la télévision), le tableau qui en ressortit le fit sourire en plusieurs nuances. Lola voulait pas voir les fantômes, cette rabat-joie – elle venait pas de dire que si on avait pas peur, ça faisait rien ? La trouillaaaaarde. Lolatrouille.
Lolafaim aussi, tiens. Il noya son rire dans le sien et hocha la tête, plantant la fleur en plastique dans son sac à moitié fermé. C'était clair que s'ils pouvaient faire démarrer les manèges, ça allait être plus amusant que tout se prendre dans les jambes parce qu'il faisait noir et qu'on y voyait que dalle. Et puis mettre une robe au gardien et à Father – ça l'aurait égayé, cet espèce de vampire occupé à préparer des plans machiavéliques dans son manoir fermé à double tour. Nout l'aurait bien vu avec des petites dentelles roses et un diadème en argent. Et si le gardien était mexicain et s’appelait Alfredo ou Roberto, une tenue de flamenco s'imposait. Il devait bien y avoir des boutiques pour ça et des déguisements à la bonne taille.

« On fera des réserves de barbe à papa pour les bombarder s'ils viennent nous dire d'arrêter. Ou alors on les soudoie avec du sucre d'orge. N'empêche tu penses vraiment qu'à la bouffe ; t'as vu l'heure qu'il est ? »

C'était plus l'heure du goûter depuis longtemps. Le capuchon du marqueur sauta, et un gros cœur vint barrer la joue de Lola. Il aurait dû être fatigué, non ? C'était bizarre, il avait mentionné l'heure et il se rendait compte qu'en fait, il n'avait pas la moindre idée de quelle place pouvaient avoir pris les aiguilles sur le cadran. Quelle importance, au fond ? Eh, ça lui allait bien !
Il s'élança immédiatement en  avant sans attendre la réaction de Lola, passa par dessus un toboggan et réussit à ne pas se manger le sol. Il lui fit un signe de la main.

« Si j'arrive le premier, je mange tout et t'auras rien. Et je te dessinerai la moustache du perdant sur le visage. T'es prévenue ! »

Oui, il était parti avant, mais c'était un détail. Elle avait qu'à se servir de ses petites jambes pour le rattraper – oups ; il battit des bras pour ne pas s'étaler tête la première sur le tourniquet dont il distinguait la couleur rouge vive, même dans l'obscurité. Fallait vraiment être aveugle pour ne pas le voir. Moralité : il était aveugle. Cool. Mais à part un genoux endolori, rien à signaler : Nout zigzagua entre les installations en riant, se rappelant soudain qu'il n'avait aucune idée de comment se rendre au parc d'attraction. Il décida de se fier à son instinct.
De toute façon, être deuxième c'était bien aussi. Pan.

Yo:
 

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MessageSujet: Re: La nuit tous les chats sont gris[PV Njut]   La nuit tous les chats sont gris[PV Njut] I_icon_minitimeJeu 27 Fév - 22:14


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