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 Un verre s'il vous plait!
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Red


Hope Corporation

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MessageSujet: Un verre s'il vous plait!   Sam 10 Aoû - 21:57


    Red ne cessait de tourner la tête. Droite, gauche, devant, derrière. Les rues étaient bondées de monde. Mais il était tellement rare qu'elle s'aventure hors de sa petite routine à elle qu'elle ne se résolue pas à baisser la tête et marcher le pied sobre. Chaque jour, à huit heures tapantes, la jeune fille partait de son gigantesque appartement pour rejoindre son lieux de travail. Soit, un café à l'allure assez modeste mais qui ne paraissait ni vieux, ni bancale. Bien évidemment que non. En dehors des ruines, Hope corporation était le summum de la modernité. La moindre brasserie paraissant trop abîmé aux yeux des passants serait rasée, éradiquée. Elle pourrait être remplacée par un bowling, un casino, un magasin de vêtement, un laser-game. Et encore d'autres suppositions, car le choix était large.Or en raison des circonstances, car Red n'était pas venue seulement entant que touriste, elle travaillait. Mais, par bonheur, n'était pas soumise à ses horaires de train-train habituel.
    Cinq bousculades plus tard, Red s'arrêta devant la boutique anodine d'un apothicaire d'un air satisfait. Alors qu'elle avait cru se perdre dans la foule tout à l'heure, elle avait demandait son chemin à l'une de ses personnes en qui elle ne pouvait qu'avoir confiance, les employés de bars. En l’occurrence, elle avait questionné un tavernier. Alors que l'homme rentrait les tables et les chaises de sa terrasse en raison de l'heure tardive. Elle s'était dirigée vers lui le sourire aux lèvres. Car la politesse était la plus puissante des armes, se persuadait-elle sans cesse. Une valeur qu'avait surement oublié son patron quand il lui avait demandé d'aller trouver de nouvelles boissons à servir en découvrant, furieux, les comptes de sa maison. Chose qui les inquiétait tout les deux car la concurrence à HC était rude et sans pitié pour les petits bars comme le leur.
    Tout cela pour expliquer la recherche acharnée de la jeune fille d'un pharmacien, qui selon les on-dit avait des tendances à créer toutes sortes de mélanges aqueux plus déjantés les uns que les autres. Mais les on-dit restaient des on-dit, même pour l'espoir de son patron si dévoué à sa tâche de patron. Il était normal de ne vouloir croire que ce que l'on voit.Bien décidé à entrer dans la boutique après la route avisée que lui avait conseillée le tavernier, qui était très aimable d'ailleurs, à croire que les citoyens de Holy Sword était tous polies et serviables. Red poussa la porte grinçante de l'apoc..Aport... le mot apothicaire était si rarement utilisé à Hope que la jeune fille prit le temps de mémoriser le mot pour pouvoir le placer dans une conversation. Elle paraîtrait bien à bégayer en pleine conversation. Elle entendit une petite clochette tinter à son entrée. Il reposait de très beaux draps de soie vert émeraude sur les deux comptoirs principaux de la pièce. Le milieu cernait une table qui semblait disposer d'un vingtaine de fiole de couleurs aussi variées que les œuvres qui couvraient les murs, ainsi qu'un petit coffre plat en chêne. Aussi vite qu'elle était entrée dans cette demeure, l'impression d'avoir sombré dans une autre époque se renouvela en elle depuis qu'elle avait aperçue l'intérieur de la taverne du propriétaire qui lui avait indiqué le chemin.
    Elle n'avait pas pu s'empêcher d'avoir penché la tête vers l'entrée du bar lorsqu'elle lui avait demandé. Mais heureusement il ne lui avait pas tenu rigueur, et comme elle l'avait espérait, il avait même apprécié qu'elle s'y intéresse en temps qu'habitante de Hope corporation. En fait elle n'avait pas besoin d'expliqué d'où elle venait, ses vêtement le faisait à sa place. Elle possédait une chemise sans manche assez simplette pour passer presque inaperçue, mais son short couvert de motifs imprimé passait moins. Pourtant elle avait fait un effort en fouillant dans son armoire ce matin. En jetant ses vêtements par dessus son épaule en se justifiant de ranger à son retour. Pourvu que son séjour à Holy sword dure!Red avança dans la boutique en s'arrêtant parfois sur des objets, qui semblaient provenir d'un musée, et qu'elle n'aurait jamais cru voir un jour aussi neufs. Mais le temps passait, et comme la notion du temps était très élargie entre les habitants de Hope et ceux des autres îles par leur moyen de téléportation, Red commença à s'impatienter.

    - Y-a-t il quelqu'un s'il vous plait ?


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MessageSujet: Re: Un verre s'il vous plait!   Dim 11 Aoû - 0:33

Aujourd’hui était une belle journée, sur Holy Sword. Aujourd’hui, le soleil resplendissait dans un ciel bleu à peine voilé, quelques nuages par ci par là, une température douce, ni trop chaude, ni trop froide. Les oiseaux chantent, le vent fouette délicatement le visage des habitants… Bref, la journée idéale pour tout un chacun. Enfin, presque.

Comme souvent, la journée de Lothard avait assez mal commencée. Déjà, il avait été réveillé de trop bonne heure par un chat qui s’était introduit chez lui par une fenêtre ouverte, et avait brisé une fiole contenant un des liquides les plus nauséabonds qu’il possède. Pas moyen de laisser ça trainer, l’odeur était telle que son système nerveux aurait pu être détérioré. Une fois ce problème réglé, il du préparer son déjeuner, la tête encore dans le brouillard. C’est ainsi qu’il s’est retrouvé avec un café lui donnant une superbe couleur bleue et des tartines parsemées de miettes de cafard. Une fois sa couleur d’origine revenue (à l’exception d’une mèche de cheveux, demeurée turquoise), il se prépara, sans oublier de se couper en se rasant.

Déjà agacé, mais fin prêt, Lothard ouvrit sa boutique. Et, dieu, que la journée fut rude… Les préparations, tout d’abord. Toutes les expériences qu’il avait tentées s’étaient révélées être des échecs cuisants, et ce malgré son don. Bien sûr, il pouvait encore faire les breuvages les plus simples, mais rien de nouveau à la carte aujourd’hui. Les clients, maintenant : outre les habituels rhumes, constipations, envies de meurtre, il a eu quelques demandes… insolites : potion d’envol, poudre à moisissure, et que sais-je encore… Sans compter les éternels insatisfaits, qui ne supportaient pas les rares effets secondaires, comme un peu d’acné ou du poil sur la main. Les réactions étaient propres à chaque individu, après tout.

Le temps passait, et l’agacement de Lothard se transformait en colère. Heureusement pour lui, l’heure qui précédait la fermeture était calme, très calme. Aucun tintement de cloche, le pied… Une fin de journée comme il les aime. Il s’étira d’abord longuement, avant de ranger sereinement sa boutique, et notamment les produits les plus dangereux et les plus chers, qui avaient une place toute particulière dans l’arrière-boutique, dans un coffre fort de première catégorie. Il se voyait déjà assis dans son fauteuil, un verre de liqueur à la main, lisant un de ses livres. Peut-être s’accorderait-il une de ses rares cigarettes. Il en bavait d’avance.

Mais, alors qu’il venait de verrouiller le coffre-fort, et qu’il allait en faire de même avec la porte de la boutique, le tintement de la cloche se fit entendre. Ce bruit, c’était ses espoirs qui volaient en éclats. Il retint le soupir qu’il voulait pousser, histoire d’éviter de se faire remarquer. Il n’y avait plus grand-chose à voler, de toute façon. Autant espérer que la personne qui venait d’entrer allait faire demi-tour. Le jeune homme attendit donc patiemment, le dos contre le mur, tendant l’oreille, à l’affut du moindre bruit. Curieux, il profita d’un trou dans le mur qu’il n’avait jamais bouché pour voir la tête de l’inopportun qui osait venir le déranger.

C’était une jeune femme aux longs cheveux roux… Enfin non,  pas roux, plutôt rouge orangé. Bref, une jeune femme, quoi. Lothard ne s’arrêtait pas sur son physique, il savait juste qu’elle partait sur de mauvaises bases, en venant le déranger si tard. Et vu ses fringues, elle venait d’une autre île. Rien de grave en soi, mais quand Lothard était en colère, ce genre de détails n’aidait pas. Aveuglé par la rage, quoi. En l’observant il comprit qu’elle n’était pas prête à partir. La preuve, elle commençait à s’intéresser à son matériel. Sentant qu’elle allait bientôt appeler, le jeune homme attrapa une gélule qu’il avait expérimentée un peu plus tôt, et qui avait la capacité d’apaiser ses tensions. Et il avait bien fait. Au moment même où il déglutit, la voix de la demoiselle retentit.

Soupirant doucement, Lothard fit alors son apparition dans son magasin. Il sentait doucement son médicament faire effet, et pouvait s’attarder un peu plus longtemps sur la jeune femme. Son look confirmait qu’elle n’était pas de Holy Sword. Pour autant, elle avait un certain charme. Une peau d’apparence douce, un visage fin, cadré par une belle chevelure ondulée. Et, il fallait le dire, elle était bien proportionnée. Mais l’apothicaire n’avait pas vraiment envie de profiter de la vue.

Avec un visage neutre et une voix douce, Lothard prit finalement la peine de répondre à la demoiselle.


- Bonsoir, Mademoiselle. Que puis-je pour vous ?
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MessageSujet: Re: Un verre s'il vous plait!   Dim 11 Aoû - 11:42

    Accompagné d'une voix lisse comme si ses cordes vocales ressemblaient à deux morceaux de velours, étirés puis frottés délicatement, un homme sorti de l'arrière boutique le pas simple parce que rien ne pressait. Red le dévisagea des pieds à la tête dans un élan, premièrement d'indignation pour l'avoir faite attendre, et puis, un peu plus sereinement au fur et à mesure. mais sans qu'elle puisse s'arrêter de même qu'elle aurait descendu une pente trop rapidement pour freiner. Red observa l'ap...apothicaire d'un regard interrogateur. Elle tourna la tête de droite à gauche, désamorcée. C'était quoi ça?! C'était un elfe ? Non calme toi, se disait-elle. Si il y avait bien une chose qu'elle savait de Euphemia, c'est que outre les personnages très spéciaux qui régnaient sur ces îles, les créatures tout droit sortie du seigneur des anneaux n'existaient pas. La jeune fille inspira doucement. Allez, trois inspirations, trois expirations... Elle ne voulait pas stresser inutilement en pleine commande.
    Le pharmacien, c'est tellement plus reposant de appeler comme ça, semblait être plus âgé qu'elle. Il avait de longs cheveux blond, dont une curieuse mèche turquoise sur le côté. Elle ignorait qu'ils se faisaient des mèches punk à Holy Sword. Red secoua la tête. Changeons de sujet. En anachronisme avec sa mèche bleue, l'apo... Le pharmacien était vêtue de vêtement qui se fondaient entièrement de son habitacle. Et en l'observant plus attentivement encore, son interlocuteur semblait patraque. Remarque, elle aussi l'était à la fin de son service.
    Pour répondre à la question de l'extravagant personnage devant elle, Red se mit en position droite et le fixa.

    - Excusez moi de vous déranger, personne n'aime les clients de dernières minutes.

    Sa voix s'était éclaircie encore mieux qu'elle l'avait espéré. Elle jeta un dernier coup d’œil aux articles qui siégeaient sur les comptoirs autour d'elle, et s'avança vers l'apothicaire, miracle.
    Personne n'aimait les clients de dernière minutes, sauf lorsqu'on est client. Au moins il y a avait peu de chance qu'elle soit dérangé.

    -  Je viens de Hope Corporation. Cela ne vous intéresse peut être pas mais veuillez m'écouter jusqu'au bout. Là bas je travaille dans une petite brasserie. Certains citoyens de mon île préfèrent encore se faire servir par des humains à la place des robots, pourtant, c'est la seule qui a bien voulue m'engager. Mon patron et moi sont donc à la merci de la concurrence assez rude.

    Le visage de la jeune fille se détériorait petit à petit à la manière d'un feu ardent qui défuntait. Mais toujours prête à poser la question qui brillait encore dans ses yeux comme une lueur d'espoir, Red garda la tête levée.

    - Il semblerait que vous ayez bonne réputation. En effet de Hope nous avons entendue parler d'un apothicaire vivant dans l'île de Holy Sword capable de créer toutes sortes de boissons. Si ce que disent les rumeurs est vrai, mon patron dans l'incapacité de vous le demandez en personne, m’envoie vous commander quelques unes de vos créations.

    Voilà, Elle avait réussit à dire le mot "apothicaire" même si sa voix avait baissé de peur de se tromper dans la prononciation. Cependant elle avait installé avec précaution quelques compliments ainsi qu'un doute dans cette fameuse réputation. Elle n'était pas dupe et installer une certaine sécurité était tout gagnant pour elle et son bar. Elle avait prit le temps de baisser un peu la tête. Evitant en premier lieu le visage de l'apothicaire qu'elle avait peur de voir, ainsi qu'en plaçant une marque de politesse.

    - S'il vous plait

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MessageSujet: Re: Un verre s'il vous plait!   Dim 11 Aoû - 15:31

Cette cliente n’avait pas encore dit quoi que ce soit qu’il avait déjà la sensation que les galères n’étaient pas finies. Plus que les mauvaises journées, il détestait qu’on le dévisage. Surtout quand il sentait que les regards s’attardaient sur ses oreilles. Ce n’était quand même pas de sa faute s’il était né comme ça ! Et puis les autres n’avaient qu’à s’en accommoder. Il n’allait quand même pas se faire charcuter pour le bon plaisir des autres ! Il la regardait faire son petit manège : secouer la tête, inspirer et expirer avec la discrétion d’un buffle, bref, la routine. Il avait presque envie de lui proposer une de ses gélules apaisantes pour qu’elle arrête ces bêtises. Sans compter qu’elle continuait de le détailler une fois son calme revenu. Agaçant.

Finalement, la demoiselle daigna se redresser un peu et prendre la parole. Elle lui expliqua venir de Hope Corporation, travailler pour une brasserie au devenir incertain, et avoir fait toute cette route uniquement pour rencontrer un apothicaire capable, semble-t-il, de créer « toutes sortes de boissons ». En fait, la seule raison, c’était passer commande auprès de lui. Lothard ne put se retenir d’écarquiller les yeux. On pouvait clairement dire qu’il avait une tête d’abruti, ni plus ni moins. Il lui fallut plusieurs secondes pour accuser le choc, temps suffisant pour que la rouquine se sente obligée de rajouter un petit « s’il te plait ». A partir de ce moment là, son air d’ahuri se changea en un regard légèrement dédaigneux.


- En résumé, vous vous êtes tapée tout ce chemin pour venir rencontrer un a-po-thi-caire (il prit la peine de détacher chaque syllabe) qui, paraît-il chez vous, sait créer n’importe quel type de boisson. Et tout ça juste pour éviter la crise à votre boui-boui.

Lothard se frotta la tempe du bout des doigts. Ce genre de commande était assez rare. Il se frotta doucement la nuque et fit demi-tour sans un mot. De retour dans son arrière-boutique, il approcha son coffre-fort, l’ouvrit, en sortit un petit coffre argenté, referma le coffre-fort et retourna dans la boutique. Là, posa le coffre sur la table centrale, s’approcha de l’entrée, regarda à gauche à droite, retourna sa petite pancarte qui affichait à présent « FERME », et tira les rideaux. La luminosité était néanmoins suffisante pour le moment. Il retourna donc au coffre, sortit une clé de sa poche et ouvrit le coffre. Il en retira une fiole magnifique, contenant un breuvage incolore et totalement translucide.

- Que l’on soit bien clairs, ce dont je vais vous parler ici n’est pas ce qu’on peut appeler quelque chose de très légal. La discrétion est donc de mise.

Il agita le fameux flacon sous les yeux de la demoiselle.

- Ceci est un breuvage que les industries alimentaires celles du tabac s’arracheraient. Le truc, c’est que je suis contre la production de masse. Mais pour résumer, une goutte de ce liquide, et vous rendrez le consommateur accroc au produit auquel il a été mélangé. Vous pouvez me croire, j’ai testé : je suis devenu accroc à la liqueur de trèfle à cause de ce machin. Ou alors c’est à cause du goût…

Il prit appui nonchalamment sur la table.

- Le seul hic, c’est le prix de ce produit. Et sauf si vous avez plusieurs millions dans vos poches, je ne pourrais pas vous proposer quoi que ce soit qui puisse vous aider.

Son visage se durcit.

- Et ce pour une simple et bonne raison : je suis a-po-thi-caire, et pas tavernier. Je vends des potions, des onguents, des gélules, des poisons, à la rigueur, mais pas des boissons. Je suis alcoolique ? Peut-être bien. Enfin, je vais finir par le croire, vu la réputation que j’ai sur votre île. J’aime faire mes propres cocktails ? Absolument, je suis contre les additifs et arômes artificiels. De fait, je profite de mes talents pour faire mes propres jus de fruits et sirops, et pour distiller mes propres liqueurs et alcools en tout genre. Je suis prêt à prendre une commande ? Oh que non. Je refuse de me mettre à la production de masse, je vous l’ai déjà dit.

Bien que son visage soit assez sombre, sa voix était monocorde. Il ne s’énervait pas pour si peu. Il s’amusait à observer les réactions de la jeune femme, mais il ne laissait rien transparaître. Il soupira un bon coup, et se retourna vers une porte dissimulée derrière une tapisserie murale. Il ouvrit ladite porte, et regarda la rouquine.

- Mais comme vous avez fait beaucoup de route, je vous propose de monter, histoire de gouter lesdites préparations. C’est justement l’heure de l’apéro. Et puis, qui sait, je serais peut-être d’humeur à vous donner deux ou trois recettes.
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Red


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MessageSujet: Re: Un verre s'il vous plait!   Dim 11 Aoû - 18:12


Grillée. Elle n'aurait pas dû baisser la voix lorsqu'elle avait dit "apothicaire". Elle eut même peur de le blesser vu le ton qu'il avait employé après. Gênée, il avait dû voir son visage se décomposer lorsqu'il traduit sa belle proposition en besoin impératif contre la sauvagerie de la concurrence. Et Red devait avouer qu'elle ne s'attendait pas à un si grand écart de registre. La jeune fille était même surprise d'avoir été désigné avec le mot "vous". Bon sang, sur qui était-elle tombée. Lui en voulait-il de n'avoir pas pu s'empêcher de le dévisager? Elle avait été étonnée ne ne pas l'avoir été aussi: à la place d'avoir été fixé calmement comme si ils s'étaient vu cent fois. Il fallait croire qu'il y avait une différence de niveau entre les deux commerciales. Enfin si elle espérait en être une. Découragée, elle le regarda se diriger vers la porte d'entrée de son magasin. "Il va pas sortir quand même ?", mais au lieu de ce qu'elle s'était imaginé, l'apothicaire avait juste fermé la boutique. Red secoua la tête. A Hope, elle avait déjà vu des acheteurs potentiels entrer dans la brasserie, parler avec le boss, puis repartaient sans attendre de réponse pour donner de l'appuie à leurs arguments. Mais franchement elle ne sortait pas assez. Il fallait vraiment qu'elle prenne des vacances.

Elle resta sagement à sa place comme une enfant sage pendant les allées-et-venues du vendeur. Tout ça commençait mal, c'était le cas de le dire. Elle respira avec calme et patience, car elle avait bien l'intention de marquer des points la moindre occasion venue avant d'être virer sèchement de la boutique. Parce qu'elle sentait que ça pouvait arrivé n'importe quand. Et à cet instant elle ne put s'empêcher d'admirer les funambules tellement elle se sentait proche de leur profession. On marche sur un fil. Si on tombe c'est le vide. Et si elle ne trouvait rien à dire à son interlocuteur, elle partirait définitivement de la boutique.
L'homme revenu au comptoir principale pour lui montrer une de ces créations. Et elle ne s'attendait pas à ce qu'il soit à ce point coopératif, même si elle le soupçonnait de prendre un malin plaisir à la mettre mal à l'aise. Chose qu'elle essayait au maximum de dissimuler derrière un calme olympien qu'elle ne s'aurait pas cru capable.
Elle s'approcha et le fixa gigoter la fiole de droite à gauche comme on secoue une canette d'orangina pour mélanger les pulpes. Les caractéristiques sont fabuleuses, se disait-elle. Avec ça, jamais la brasserie ne serait rasée. Elle deviendrait même l'une des plus réputées. Et si son avare de patron était là en ignorant le prix du liquide, il aurait bondi dessus sans hésiter. Cependant pour Red s'était une autre affaire. Au sens propre et figuré. Elle n'aimait pas l'idée de rendre accro les clients du bar... Elle croisait assez d'ivrognes comme ça. Et non pas qu'elle ait de la peine pour eux,mais c'était des gens à qui elle avait finit par s'attacher. Et elle se persuadait qu'elle n'était pas à leur place et n'allait pas décider de les servir ou pas comme une mère protège ses enfants. Encore une fois, la concurrence était ardue et son patron ne tolérait pas que ses clients les plus fidèles partent se servir ailleurs. La jeune fille se perdit dans ses pensées le regard triste et pensif.
Elle repensa à Locke. Ce n'était pas l'ivrogne le plus rentable, mais celui qui parlait le plus. Chaque soir il s'asseyait sur la banquette du fond, qui était plongée dans l'ombre en fin d'après midi. Il commandait à chaque reprise une bière à la violette. Le genre de bière amer et sucrée que Red n'appréciait pas vraiment au gout, sauf mélangée à de la limonade. L'homme qui semblait approcher la vingtaine aimait celle ci justement pour son goût déplorable. Il disait que ça rajoutait un peu plus d'amertume à sa vie. La conversation entre les deux personnages avait commencé le soir où Red avait volontairement rajouté une rondelle de citron dans le verre mousseux. L'homme l'avait convoqué d'un bras levé, et elle avait dû s'expliquer. Par chance, celui ci avait aimé et elle s'en trouvait ravie. Alors que les jours passaient, Elle avait appris qu'il avait une petite fille du nom de Tara, et que sa petit amie, elle, était partie faire les courses pendant qu'il avait installé le casque sur son crâne. Il lui disait avec certitude qu'il n'avait pensé qu'à un fake, un de ces messages en chaîne qu'on renvoyait par peur d'être maudit à jamais. Mais en l’occurrence il le regrettait encore. Et chaque soir, il venait au bar se noyer dans l'alcool, se persuadant qu'après ça il repartirait dans l'appartement familiale. Les cas où le client se confiait autant étaient rares. Et d'autres fois dans le même espoir Red avait tenté la rondelle de citron à d'autres gens. Sans succès. Au point qu'elle arrêta très vite "son petit manège" comme l'avait appelé son patron qui en avait marre des sermons de ses clients.

Red écoutait toujours le pharmacien, mais elle n'était sorti de ses vapes que lorsqu'elle rigola légèrement en entendant de lui qu'il était "peut être bien alcoolique". Non, Non bien sûr ce n'était pas drôle. Mais si on ne rigolait pas des choses anodine de la vie autant continuer à vivre avec la gueule de bois jusqu'au bout.
Suite à ce petit rire, Red sembla absorber par les paroles de son interlocuteur. Un vrai prodigue se dit-elle. C'était un vrai génie si tout ce qu'il disait était vrai. Elle l'imaginait produire ces propres boissons et tout ce qu'elle pouvait faire c'était le regarder des étoiles dans les yeux en oubliant tout ce qu'elle trouvait malpolie chez lui.
Quand bien même qu'elle savait qu'il n'était pas de parfaite bonne humeur. Repenser à Lock avait illuminé le creux de sa tête comme un feu follet, et sa joie de vivre par la même occasion. Elle gardait tout du moins un visage serein bien qu'un peu raté avec la grosseur de ses grands yeux curieux et admirateur.
Sa réplique prit fin et la peur reprit possession d'elle. Ses membres se contractèrent et ses yeux retombèrent. Pourtant elle n'avait pas l'intention de se laisser faire. Pas question qu'elle partent les mains vides, Red se voulait battante et elle le sera. Son patron n'aura pas de raison de lui en vouloir. Et puis mince ce n'était pas le seul prodigue de tout Euphemia! Si il fallait elle insisterait encore au près du patron pour que ça soit elle qui fasse la carte d'automne. Elle n'avait peut être pas toutes ses connaissances mais elle avait le goût des choses. OK elle n'avait pas une mémoire de goût aussi développée que la mémoire des odeurs degrenouille dans le parfum. Mais...la rondelle de citron s'était bien joué non?

Lorsque l'homme l'invita à monter en haut, Red bondit de joie. Ce n'était pas un mauvais bougre finalement. Enfin elle espérait toujours. Elle monta derrière lui en se rappelant qu'elle avait oublié de lui donner son prénom dans sa première réplique. Concentre toi Red!

- Merci beaucoup c'est très gentil de votre part. je m’appelle Red.

Un jour le dynamisme de la jeune fille les tuera tous.
Merci pour le code Overdose

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MessageSujet: Re: Un verre s'il vous plait!   Dim 11 Aoû - 20:39

La main toujours sur la poignée de porte, le jeune homme resta abasourdi. Il avait tout fait pour mettre la jeune femme mal à l’aise. Il s’était montré relativement odieux tout en gardant son calme. Un paradoxe qui en aurait déconcerté plus d’un. Mais non. Elle semblait sauter dans tous les sens, folle de joie de cette simple proposition. Même son invitation aurait dû la dérouter ! Nombre de jeunes femmes auraient pensé qu’elles risquaient de se faire violer. En même temps, un apothicaire, ca peut créer tout type de potion. Alors, un apothicaire qui vous invite à boire un verre chez lui dès le premier jour… Mais lui n’était pas ce genre d’homme. Il s’intéressait plus à sa boutique qu’aux relations, quelles qu’elles soient.

- Bien, Red, enchanté. Moi c’est Lothard. Et oui, mon nom est aussi bizarre que mes oreilles.

Sans attendre la moindre réponse, l’apothicaire monta l’escalier pour finir dans une pièce qu’il connaissait bien : son séjour. La pièce la plus vaste de son logement. Une cinquantaine de mètres-carré débordant de meubles variés : un canapé, deux fauteuils, une table basse, une petite commode, une grande bibliothèque fournie, deux chaises, une table, un bureau servant visiblement aux expériences de l’apothicaire, et surtout, le meuble le plus important aux yeux de Lothard : un magnifique globe terrestre d’une hauteur de un mètre vingt. La fenêtre, bien exposée, donnait sur la rue principale.

- Bien, installez-vous sur le canapé ou dans un fauteuil, au choix, je reviens tout de suite. Et excusez le mobilier, j’accueille rarement.

Il laissait son invitée s’installer alors qu’il se dirigea comme par réflexe vers le fameux globe. Seul moment de nostalgie pour son ancienne vie. Il avait d’ailleurs trouvé incroyable de trouver un tel objet ici. Il le caressa doucement du bout des doigts, avant d’en soulever l’hémisphère supérieur, monté sur charnière. Il dévoila ainsi une collection de bouteilles de verre aux formes et couleurs variées, portant toutes des étiquettes sur lesquelles il avait griffonné quelques noms : liqueur de trèfle, eau de vie de fraise des bois, sirop de chêne, jus de poivre au miel, et bien d’autres. Lothard s’empara de plusieurs bouteilles et les déposa sur la table basse. Il renouvela l’opération à cinq reprises, le temps d’apporter une douzaine de bouteilles devant la rouquine. Il alla chercher plusieurs verres différents, de contenances diverses, avant de s’installer confortablement dans son fauteuil. Il posa ses coudes sur ses genoux, et croisa les doigts sous son menton, le visage neutre. Il voulait laisser Red s’interroger sur les différents liquides avant de proposer quoi que ce soit. Au bout de plusieurs minutes, il racla doucement sa gorge.

- Une petite préférence ?
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MessageSujet: Re: Un verre s'il vous plait!   Lun 12 Aoû - 12:40

Grillée deux fois se dit-elle. Il devait avoir l'habitude d'être fixé en premier lieu par les oreilles Elle sourit en essayant vaguement de cachant sa gêne. "Ahaha...haha", non il n'y avait rien de convaincant là dedans.
La voix de Lothard s'était détendu au point que la jeune fille se demanda si il ne possédait pas deux personnalités. A force de parler avec les gens à longueur de journée, elle avait prit l'habitude de les centrer modestement. Red n'était ni une télépathe, même si en cette occasion ça lui serait bien utile, ni l'une de ces personnes qui se disaient capable de voir le genre d'individus qu'étaient les gens d'un simple coup d’œil. La jeune fille gravit les dernières marches avant de voir que l'homme s'était arrêté à la poignet. Il faisait très sombre et il lui était difficile de distinguer les marches suivantes dans l'obscurité. Son cœur commença à tambouriner dans sa poitrine, des vertiges commencèrent à touiller sa tête tel une louche dans le mélange hasardeux que lui donnait le sentiment de peur. C'est vrai, il se peut qu'il expérimente ses produits sur elle. Elle avait passer outre les avertissements du tavernier qui l'avait guidé jusqu'ici: que ses solutions n'étaient pas toujours inoffensives. Elle avait comprit ça dans le sens où seules quelques poisons siégeaient au milieu des fioles. Et si certaines rendaient fou ? malade ? bleu indélébile ou avec des ailes, inverser les émotions pour toujours? Il voudrait se venger de l'avoir déranger juste avant la fermeture, faire une "mauvaise blague". Red secoua la tête. Elle s'était décidé à croire que les elfes n'existaient pas ici, elle n'allait pas se mettre à penser qu'il existait des sorciers maintenant. Pour qui elle passait. Mais apeurée, Red se mit à descendre doucement les escaliers. Le visage de Lothard était toujours couvert par le draps d'obscurité.
La porte s'ouvrit d'un grand coup. Un flot de faible lumière parcouru le couloir. Elle monta les dernières marches une par une et lentement par peur de trébucher.

Elle regarda le mobilier en se disant qu'il était assez simple. Et comme toute bonne flemmarde et testeuse professionnelle de matelas qui se respecte, Red bavait d'avance de s'asseoir dans un de ces gros fauteuils en cuir rembourrés. Red remarqua aussi deux chaises autour de la table qui semblait être celle pour manger. Il ne vivait pas seul ? Red se demanda à cet instant si sa femme était aussi lunatique que lui. Enfin...Si il vivait avec sa femme. Elle n'avait rien entendu là dessus.
Dans l'ensemble la pièce semblait confortable. Ici, elle avait juste envie de chopper un livre et de s'affaler dans le canapé, les pieds déchaussés. Red se dirigea vers la fenêtre du logement. Le rue était déjà moins remplie que tout à l'heure. Et petit à petit, la peur qui avait surgit en elle, revenait comme un fantôme pour la hanter.
Son regard se centra après sur le globe terrestre. Il semblait être la pièce principale de la pièce  mais Red avait préféré faire un peu le tour avant de regarder le globe de plus près. Non ce n'était pas ça. Elle avait voulu le fuir. Juste pour ne pas se rappeler la terrible erreur qu'elle avait faite en atterrissant ici. Animée par une force mystérieuse, la jeune fille tourna autour de la pièce et, une fois trouvé, elle fixa avec mélancolie l'emplacement de Seattle. C'était une ville magnifique, se disait-elle. Que tout les pixels d'Euphemia ne pourront jamais surpasser. Elle était une ville mélangeant l'humain à la nature. Les cascades, les fleuves, l'océan, la forêt...
Comme une alarme à incendie, Red arrêta de penser à ça. Les larmes venaient et elle n'était pas venue en ce lieu pour raconter sa pauvre petite vie à l'apothicaire. Elle secoua la tête, refoulant ses larmes, et ce sont les yeux secs qu'elle s'assit sur l'un des fauteuils rembourrés et dans lequel elle s'enfonça immédiatement. C'est une blague on ne va pas m'emprisonner! grogna-t-elle intérieurement. Mais comme la peur continuait de la suivre, la phrase de l'homme résonna dans sa tête comme un avertissement: j’accueille rarement- j’accueille rarement...
Elle regarda avec étonnement Lothard ouvrir le globe. Et le suivit du regard faire cinq allées retours pendant qu'il déposait par intervalle les bouteilles en tout genre. Puis, quelques verres. Lorsqu'il lui demanda ses préférences, Red était déjà dans ses pensées qu'elle ne vit pas le temps passer: Je...Si ça tourne mal je n'aurais qu'à le figer quelques instants pour filer en douce. Elle repensa à la fiole de liquide incolore et plissa les yeux. Bien sûr que non, elle ne la volerait jamais, ce n'est pas une voleuse...Mais si le bar venait à fermer qui sait ce qu'elle deviendrait. Non, jamais elle ne s'abaisserait à ça! Dans un sens ça serait loin d'être respectueux, et dans un autre ça donnerait  des raison à Lothard pour la prendre de haut(Oh mon dieu qu'est ce que j'écris xD ma pauvre Red). Red ne volerait rien et puis c'est tout, ici, c'était déjà assez dangereux, elle n'allait pas s'attirait plus d'ennui encore. Dangereux ? Oui! Elle ne le connaissait pas et il avait été odieux au début. Ça se trouve il voulait juste l'amadouer! Et lui faire boire n'importe quoi. Bon ça y est. Si elle continuait comme ça, elle aurait pas fini. Stop! on reste au plan d'origine. Tu le figes dès que tu te sens mal, et tu cours Red!

- Une petite préférence ?

Red sursauta légèrement et prit une bouteilles entre ses mains pour en verser le contenu dans un verre. Et elle le pense encore, tout ces objet, elle n'aurait pas cru les voir neufs un jour. Elle prit le verre rempli au un quart par une solution rougeâtre et parfois marron sous certains angles. Elle hésita deux ou trois secondes, qui, pour elle semblait être une éternité. Mais elle se décida à en boire quelques gouttes. Le liquide semblait doux et le goût se rapprocher de celui de la mirabelle, l'arrière goût lui était mi acide mi sucré comme si on avait ajouté un morceau de citron.
La jeune fille se servit un nouveau verre. La couleur était verte grisâtre. Elle n'aurait pas été entièrement capable de décrire le goût que celle ci avait mais elle tenta de se persuader que le goût se rapprochait de l'eau de rose mais elle ignorait le reste des produits que la solution contenait.
Elle testa d'autres solutions mais celle au goût de la mirabelle était décidément sa préférée.

- J'aime beaucoup la première.

Red était en soit soulagée. Maintenant qu'elle avait testé certains mélanges, et parfois même très bons. Red se sentait plus calme. La tension était tombée petit à petit. Mais quand elle s'en rendue compte une fois qu'elle était tombée toute entière, c'était comme si elle tombait dans le vide. A force de s'être méfiée, elle était fatiguée. Elle regarda Lothard et repensa au globe terrestre. Elle doutait qu'il l'avait juste pour cacher ces créations. Remarque c'était un bon moyen. Elle, elle n'avait pas deviné qu'il y en avait dedans. Elle avait tellement peur de se souvenir de sa vie d'avant qu'elle ne s'était pas trop attardé à le regarder.
En soit elle était tranquille. Mais la nuit tombait et elle se demandait si elle avait encore des raison de se méfier de l'apothicaire. Oui elle en avait. Si il se disait alcoolique, elle avait des raisons de rester sur ses gardes. C'est sur cette pensée qu'elle sentit son nez la picoter. Fort, très fort. De sorte qu'elle éternua à en faire voler la table basse. Un liquide chatouilla soudain ses narines. Oh non, se implora-t-elle. Elle tapota ses poches d'un mains pendant qu'elle cachait son nez de l'autre en découvrant avec effroi qu'elle n'avait pas prévue de mouchoirs. Elle ferma les yeux. Voilà elle commença à se traiter de tout les noms qu'elle trouvait, à se maudire intérieurement.

- La solution or était très bonne aussi. Essaya-t-elle vaguement de changer de sujet.

Elle se leva délicatement du siège pour aller d'un pas sobre vers la fenêtre. Evidemment pour être dos à lui pas pour observer les chats errants. D'ailleurs il y en avait un tricolore très mignon. Elle se promit d'avoir un animal de compagnie un de ces quatre.

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MessageSujet: Re: Un verre s'il vous plait!   Mar 13 Aoû - 14:09

La rouquine semblait très mal à l’aise. Et pas seulement. Elle semblait également perdue dans ses pensées. Pas très efficace pour une commerciale. Bah, Lothard n’en avait rien à faire. Il avait juste une excuse pour ne pas boire seul ce soir. La compagnie, faute d’être agréable en matière de conversation, était relativement sympathique d’un point de vue visuel. L’apothicaire la regardait manipuler les bouteilles avec maladresse et précipitation. Il se demandait combien de temps elle allait mettre à casser un récipient.

Son premier choix fut un liquide rougeâtre, quasiment semblable à du vin rouge, mais en plus épais. Lothard ne put s’empêcher de sourire légèrement. Elle avait choisi l’une des boissons sur laquelle il avait passé le plus de temps. Un mélange qui avait demandé une cinquantaine d’essais avant d’être concluant. Trouver des produits pouvant se mélanger harmonieusement avec la mirabelle était particulièrement difficile. Mais le citron était souvent une valeur sûre.

Vint ensuite le tour de l’eau de vie de cactus. Etrangement, la menthe n’apportait que sa couleur au breuvage, faisant ressortir la saveur de la rose, et pour les initiés, de la sève de bouleau. Pas un seul fruit n’avait été utilisé pour ce liquide, ce dont il était particulièrement fier. Le seul point noir, c’était le taux d’alcool de ce breuvage : 60%. Et le pire, c’était qu’on n’en ressentait les effets qu’une bonne demi-heure après ingestion. Et Red, elle, buvait ça comme du petit lait. Bien entendu, le jeune homme s’abstint de dire quoi que ce soit. La suite de la consommation risquait de se montrer très intéressante.

Il la regarda faire encore quelques temps, la rouquine donnant parfois son avis, très succinct et subjectif. Elle avait testé différentes boissons, plus ou moins alcoolisées, alors que Lothard n’avait pas bougé d’un pouce. Il ne daigna faire un mouvement qu’après qu’elle ait pu le sirop de poivre et miel, totalement pur. Il avait l’habitude, pour sa part, de mélanger le sirop avec un bon volume de limonade de groseille. La jeune femme allait certainement éternuer pendant une bonne dizaine de minutes, après ça. Il déboucha à son tour une bouteille et versa dans un petit verre un liquide translucide d’une teinte légèrement verte. Sa chère liqueur de trèfle. Trois verres par jour, pas plus. Et il allait enfin déguster le premier. Il en bavait d’avance. Il s’enfonça dans son fauteuil, son verre à la main, et observait Red, qui lui tournait à présent le dos.


- La solution or, comme vous dites, je l’appelle le Nectar des Rois. C’est un peu pompeux, mais quand on connait les ingrédients qui la compose, on comprend pourquoi. De l’ambroisie, de l’alcool de lys distillé sept fois, du jus de raisins blancs sélectionné grain par grain, et pour finir, trois grammes de poussière d’or. Pour une homogénéisation parfaire, le mélange doit être touillé à une température de 32 degrés Celsius pendant cinq heures et huit minutes, ni plus ni moins. Autant dire que je préfère en faire de grandes quantités en une seule fois, et en boire avec modération.

Il secoua doucement le contenu de son verre, et l’avala d’un trait. Il se leva ensuite, attrapa une bouteille d’eau pure, en remplit un verre d’une contenance de trente centilitres, sortit une fiole d’un noir de jais, et versa précisément neuf gouttes dans le verre. Il s’approcha doucement de la fenêtre, se postant juste derrière la jeune femme.

- Si je peux me permettre un conseil, avalez ce verre. Vu la quantité d’alcool que vous venez d’avaler, vous risquez d’être inconsciente très rapidement sinon. Au moins, avec ça, vous serez, au mieux, légèrement ivre.
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MessageSujet: Re: Un verre s'il vous plait!   Mar 13 Aoû - 21:57


Red écouta la composition de la solution avec toute l'attention qu'elle pouvait lui donner. Mais sans raison, elle sentit peu à peu sa concentration lui échapper. Certains verres étaient alcoolisés elle s'en était facilement rendu compte. Mais il lui en fallait plus pour tomber ivre. Qu'est ce qui lui avait échappé?
Elle éternue à nouveau. Red, crédibilité : zéro. « Tu l'as perdu en quelques minutes à peine que tu commences déjà à chopper un rhume comme si les dieux en avaient après toi » se dit elle. En pleine dépression  intérieure la serveuse se cachait toujours péniblement le bout du nez en fixant la ruelle sombre. La nuit était tombée trop vite et Red regardait la rue s’enflammer par ses réverbères. Une vue magnifique il va de soit. Mais le fait qu'elle était déserte rendait le spectacle frustrant que par  son ciel noir comme de la suie et la couleur vive du jaune orangé de sorte que l'on dirait que le feu
avait dévoré les gens qui la parcourraient il n'y a pas si longtemps.
Oh non, sa tête commençait à tourner.  Si l'alcool qu'elle avait bu venait juste de faire effet elle ne voulait même pas imaginer l'état dans lequel elle serait dans quelques minutes. La serveuse inspira lentement comme tout à l'heure quand elle était stressée. Elle continua de regarder la rue horrifique en voulant se changer les idées et dans le vague espoir que les effets de l'alcool repartent de là où ils étaient venus. Après tout, tout était dans la tête non ?
Mais Lothard s'approcha d'elle par derrière et lui conseilla un verre. Surprise, Red se retourna brusquement et prit délicatement le verre... Il savait qu'il l'avait alcoolisé. La jeune fille commença à le regarder avec indignation. Elle tenait bien l'alcool, alors qu'est ce qu'il l'avait rendu comme ça ? Lui il le savait et ça la rendait folle de rage. Pourtant la colère se fonda dans son malaise comme une larme sous la pluie et elle avait accepté le verre malgré elle. La pensée de « que mijote-il encore ? », se fonda aussi vite que sa rage et elle avala le verre cul sec. Le goût ne lui échappa aucunement parce que c'était la pire boisson qu'elle avait pu boire. Oui, pire que la bière à la violette. Car le goût en lui même qui restait assez sobre pourvu d'un léger arôme de pèche un peu sucré, muta dans un arrière goût amer et brûlant comme si des piments sautillaient sur sa langue comme les étincelles d'un feu. Elle porta ses mains aussitôt à ses lèvres. Ne pas recracher, non, avaler ! Punaise qu'est ce qu'elle donnerait pour cracher le mélange par la fenêtre et se laver la bouche d'un bon verre d'eau fraîche. A cet instant elle regrettait la grande bouteille d'eau glacée sur le côté du bar à Hope. Booouh ça brûle.. !!
 Elle s'imaginait mal prendre l'apothicaire par les bras et le secouer en lui criant ce qu'on lui avait fait. Et comme l'homme l'avait prévenu quant à l'effet de la boisson, il avait fait peut être le mieux à faire.  Toujours les mains sur sa bouche, ses yeux s'humidifièrent de cette eau salée qu'on appelait 'larmes' courues ses pommettes. C'est bon calme toi, se criait-elle. Ça va passer.  Et en effet, au bout de quelques minutes le goût enflammé du verre sombra dans son estomac.

Sans dire un mot, Red parti le pas rapide, se rasseoir dans le fauteuil rembourré. Ses mains retombèrent comme on le fait quand on ressent de l'indignation pour nous même. En ce moment, il s'agissait de la honte qu'elle venait de se taper. Elle s'imaginait déjà plus tard y repenser du genre assise sur le canapé de son appart ou bien dans son lit juste avant de dormir, car à cet instant de somnolence, tout genre de penser travers l'esprit sans faire le tri entre les plus détestable. Elle se voyait à cette pensée se cacher le visage dans un coussin et secouer la tête dedans jusqu'à penser à autre chose car un souvenir restait un souvenir et il y en avait d'autres plus aisés à se rappeler. Mais là, où rien n'était encore un souvenir, et que le présent lui faisait face. Red fixa avec remord le mur en face d'elle. Elle voulait trouver une solution pour se rattraper, essayer de faire que ce souvenir qui se formait ait un échappatoire, qu'elle n'est pas besoin d'en trouver un sans aucun sens mais qui la satisferait. Que faire ? L'ivresse ressortait et lui conseillait de se lever pour renverser la table, et de casser toutes les solutions qui se trouvaient dessus. Pour ensuite se mettre à danser au milieu de la pièce sans besoin de musique. D'ailleurs ? Quelle genre de musique se jouait à Holy Sword ? Les mêmes qu'à la renaissance ? Red secoua la tête pour faire partir les effets de l'alcool.
La jeune fille porta ses mains à son visage et les joints en éventail couvrant son nez. Elle tourna les yeux vers Lothard. Un regard qui ne comportait ni supplication ni pitié, juste un regard calme et fatigué.

- Pourquoi m'avez vous fait venir ? Dans mon état je suis incapable de retenir la moindre recette.

Red ne voulait pas rejeter la faute sur quelqu'un d'autre. Pourtant c'est pratiquement ce qu'elle était entrain de faire. Elle n'aurait pas dû le suivre à l'étage. Et même si elle avait encore des questions sur l'origine du globe dans cette pièce, ou bien pourquoi il n'est pas venu à Hope pour faire avancer les recherches de la science que par ses mélanges, à double tranchant certes, mais prodigieux ?
La serveuse gardait un ton de voix incroyablement serein mais se sentait éclater intérieurement. Elle était peut être de nature fragile. Mais là, c'était trop pour elle.

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MessageSujet: Re: Un verre s'il vous plait!   Mer 14 Aoû - 13:44

Lothard se demanda un peu trop tard s’il n’aurait pas du prévenir Red des petits inconvénients de la boisson qu’il venait de lui donner. Mais les piments langue d’oiseau étaient nécessaires pour donner de l’effet au breuvage. Et il n’avait jamais réussi à parer la brûlure sans anéantir totalement l’effet de la potion. C’était pour ca qu’il pouvait mettre si peu de gouttes. Moins dilué, le liquide pourrait se révéler fatal à son consommateur. C’était également une des raisons pour laquelle il gardait la fiole noire pour lui seul. Il ne voulait pas être à l’origine de la plus grande série de meurtres que les quatre îles aient connus.

Il la regardait donc se tordre de douleur, impuissant. Le liquide devait lui donner l’impression de bouillir littéralement de l’intérieur. Ce n’était vraiment pas plaisant à voir. Mais devoir s’occuper d’une fille inconsciente ne serait certainement pas plus amusant. Surtout qu’il aurait été accusé, dès son réveil, de l’avoir violer. Autant la garder éveillée et consciente de ses actes le plus longtemps possible.

Une fois affalée dans son fauteuil, la rouquine semblait trépigner. On aurait dit qu’elle se demandait quoi faire à cet instant précis. Il se serait presque attendu à la voir fondre en larmes, ou détruire tout ce qu’elle avait sous la main, ou même se déshabiller. Il ne savait pas comment elle supportait l’alcool, après tout. Mais non, rien de tout ça, elle se contentait de le regarder, las, presque accusatrice, et le ton dans sa voix, bien que calme, confirma cette pensée. Cachée derrière ses doigts, elle semblait moins conciliante et moins timide que sobre.

Le jeune homme ne répondit pas tout de suite. Il avait de nouveau saisit son verre ainsi que la bouteille de liqueur de trèfle, dont il se servit une seconde dose. Il s’enfonça dans son fauteuil, sentit doucement le contenu du verre, et en aspira une gorgée. Il laissa le liquide dans sa bouche, le temps que la saveur se propage, et finit par avaler. Affalé également dans son fauteuil, il garda son regard sur son verre.


- Je vous ai fait venir pour deux raisons, la première est évidente, la deuxième un peu moins.

Lothard prit une nouvelle gorgée de liqueur.

- La première, c’est qu’en tant que commerciale, la moindre des choses est de gouter les boissons que l’on souhaite commander. Imaginez que mes gouts soient affreux, vous n’auriez quand même pas servi n’importe quoi à votre clientèle, si ?

Le jeune homme n’afficha aucune expression. La première raison était une question de bon sens. Il se demandait même comment elle avait pu ne pas y penser d’elle-même. Mais la deuxième raison était plus intimiste. Elle nécessitait qu’il se dévoile, et malgré tout, il ne se sentait pas vraiment prêt à mettre ses sentiments à nu. Il avala le contenu de son verre et se redressa d’un coup.

- Et vous n’avez pas à connaître la deuxième raison.

Il fila dans sa chambre, laissant la rouquine sur place. Il fouilla un peu dans ses placards, et en sortit un oreiller et une couverture. Il revint dans le salon et posa le tout à côté de Red. Il fouilla ensuite dans sa bibliothèque, en ressortit une pile de papier, une plume et un encrier, qu’il déposa sur la table à manger.

- Vous n’aurez pas à retenir les recettes, puisque je vais vous les écrire. De plus, vous n’allez pas partir à cette heure là ivre comme vous l’êtes. Vous feriez peut-être mieux de vous reposer pendant que je rédige tout ça.

Il s’assit devant la pile de feuilles, et tourna son regard vers la rousse.

- Enfin, seulement si vous me faites assez confiance pour dormir alors que je suis dans la même pièce que vous.
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MessageSujet: Re: Un verre s'il vous plait!   Mer 14 Aoû - 22:12


Red le suivit du regard jusqu'à ce qu'il s'assit dans le deuxième fauteuil de la pièce. Elle le regarda boire le verre qu'il s'était servi du même regard supplicié. Mais la serveuse était trop dans les vapes pour pouvoir réfléchir quant au silence que Lothard laissait. Elle ne bougea que lorsqu'il daigna répondre avec cette même voix laiteuse qui l'avait interpellé en entrant dans la boutique. Red baissa les bras et les posa doucement sur ses genoux.
Sans savoir pourquoi, la jeune fille imagina que Lothard devait boire ce mélange addictif qui lui avait montré avant de monter à l'étage. Elle ignorait pourquoi elle repensait à cette liqueur maintenant.

Après la première phrase de l'apothicaire, Red s'était attendu à entendre la deuxième raison. Pourquoi? Car elle connaissait déjà la première. Elle était montée à l'étage pour goûter ses créations. Elle avait ignoré jusqu'à présent qu'il y en avait une deuxième. En tout cas elle n'y avait pas pensé en montant. Mais maintenant qu'elle s'était alcoolisée, jusqu'à s'imaginer danser dans la pièce en tout renversant sur son passage, sans être prévenue. Et que son hôte ne semblait pas plus dérangé que ça.
Lorsque Lothard lui demanda d'un question presque rhétorique, si elle n'aurait pas voulu servir des boissons de mauvais goût, il était évidemment que non et elle hocha la tête en silence.
"Et vous n’avez pas à connaître la deuxième raison" Les yeux de Red s'arrondirent comme ceux d'un chat à la lumière de la lune. Elle ne serait donc pas? La peur l'envahit à nouveau de sorte qu'elle cacha ses mains sous ses coudes. On aurait dit qu'elle croisait les bras alors que ses mains commençaient à trembler. La deuxième raison, par peur de savoir ce que c'est, elle ne voulait pas attendre de la découvrir. Lorsqu'il se leva brusquement elle le regarda disparaître dans une autre pièce plus loin. Red se pencha en avant et regarda dans l'angle de la porte d'un regard inquisiteur. Lorsqu'elle cru apercevoir le bout d'un matelas, la jeune fille se raidit et se cala dans le fauteuil tellement vite qu'elle glissa pour se retrouver la tête sous le dossier. Elle signala sur embarras par un petit cri aiguë.
Elle réussit tant bien que mal à se rasseoir correctement avant que Lothard revienne. Il se dirigea vers elle l'air indifférent et balança devant elle un matelas et un oreiller. Red leva les yeux sur Lothard et le regarda avec de gros yeux. Attend...Attend! vous faites quoi là?! cria-t-elle intérieurement. Elle le fixa terrorisée.
L'apothicaire avait laissé un nouveau silence s'installer avant de justifier son geste. Mais Red n'était toujours pas rassurée. Lothard avait bien deviné sa pensée par rapport à ça  puisqu'il l'incita à lui faire confiance, mais tout ce qu'elle aurait aimé lui répondre, avec cette même impulsivité que provoque l'alcool, c'était " Vous êtes celui qui m'a saoulé, j'aurais milles raisons pour vous justifier que j'ai raison de ne pas vous faire confiance". Qu'est ce qu'il s'imaginait ? Que je lui fasse confiance après ça, serait même extrêmement étrange non? s'interrogea-t-elle.
Lothard commença à noter sur le papier que Red se leva déconcertée. Que faire ? Le stress montait toujours en elle comme une jauge. Ses mains tremblaient encore. La serveuse n'arrivait plus à réfléchir alors. Elle ne savait pas ce que son don donnait sous l'alcool. Mais elle s'en  fichait et figea Lothard quelques instants.
Voilà...maintenant elle pouvait crier. Ceci fait, Red se dirigea vers Lothard pleine d'effroi. Que devait-elle faire ? le tuer? Mais bien sûr que non! La jeune fille tourna brusquement son corps laissant sa chevelure flottait dans l'air déposant doucement un cheveux rouge sur le papier, un détail qu'elle n'avait pas remarqué.
Elle commença à se diriger vers la porte. Pourtant elle n'arriva plus à bouger une fois arrivée que seuil. La rue lui faisait peur. Elle n'oserait jamais marcher jusqu'à chez elle. Et dire qu'à Hope on pouvait se téléporter. Red jeta un coup d’œil sur le matelas avec regret. Une nuit...Elle ne dormirait que cinq heures qui sait. Pas besoin de s'alarmer non? Tout ces moments repassaient: l'instant où l'homme a signalé la boutique comme fermé, ou quand il la regardait se saouler comme jamais elle ne l'aurait fait devant un inconnu si elle savait la quantité d'alcool qu'elle avait ingurgiter, ou cet autre moment quand il a justement proposer son matelas et son oreiller. Oui elle devait se concentrer là dessus. Si il était dangereux jamais il n'aurait jeter son matelas par terre pour qu'elle s'y installe. Peut être voulait-il juste de la compagnie? C'est vrai, dans la chambre il ne pouvait pas la voir ? En plus il y avait aussi le canapé, elle aurait pu dormir dessus mais non, il lui avait proposer son matelas, chose bien plus confortable. Red inspira. Aucun doute l'alcool la rendait folle, peut être avait il bien fait de lui donner ce verre aux piments.
Mince, cela faisait trop longtemps qu'elle gardait Lothard figé. Sa tête lui fit de plus en plus mal. Elle n'avait plus le choix. Mieux valait s'effondrer ici que dehors. Elle commença à marcher, fatiguée, vers le matelas mais elle s'évanouit à mi-chemin. Son corps gisant sur le pauvre parquet.
Oui, l'alcool la rendait folle d'avoir choisit de rester ici après tant de réflexion.


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MessageSujet: Re: Un verre s'il vous plait!   Ven 16 Aoû - 21:59

Lothard ne faisait pas attention à cette jeune femme qui gisait sur le fauteuil. De toute façon, elle était ivre, et ne risquait pas d'être d'une compagnie des plus intéressantes. Après réflexion, il aurait peut-être du lui donner plus de détails sur les boissons qu'elle avait ingurgitées. Le taux d'alcool, notamment. Et le fait qu'elle avait avalé un sirop pur, aussi. Bah, elle s'en rendra compte une fois qu'elle aura lu les recettes qu'il s'apprêtait à lui écrire. Il déboucha l'encrier, attrapa sa plume, la trempa dans le liquide noir, et griffonna le papier. Ce n'était pas vraiment de la calligraphie. Tout au plus une écriture ronde.

Mais bien vite, sa plume s'arrêta. A vrai dire, sa main aussi ne bougeait plus. Tout comme le reste de son corps. Il avait beau ordonner à ses muscles de se mouvoir, ceux-ci ne frémirent même pas. Il ne pouvait que bouger ses yeux au fond de ses orbites. Rien de bien pratique. Il regarda autour de lui, relativement inquiet. La situation n'avait rien de confortable, surtout que Red venait de lui hurler dans les oreilles. C'était on ne peut plus désagréable. Mais le malaise franchit un nouveau cap quand la rouquine s'approcha de lui, haletante. Et maintenant, quoi ? Résigné, il contemplait avec impuissante et lassitude les gouttes d'encre perler sur la feuille. Il allait devoir tout réécrire, intégralement. Ce qui l'agaçait tout autant que la situation dans laquelle il était actuellement.

Néanmoins, un détail amusa l'apothicaire. Un cheveu d'un roux magnifique se déposa juste sous ses yeux, dans l'encre. Marrant. Au moins, si elle filait, comme il s'y attendait, il aurait toujours un moyen de la retrouver. La vraie question, c'était combien de temps il resterait figé. Son nez commençait à le gratter, et il ne pouvait même pas le bouger. Elle voulait vraiment filer comme ça alors qu'il avait fait son possible pour l'aider ? Bon, ok, il l'avait laisser s'enivrer sans lever le petit doigt, mais il avait quand même atténué les effets de l'alcool et lui avait proposé un couchage pour la nuit ! Il lui aurait même fait le petit déjeuner le lendemain, si elle avait accepté avaler quelque chose qu'il préparerait. Surtout qu'il n'était pas très bon cuisinier, au fond...

Mais, alors qu'il ne pensait plus du tout à sa situation physique, un bruit provenant de l'escalier le ramena à la dure réalité, et notamment à son immobilisation totale. Il regardait tant bien que mal en direction de la porte, et vit Red sortir de la pénombre. Elle semblait épuisée, prête à s'effondrer à tout moment. Peu à peu, il sentait qu'il pouvait bouger les doigts, puis les mains. Finalement, il parvint à bouger totalement. Mais c'était juste après que la rouquine s'étale de tout son long sur le sol, dans un bruit sourd.

Et pourtant, Lothard ne bougea presque pas. Toujours assis, il posa sa plume, s'appuya contre le dossier de sa chaise, fit craquer sa nuque, puis ses doigts. Finalement, il soupira, se leva, et s'approcha du corps gisant. Il prit son pouls. Assez rapide. Le stress sans doute. Mais au moins, elle vivait. Et il constata qu'elle respirait. Bien.


- Il faudra prévoir quelque chose contre le mal de crâne, demain matin.

Il ne savait pas si elle était consciente ou non. Dans le doute, il ne voulait pas la froisser, et décida qu'il était préférable de la coucher sans prendre la peine de la changer. Elle l'aurait menacé de viol, à coup sûr. Autant éviter les ennuis. Il la souleva délicatement du sol, et l'installa sur le matelas, l'allongeant sur le côté. Elle ne semblait pas avoir de blessure. Il glissa un oreiller sous sa tête, et alla chercher une couverture. Quelques secondes plus tard, il recouvrait la jeune femme d'un linge à la fois chaud et fin. Accroupi à ses côtés, Lothard soupira.

- Reposez vous, Red, et arrêtez de vous inquiétez. Je n'ai absolument aucune raison de vouloir vous faire du mal.

Il se dit que s'il avait voulu lui nuire, il l'aurait déjà fait, mais il se retint de l'exprimer à voix haute. Ca n'aurait en aucun cas rassuré la rouquine. Et pour le moment, elle n'avait besoin que de deux choses : d'être rassurée et de se reposer. Il rejoint donc sa table basse, jeta le premier papier, et se mit à écrire de nouveau ses recettes. Il travailla à la lueur de la bougie pendant quelques temps, avant de sentir la fatigue l'abattre. Il s'étira longuement, bailla, prit à son tour une couverture, s'installa dans un fauteuil, et décida de tomber dans les bras de Morphée.
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MessageSujet: Re: Un verre s'il vous plait!   Sam 17 Aoû - 21:33


Quelle est la première chose qu'elle ait pu entendre ou bien voir en dessous de ses paupières ? Des éclats des lumières perçaient l'obscurité dans laquelle étaient plongés ses yeux. Elle entendait quelques bruits qu'elle n'arrivait pas à distinguer correctement avec le brouhaha qui se situait en dessous elle. Les réveils calmes et longs, remplis d'innocence. Qui était elle ? Il lui suffisait de se souvenir de son prénom. Lequel ? Beverleen. Et de sentir le poids de ce mot sur son esprit. Les fois où l'on appelait la jeune fille qu'elle était, la lourdeur de ce prénom, sa personne, ses actes. Un prénom se chérit et prend la valeur qu'on lui donne. Quand on parle de nous ou quand on est interpellé. Mais l'adolescente avait abandonné ce prénom. Et maintenant ce n'était plus qu'un fardeau.
Red, rouge comme la couleur flamboyante de ses cheveux. Rouge comme les gouttes de sang qui avait dû tomber sur le sol de la cuisine quand ses parents se disputaient, encore. Les ongles de sa mère qui s'enfonçaient dans les bras de son père. La maladive impression de sombrer dans l'insécurité. Se prendre tout les panneaux STOP sans avoir à bouger, fondre en cendre comme une branche dans un feu sans crier.

Red se leva en sursaut. Où était-elle? Un vertige enveloppa sa tête et elle retomba sur l'oreiller. Sa tête tournait fort. Elle avait la nausée. Non, elle ne se rappelait même pas si elle s'était endormi sur ce matelas hier. Bon sang, elle sentait son cœur battre rapidement. Elle entendait ses oreilles siffler. Comme cette sensation lorsqu'on plonge dans l'eau et qu'on nage très profondément. Profondément comme son esprit qu'elle sentait enterrer à l'intérieur de son corps. Comme si c'était chez nous mais qu'il était trop tard pour rester ici. Car la nausée montait à la hauteur de sa gorge et elle avait du mal à respirer. Red se sentait émerger lentement à la manière d'un corps pousser par la pression de l'eau jusqu'à la surface.
Elle respira. Inspira de toute ses forces et expira doucement. Elle ignorait si elle venait de faire un cauchemar. Mais elle se sentait mal. Et quand elle ouvrit les yeux tout bascula. Au sens propre. La migraine l'attaqua sans raison et l'endroit qu'elle pensait fixe bougeait comme si il se trouvait animé. "J'ai mal" se dit elle plusieurs fois avant de comprendre qu'elle avait dû boire de l'alcool. Elle se rappelait cette fois, à Seattle, elle était allée à une soirée chez un ami. Elle devait avoir quinze ans. C'était assez discret et il n'y avait qu'une dizaine de personne. Beverleen n'était pas une fille à risque mais la curiosité surpasse tout et elle avait fait attention à ne pas rentrer chez elle bourrée jusqu'à ce que mort s'en suive. Mais Beverleen était morte. en tout cas c'est ce que certain préfèrent penser en parlant des comateux. La jeune fille aimait penser qu'elle était morte et que Red était sa nouvelle vie. C'est plus acceptable que se remplir de remord pour la réponse stupide de ce sms. Il est toujours plus acceptable d'oublier.
En fait non, mais Red n'était pas prête à affronter la vérité.
Elle rouvrit les yeux, mais le mur bougeait toujours. Elle essayait de tourner la tête d'un côté puis de l'autre mais c'était pire. Rien à faire il fallait attendre. Mais énervée par son état immobile. Ah que c'était ironique de dire ça. Red se leva péniblement avec l'impression extrêmement désagréable de sortir d'un manège. Oh merde. pensa-t-elle. Elle se souvenait de ce pharmacien, Lothard. Non, apo...mince elle avait perdu l'habitude de le dire. Red ne se souvenait de rien concernant hier soir après cette histoire de boisson pimentée. Elle se souvenait sinon de la honte de s'être faite alcooliser par un adulte sans s'en rendre compte et la peur atroce de faire une connerie. Et cet embarras constant d'être mal devant quelqu'un qui n'avait rien demandé. Non, en fait sur ceci, elle s'était fait des idées. La peur, le stress, le besoin de rester commerciale, la fatigue, l'ivresse. Tout ça fait un terrible mélange de sorte que tout s'emmêlait dans sa tête. Pareil que si on mélangeait du rhum avec du whisky, du sirop de coquelicot et du jus de pomme. Jamais essayé mais d'ailleurs, elle ne préférait pas essayer.
Elle repensa à hier soir et paniqua en sachant qu'elle ne se rappelait même pas où elle s'était endormie en l'absence du souvenir de s'être allongée dans ce matelas et de s'être couvrit de cette couverture(très chaude et très agréable en y pensant). Mais avec soulagement elle se découvrit toujours vêtue par ses vêtements d'hier. Aussi, son parfum à la pêche blanche était toujours d'actu par miracle.

Elle se tint la tête, et s'accroupie pour essayer de se stabiliser un peu. Sans succès. La jeune fille regarda autour d'elle en tournant la tête lentement. Le globe était là. Difficile de le rater. Les fauteuils et le canapé aussi. Mais sur le canapé, elle trouva Lothard encore endormi. Red le regarda et sourit. Elle était contente de s'être trompée sur son compte.

- Allez ça va passer.

Ce dit-elle en parlant de son vertige rotatoire. Oui! Car tout était dans la tête! En tout cas c'est ce qu'elle espérait. Elle se leva lentement en manquant de tomber par deux reprises à cause du manque d'équilibre. Puis avec la même stabilité exemplaire -elle était ironique aujourd'hui- elle chercha la cuisine du regard. La serveuse entremêla ses mains pleines de doigts dans ses cheveux avec négligence. Et trouva avec triomphe la cuisine. En scrutant la pièce d'un air désespérée en raison du mobilier ancestrale, Red essaya de se rappeler comment elle faisait la cuisine dans l'autre monde. Et en trouvant de quoi faire une pâte à crêpe et de la levure, elle prit le temps de cuir quelques petits pancakes sur lequel elle déposa un petit carré de beurre ainsi qu'un filé de sirop d'érable(étrangement pas difficile à trouver). Elle patienta jusqu'à ce que la cuisson caramélise le sirop et en servit deux dans une assiette de porcelaine et mangea les autres. Mourrant aussi de soif, Red se permit de se servir un verre d'eau, en même temps d'un emporter un autre avec l'assiette de l'apo...bref.
Quand elle arriva dans le salon Lothard était toujours endormi. Elle déposa l'assiette sur la table basse ainsi que le verre d'eau mais alla chercher par la suite une serviette qu'elle posa sur le plat. Elle avait peur que les pancakes refroidissent.
Son vertige avait disparu. A force de penser à autre chose elle avait évité des heures de torture à éviter de bouger.
Red ne savait pas trop quoi faire. Elle n'allait pas réveiller Lothard juste pour avoir de la compagnie. Et puis ça lui donnait l'occasion d'observer plus attentivement ses oreilles! Elle aperçu une feuille sur la table mais sans ses lentilles elle ne lisait rien. Et encore heureux qu'elle ne les avait pas. La serveuse n'imaginait même pas à quel point elle aurait eu mal au réveil si elle les avait encore. Elle trouva son sac à main qu'elle avait déposé près du fauteuil dans lequel on l'avait invité à s'asseoir hier. Enfin si c'était bien dans son souvenir. Elle dénicha ses lunettes noires en fouillant un peu et prit la feuille pour en découvrir les recettes d'un bon nombre de boisson. Red en était presque étonnée. Elle avait vraiment bu tout ça ou...? L'écriture était souple et élancée, un plaisir pour les yeux. La serveuse sourit, elle n'avait même pas donné l'adresse de la brasserie lorsqu'il avait écrit ça. Si ça avait été sur une mauvaise personne qu'il était tombé, Lothard aurait pu perdre pas mal de boisson sans avoir déclarer les droits d'auteur(en tout cas c'est ce qui était nécessaire à Hope)
Mais la jeune fille trouva un autre papier au dessus de la pile sur la table et prit la plume-avec laquelle elle hésitait très franchement à appuyer sur le papier. Son écriture devait être horrible. Vraiment. A cet instant, Red se demanda si l'écrit était traduite que la parole... Mais sinon, l'anglais était une langue parlée dans le monde entier non?
Elle rajouta plus bas l'adresse de son lieu de travail si il voulait venir voir le résultat de son travail à lui et signa encore plus bas vers la droite.
Thanks for everything!
RED
Ainsi, le soleil venait peut être de se lever. Mais Red partit. Ce souvenir serait loin d'être une honte. La jeune fille partie le cœur léger et la tête aussi.


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