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 Quand tu dors ...
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Bubo


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MessageSujet: Quand tu dors ...   Ven 20 Fév - 1:00

Le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt.
Ou bien, dans le cas de Kai, à ceux qui ne dorment pas.

Il n’en pouvait plus, le canadien. Son rythme était totalement chamboulé. Lui qui avait pris l’habitude de se promener le soir et dormir le jour, son petit plaisir s’était vu éradiqué par la mise en place de ces nouvelles règles inutiles. Sérieusement, à quoi ça servait à part faire chier le monde ? Au début, Kai pensait que ça allait être comme la première fois, que ce serait facile et amusant d’échapper à la police dans les ombres … Mais non. Le Father, là, il rigolait mais vraiment plus du tout. Le système de surveillance s’était donc vu renforcé et ce petit rigolo de Kai l’avait eu bien profondément quand il s’était fait attrapé à plusieurs reprises, allant faire un petit coucou en prison.
Et ça n’arrangeait pas son humeur. Pas du tout.

Des fois, il avait juste envie de tout casser. Mais bon. Bordel.


    « ATTENTION : LE PARC ENFANTIN EST FERME JUSQU’A NOUVEL ORDRE. DES PARTICULES DU VIRUS Y ONT ETE RETROUVEES. POUR VOTRE SECURITE, RESTEZ A L’ECART. »

Voilà ce qu’on pouvait lire ce jour-là, à l’entrée de l’aire de jeux. Vide, pour le coup. C’était fou comme un simple bout de papier et un tampon (volé) de la police pouvaient faire. Quoique la peur avait aussi son petit rôle à jouer, hein. Admirez le gros coup, pas vrai ? Un véritable criminel. Ou un sale SDF un peu farceur, au choix. Il s’était mis en route jusqu’à Dream Land dès la fin du couvre-feu afin de mettre en place son petit stratagème. On s’amuse comme on peut.
M’enfin, le résultat était donc là. Au moins, il était sûr d’être tranquille. Personne pour le faire chier et le laisser brouiller du noir dans son coin. Pas sûr qu’Amandine serait contente de le voir comme ça mais, eh … Qu’on le laisse en paix dans son fort d’oreillers. Il verrait plus tard.

Kai avait donc investi le parc et fait du toboggan son château fort. Recouvert d’une couverture bleue nuit pour le protéger du soleil trop haut, le garçon se serait cru retourné dans sa « folle jeunesse » avec cette cabane improvisée. Dehors ça sentait malheureusement plus la barbe à papa que le sapin, mais … Il faisait avec. Obligé.
Endormi, de toute façon, serrant les polochons dont il avait rempli l’habitacle, le jeune homme était déjà loin. Et aurait préféré le rester, tiens.

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Docteur Morphine


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MessageSujet: Re: Quand tu dors ...   Ven 20 Fév - 18:22

Les règles, semblait-il, passaient complètement au-dessus de la jolie tête blonde de Louis ; ça et le fait qu'entre la réalité et un jeu vidéo, il y avait un gouffre qu'il ne se sentait pas prêt à franchir et que quand on cavalait dans un monde pixelisé rempli de méchants psychopathes (si, si), avoir peur d'un panneau, c'était comme avoir peur d'une sauterelle. Et dieu savait que Louis, il n'avait pas peur des sauterelles. Debout devant la fameuse pancarte clamant en lettres capitales de rester à l'écart, il fit la moue. Sa sucette rose passa d'une joue à l'autre tandis que les rouages de son cerveau cliquetaient à lui filer la migraine. Il n'avait pas tout suivi de l'affaire « virus » d'Euphemia, mais ça avait été apparemment assez grave pour que les GM passent au niveau supérieur en ce qui concernait la restriction des droits des joueurs ; sûrement parce qu'il avait très envie de se choper un cancer informatique, le jeune garçon haussa les épaules et passa outre l'avertissement en chantonnant un morceau de Brassens.

Sauf le respect que je vous dois...

Sans surprise, l'endroit était complètement désert. Pas le moindre gamin pour lui hurler dans les oreilles et aucun vendeur de cocaïne en sucre à l'horizon. Wow, y'avait pas à dire, ça changeait de l'ordinaire. A l'affût, Morphine se mit à respirer l'air comme si soudain son corps pouvait prendre la consistance du liquide : ça ou alors il allait s'écrouler, fatalement empoisonné  par les particules restantes du virus. Et à quoi pouvaient-elles bien ressembler, ces particules, d'ailleurs ? Visibles à l’œil nu, ou devait-il prendre un microscope pour les dénicher ? Dommage, il n'en avait pas sur lui. Pensif, il fit un nouveau tour et son regard s’arrêta – hélas – sur un des toboggans.
Visiblement, il n'était pas le seul à qui les menaces à l'entrée ne faisaient pas peur. Sauf que cette personne là, elle avait confondu hôtel quatre étoiles et aire de jeux et – oh, mais c'était son ami le hibou ! Dommage pour Bubo, sans quoi Morphine aurait certainement passé son chemin, peu désireux de provoquer un SDF en colère en duel. A quelques pas du pauvre hère qui avait choisi le mauvais endroit et surtout le mauvais moment pour entamer sa sieste, Louis se balançait sur ses talons, hésitant sur le « comment » de l'opération sabotage de sommeil.

Lui foutre la paix? Impossible. Si encore ce grossier individu s'était montré compréhensif envers lui les quinze dernières fois où, aimable, il avait voulu nouer la conversation, alors peut-être qu'il l'aurait laissé savourer son moment de détente comme il se devait. Peut-être. Sauf que ce monstre était un hiboumonstre et que non-content de le forcer à cavaler la nuit, il s'arrangeait toujours pour disparaître sans laisser de traces. Houuuu. C'est que la dernière fois où Louis avait voulu monter à un arbre pour l'imiter, il s'était royalement gamelé comme le dernier des abrutis.
Épique, quoi. Lui qui se demandait souvent où il passait ses journées, il n'allait pas le laisser filer maintenant qu'il tombait nez à nez avec son petit nid douillet. Drôle de lit d'ailleurs, songea-t-il en observant la couverture et les polochons éparpillés un peu partout, mais si ça le faisait kiffer, hein...

Le Doc' était tolérant et gentil, un véritable amour. Aucune raison de le jeter ou de lui en vouloir. Avec toute la grâce du monde, le garçon aux mèches roses retira la sucette de sa bouche et la colla contre la joue de la belle au bois dormant, comme le prince y aurait laissé un baiser indirect. Non parce que lui coller directement sa bave sur le visage, c'était un peu too much, même pour lui.

« Saaaaalut, fit-il en le titillant du bout de sa sucrerie gluante, toi aussi tu veux attraper le cancer ? »

A force, il ne se sentait même plus coupable de le réveiller. Il avait qu'à vivre au même rythme que tout le monde, aussi ! Et s'il voulait faire du toboggan, il y avait pensé ?
Mais poli et charmant, toujours.

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Bubo


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MessageSujet: Re: Quand tu dors ...   Ven 20 Fév - 20:09

Sur tous les spécimens de Dream Land qui auraient pu en avoir rien à foutre de sa pancarte (cheap, fallait l’avouer, malgré son efficacité qu’on ne pouvait nier) et de quand même entrer dans le parc … Il avait fallu qu’il tombe sur lui.

Le grincement du portail de l’entrée, les crissements de chaussures sur les graviers et l’écho d’une voix … Kai avait préféré naïvement croire que ce n’était que le fruit de son imagination, perdu qu’il se trouvait entre le sommeil et l’éveil. Et il continua d’espérer, même en sentant la présence s’approcher de sa cabane dans le toboggan … avant de sauvagement violer l’espace vital de sa joue avec un … Truc collant.


« Saaaaalut, toi aussi tu veux attraper le cancer ? »

L’animal nocturne consentit à ouvrir un œil, admirant la silhouette en contre-jour de son empêcheur de tourner en rond … Docteur Morphine. Il reconnaîtrait sa voix dans n’importe quel contexte tellement il l’avait entendu jusqu’à l’impression sur son cerveau. En même temps, ils en avaient vécu des choses, ces deux-là … Des moments torrides sur un banc, par exemple. L’un enfonçant avec insistance son bâton dans la joue de l’autre qui faisait semblant de dormir … Jusqu’à atteindre son œil et bien l’obliger à répliquer. Enfin, aujourd’hui était différent on dirait. Il avait troqué son bâton contre un autre truc pas encore identifié ? Vu le côté gluant, il … Dites-lui pas que c’était de la bouffe, eh. Le sale gosse. On en faisait plus des comme ça.
D’ailleurs, à part son pseudonyme (qu’il n’avait d’ailleurs jamais demandé, c’est qu’il était très pipelette l’autre en plus), Kai ne savait pas grand-chose de lui. Son âge, par exemple. Mais il doutait très fort qu’ils aient le même. Ah non non, impossible. Lui qui était si mature …


« Te voir me donne le cancer. »

Vu son tempérament, le risque d’ulcère était bien réel. On le lui avait déjà fait remarquer.
Le canadien grommela ensuite une suite de syllabes qui devaient faire référence à ce qu’il avait toujours sur la joue … Jusqu’à ce qu’il l’arrache d’un geste brusque de la main … pour mieux voir sa crainte se confirmer.


« … Mais t’es dégueulasse, eeeeh. »

Bye bye, sweet candy. Telle un OVNI, la sucette fut balancée avec grâce par-dessus la tête de l’adolescent et alla atterrir un peu plus loin. Plop. Peu importait où, en fait, c’était plus son problème.
Kai passa ensuite sa langue sur la paume de sa main et frotta bien sa joue afin de retirer cette sensation de sucre qui s’y était collée … C'est bon, en plus de son cancer il allait choper le SIDA. C'était tout ce qu'il manquait à sa collection.
Finalement, il cacha sa tête sous l’un de ses oreillers, comme le garçon capricieux qu’il était. C’est pas l’heure d’aller à l’école là, de toute façon. Sinon l’autre aussi devrait y aller, eh.


« J’suis pas d’humeur, là. »

Concrètement, ce n’était pas comme si Morphine avait eu la chance de le voir autrement que « pas d’humeur », mais …
Et ce serait aussi pour ça qu’il ne réussirait pas à s’en débarrasser aussi facilement. Le canadien en était malheureusement conscient. Encore si leurs rencontres s’étaient limitées à des rendez-vous sur des bancs de parc. Mais Morphine, malgré sa dégaine, jouait dans la cour des grands. Des véritables stalkers. Pire que lui. Heureusement qu’il ne savait pas monter aux arbres.
Si le hibou ne pouvait même plus compter sur son habitat naturel …

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Docteur Morphine


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MessageSujet: Re: Quand tu dors ...   Dim 1 Mar - 23:23

« Te voir me donne le cancer. »

La réplique, violente mais pas si inattendue (paraît que les hiboux n'aiment pas être dérangés durant leur sieste diurne) arracha une moue faussement attristée au Prince sans cheval blanc ni couronne ; puis un couinement de protestation lorsqu'on lui ôta de force son épée pour la balancer dieu savait où avec un commentaire charmant sur son sens de l'hygiène. Outré par cette insulte sans fondement et sa pauvre friandise gâchée, Morphine fronça les sourcils et fit la grimace. A cet instant précis, nul doute qu'il devait donner de lui l'image d'un homme sérieux et habité par la colère – pourtant, le bout d'un demi-sourire menaçait déjà de poindre à travers son masque de sérieux. Comme quoi il ne devait pas avoir l'habitude de tirer les muscles de son visage dans ce sens là ; et en voyant le hibou étaler sa salive par-dessus le sucre qu'il avait laissé sur sa joue (c'était qui le dégueulasse, dans l'affaire ? ), il dut retenir un commentaire de jeune fille en fleur devant un roman à l'eau de rose (wow, cette expression était bien choisie). Mon dieeeeeu, c'est comme si on s'était embrassés, sauf pas pour de vrai !
On aurait un peu dit des gosses de primaire, mine de rien. Louis flatta la maturité qui l'avait poussé à retenir pareil cri du cœur.

Surtout qu'il avait pas l'air en forme, le volat-... Oh bha ?

« J’suis pas d’humeur, là. »

Non, sans rire, pensa le jeune garçon en tapotant sur l'oreiller que l'autre grossier personnage avait foutu sur sa tête, histoire de ne plus l'entendre. Monsieur avait fait sa toilette, lavé ses plumes, et maintenant dodo ? Louis se redressa et regarda autour de lui ; le parc était toujours désert, et la sucette qui avait roulé à terre sûrement immangeable. Souplement, celui-ci quitta son perchoir et trottina jusqu'à la sucrerie poussiéreuse. Hors de question de la remettre dans sa bouche, il avait pas envie de choper des germes informatiques. Si ça se trouve, y'avait des bouts de virus dans le sol, il en savait rien lui ! Enfin...
Pensif, il revint au nid improvisé du méchant hibou. Et si c'était une fausse pancarte, Doc', t'y as pensé ? Pas comme si son ami Iznogoud pétait la forme et la bonne humeur ; parfois, il avait même l'impression que monsieur avait épousé le cynisme et l'humour noir. Avec délicatesse, il dégagea l'oreiller de la tête du dormeur et lui planta la sucette dans les cheveux. Pour bien faire, il lui fit même faire plusieurs tours, l'entortillant dans les mèches brunes du garçon.
Une mère en colère aurait fait la même chose au retardataire qui voulait grappiller cinq minutes de sommeil en plus. Sûrement avec un  verre d'eau, mais le résultat était le même.
Ouuuu presque.

« Je suis désolé de te filer le cancer, s'excusa-t-il avec une sincérité feinte, si tu veux je peux mettre un masque pour t'épargner ma vue. »

Il lui offrit un grand sourire de modèle d'exposition de chez le dentiste. Puis si enfiler un masque de carnaval ne lui suffisait pas, il voulait bien lui faire une chimio gratuite – quel bol il avait, ce Bubo ! Un nouveau coup d’œil à tout l'armada d'oreillers lui fit de nouveaux hausser des sourcils perplexes. Y'avait vraiment que les SDF pour dormir dans des endroits aussi inconfortables, et c'était bien parce qu'ils n'avaient pas le choix. Or, son gentil interlocuteur devait bien avoir un arbre douillet où passer la nuit, non ?
Louis s'informa donc, désintéressé jusqu'à ses yeux pétillants :

« Ta petite copine hibou t'as bouté hors du nid, pour que tu en viennes à dormir là ? »

Une chose que son sourire devait hurler, c'était : t'auras plus la paix pour les cinq prochaines heures.
Congratulations.

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Bubo


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MessageSujet: Re: Quand tu dors ...   Mar 17 Mar - 21:45

C'était mauvais. Mais, alors là, très mauvais.
Que le gamin se lève et se casse sans demander son reste était inespéré. Impossible. Alors pourquoi cette absence de réaction ? Pas même un coup d’œil furtif dans sa direction, ou une quelconque pensée … Les sens de hiboux de Kai étaient vraiment malades, pour le coup. La petite note « HS » sur la porte d’ascenseur au moment où il en avait le plus besoin, bien sûr. La vie serait moins drôle autrement, pas vrai ?
Hahahahaha. Ah bah oui, ce que c’était marrant de se faire déranger en plein cycle du sommeil ! De se faire enlever son oreiller et de recevoir un tout nouveau couvre-chef. Parfum fraise, c’est ça ? Il la sentait, bien entortillée entre ses mèches châtain, toute grisée par la poussière et parsemée de petits cailloux. Fuck.


« Je suis désolé de te filer le cancer. Si tu veux je peux mettre un masque pour t'épargner ma vue. »

Oh, tellement adorable. S’aidant de ses coudes, Kai se redressa façon zombie. Ce fut ses petits yeux et sa grimace de Belle au Bois Dormant au saut du lit qui vinrent faire face au doux visage du Prince Charmant. Quoi de plus romantique qu’un français, eh. La sucette ? Neo-french kiss, tu peux pas comprendre. Très bientôt, Docteur Morphine allait attraper le canadien façon princesse et l’emmener avec la force de ses petits bras jusqu’au cheval à ressort. Ils arpenteraient ainsi le parc de jeu, riant aux éclats, avec des bulles de champagnes et des roses écarlates flottant autour d’eux.

Ou un truc comme ça.


« Ta petite copine hibou t'as bouté hors du nid, pour que tu en viennes à dormir là ? »

Un petit moment de latence. Le temps que l’information passe bien par ses oreilles et que ses neurones fassent synapse jusqu’à la zone de traitement … Bien. Un mince sourire se dessina simplement tout le long du visage du garçon.
Est-ce qu’il était temps pour Morphine de s’inquiéter ? Peut-être. Mais le gamin n’était pas du genre à avoir froid aux yeux. Ou juste inconscient. Voire simplement suicidaire. Des adjectifs qui pourraient tout autant convenir à Kai, d’ailleurs, dans certaines situations … Comme celle où il avait sous-estimé l’effet boomerang de la sucette vengeresse. Mais bon. N’en parlons plus. Ça ne le gênait pas tant que ça, en vérité. Ça ne le touchait même pas du tout. Ce n’était pas vraiment son corps de toute façon, et ses cheveux repousseraient … Il connaissait quelqu’un qui avait ce genre de pouvoir. Donc voilà. Cependant, ça n’allait pas être pour si peu qu’il allait laissait s’échapper l’adolescent aux cheveux roses. Ah non non non non. Il voulait jouer ? Ils allaient jouer.
Le terrain de jeu est tout à nous.


« Je prends des vacances dans ma résidence secondaire. Un problème, eh ? »

Avec une délicatesse contraire à ses mots, Kai poussa le Docteur de son dit nid et ne le laissa même pas le temps de se relever, sautant sur sa proie et lui immobilisant les bras. Ainsi à califourchon sur plus petit et plus jeune que lui, prenant son ventre pour un siège confortable, l’adolescent arborait bien entendu la même mine que s’ils étaient restés sur le toboggan à conter fleurette.

« Hey, tout à l'heure t'as eu une bonne idée. Te mettre un masque pourrait bien me sauver. Et tu sais quoi ? On pourrait même le coller à ta figure pour éviter tout accident fâcheux. »

Et c’est qui le gros dégueulasse, maintenant ? A cet instant, Kai n’était aucunement sûr que cette histoire allait bien finir pour eux. Mais, eh. Ils étaient dans un jeu, oui ou non ?

« T'as de la chance, mon pote, j'ai justement sur moi la meilleure colle qu'on puisse rêver. Cent pour cent naturel. »

Kai leva alors légèrement la tête et, tel le gentleman qu’il était, se mit à se racler bruyamment la gorge, cherchant bien entendu à en sortir quelque chose.
T'inquiète ; c'est sans doute très bon pour la peau, en plus.

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MessageSujet: Re: Quand tu dors ...   Mer 18 Mar - 21:51

Ça aurait dû être interdit, ce genre de trucs, pensa Louis en contemplant le visage de l'horrible rapace maintenant juché sur son ventre. Il avait connu mieux comme retournement de situation, au sens propre comme au sens figuré : et inutile de préciser que si quelqu’un devait avoir l'avantage, il préférait encore que ce soit lui. Non mais quel toupet, tomber sur lui comme un gros parpaing en ciment dans le but avoué de l'étouffer et aller enterrer son corps sans vie plus loin ! Quoique, y'avait pas un reset dans les jeux vidéos ? Ou alors Euphemia poussait le réalisme jusque dans la tombe, avec les vers et la putréfaction en prime. Wow, super rassurant.
Ok, peut-être que le Doc exagérait un peu. Bubo n'était pas si lourd que ça et il pouvait encore largement respirer, protester et s'offusque ; n'empêche qu'il aurait encore préféré avoir un cadavre sur la tronche plutôt que le garçon qui souriait. Parce que jusque là, il faisait la gueule, et Louis doutait bizarrement du fait qu'il ait eu entre temps l'épiphanie censée rendre sa présence indispensable à toute bonne journée. Moralité, messieurs dames : il était dans les ennuis.

« Hey, tout à l'heure t'as eu une bonne idée. Te mettre un masque pourrait bien me sauver. Et tu sais quoi ? On pourrait même le coller à ta figure pour éviter tout accident fâcheux. »

Eeeeh ? Morphine fronça les sourcils et lui lança un regard perplexe, le cerveau en arrêt image momentané. Personnellement, ça le dérangeait pas du tout d'aller dégoter un masque de Scream ou de Nicolas Sarkozy et le sortir de sa poche dès qu'il le croisait dans un sapin en pleine nuit. Mais de là à aller le coller à son visage, y'avait des limites ! C'est que Morphine y tenait mordicus, à son visage : si jamais il foirait ses études, il pouvait toujours se reconvertir dans la TV réalité et devenir célèbre sur internet. Faire du cinéma aussi, pourquoi pas. Peu avaient la chance d'avoir sa peau douce et les traits parfaits qui faisaient de lui la coqueluche de tous les adultes qu'il croisait. Mouaaaais, pour faire des ravages sur la plage, il allait encore devoir attendre un peu.
Tout ça pour dire que même si Bubo était jaloux de son physique de Don Juan en devenir, c'était pas une raison pour le tartiner de Uhu et le défigurer à vie. Ça va pas te rendre plus sexy, sympa et attirant en retour, mon vieux.

Parce qu'à ce stade, Bubo aurait carrément eu besoin du génie d'Aladdin pour y reméd-

« T'as de la chance, mon pote, j'ai justement sur moi la meilleure colle qu'on puisse rêver. Cent pour cent naturel. »

Le pauvre garçon n'eut pas à se demander longtemps si le vilain hibou tapait dans les nouveaux produits bios à la mode. Un sentiment pas franchement fugace d'horreur se lut sur son faciès aux yeux écarquillés et il redressa le dos pour lui coller de force ses deux mains devant la bouche avec un cri indigné. L'urgence de la situation l'avait empêché de freiner et s'il avait eu les biceps de Schwarzenegger, son interlocuteur aurait pu ramasser ses dents à la balayette. Coup de bol pour Bubo, il s'apparentait plutôt à une gentille crevette pas fan de sport, mais une crevette en colère.

Et comme Louis le disait toujours au Réveillon, ne jamais sous-estimer les crevettes. Sa tante avait failli s'étouffer avec un jour, c'était pas rien.

« Si tu fais ça, je te jure que je te sors mon attaque spéciale et qu'à la fin de la conversation tu seras mort. » lâcha platement le jeune garçon avec un regard censé véhiculer jusqu'à Bubo tout le sérieux et l'étendue de la menace qu'il venait de proférer. Parce que Louis n'était pas simplement une crevette, c'était une crevette Pokémon bourrée de talents et d'attaques surprises. Il ne savait pas encore comment lui faire regretter le coup du crachat s'il arrivait à défoncer la barrière de ses doigts serrés, mais il finirait par trouver un truc à la hauteur de l'affront. Oui, lui pouvait déposer sa bave où il voulait, y compris sur les autres, mais l'inverse n'allait pas de soi.

Mais peut-être que Bubo avait un passe VIP ou un coupon « bave-moi dessus pour la Saint Valentin, chéri » en poche, hmm ?

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MessageSujet: Re: Quand tu dors ...   Sam 21 Mar - 12:13

Ah ! Résistance ! Et Morphine était un petit trop occupé à paniquer pour se rendre compte que son geste aurait bien pu dégénérer si Kai ne possédait pas une telle maîtrise de sa personne. Bien que prévisible (et si ça ne l’avait pas été, le hibou aurait vraiment pensé que sa proie avait un sérieux problème), le cri de demoiselle en détresse et le vif mouvement de ses bras vers sa bouche le surprirent … jusqu’à bien lui faire recracher un peu trop précocement ce qu’il avait déjà emmagasiné dans le creux de ses joues. Ce qui … n’aurait pas fait très propre, il faut se l’avouer. Beaucoup moins en tout cas que le supplice de la bave qu’il avait préparé au départ. Mais pas tout de soucis ! Tout allait bien. Pour l’instant.
Se retenant de rire, les doigts fins (quasi féminins ; il ne manquait plus que le vernis rose qui, Kai n’en doutait pas, irait parfaitement au personnage) le bâillonnant comme si une vie en dépendait, ses yeux mi-clos dans une expression flegmatique se baissèrent vers le petit blond. Yo, seriously ? Pourquoi il le laissait pas simplement faire son travail, eh ?
Haha, pauvre petit lapin. On faisait moins le malin entre les serres du rapace.


« Si tu fais ça, je te jure que je te sors mon attaque spéciale et qu'à la fin de la conversation tu seras mort. »

Hou hou. Oh mon Dieu.
Là, ça l’intéressait. Curieux, pour le coup, Kai avait vraiment hâte de voir ce que le Docteur Morphine pouvait bien avoir en réserve … Au fond, tyranniser sans que l’autre puisse un minimum se défendre était dommage. Et si c’était du bluff ? Bah. Il n’allait quand même pas décider de fuir si vite, eh ? Lui qui l’avait réveillé exprès et tout, fait bien comprendre qu’il comptait lui tenir compagnie encore un moment … Nooon, il n’oserait vraiment pas fausser compagnie au canadien. Il ne voudrait pas le rendre tout tristesse, quand même ?
Arroseur arrosé. Il ne voulait pas le quitter, au départ, alors lui non plus, à présent. Et aucun doute qu’ils allaient s’éclater. Après, leur sens de ce terme restait encore à découvrir …

Allez, Kai consenti à desserrer la prise de ses mains et, lentement, les fit glisser jusqu’à ses cuisses qu’il tapota ; indiquant par là qu’il était prêt à subir le courroux du jeune français, une expression de défi à présent visible sur son visage. Bien entendu, il gardait toujours aussi précieusement la glaire sous sa langue, prête à être utilisée à tout moment … Que ce soit pour le visage (cible première, il ne fallait pas l’oublier), ou pour les mains, hein. Pas de ségrégation.

Mais quand même. Ce Docteur Morphine l’intriguait beaucoup … Peut-être même qu’à certains égards, on pouvait dire qu’ils se … ressemblaient ? Etre sur Euphemia l’avait changé, ça c’était sûr. Au risque d’en étonner certains, non, le fils Damon n’aurait pas toujours réagi comme il l’avait fait aujourd’hui si ça s’était passé IRL. A l’instar d’un animal sauvage qu’on aurait extrait de son milieu naturel. Et il fallait alors être soulagé que sa réaction en arrivant n’ait pas été de se laisser crever de faim.
Pour certains gamins qu’il avait pu observer du haut des arbres sucrés de Dream Land, la plupart semblaient être les plus ravis de l’univers à se trouver là. Ouais, trop génial ! Un nouveau monde sans parents, sans responsabilités ! On fait ce qu’on veut, quand on veut. Le paradis, eh ? On s’en fout de la pseudo-guerre familiale des Game Masters, ils sont tellement trop cools d’avoir créé un monde pareil ! Father c’est trop un boss et il a tellement de charme. C’est grâce à lui qu’on est là, alors on lui doit bien d’être sages.
Hm. Et à bien y réfléchir, ce genre de raisonnement n’était même pas propre qu’aux enfants ou aux habitants de l'île des bonbons. Tssk. Ce monde de merde.

Et toi, qu’est-ce que tu veux ? Qu’est-ce que tu attends ? Hein, Doc’ ?

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MessageSujet: Re: Quand tu dors ...   Ven 1 Mai - 23:52

Maintenant, il allait falloir trouver une torture assez atroce et de préférence moyenâgeuse pour faire taire le rapace qui (Morphine ne le répéterait jamais assez), avait voulu lui cracher dessus et pouvait toujours lui cracher dessus s'il avait le malheur de déverrouiller la porte. Doigts bien serrés, bras tendus à s'en rompre les muscles, le blondinet fixait Bubo d'un air de chat persan à qui on aurait coincé la queue dans une porte – les moustaches en moins. PERSONNE ne s'était un jour montré assez désobligeant pour... Enfin, si, il s'était déjà pris des crachats, en général évités de justesse grâce à ses skills d'esquive soigneusement développés lors des courses poursuites au milieu de salon avec Clémence, mais personne ne s'était jusque là affalé sur lui en lui confiant tranquillement qu'il allait vider la moitié de sa salive sur son joli visage. What quoi, berk, ça se faisait pas, c'était dégoûtant ! Son père aurait été encore plus outré que  lui.
Oui, Louis l'avouait, si lui avait menacé de le barbouiller de bave, ça aurait été super marrant. Sauf que personne en ce monde n'aimait les massages façon hibou et qu'il ne faisait pas exception à la règle. Ce qu'elle pouvait être chiante, la théorie de l'arroseur arrosé.

Peut-être que s'il le menaçait de castration, il allait ravaler sa colle magique et le laisser se redresser pour qu'il puisse le martyriser comme il se le devait. C'était lui qui n'avait jamais de chance dans l'histoire, pas Bubo ! Prêt à pleurer sur son rôle maltraité de héros justicier, le Doc' se reprit à temps et fit à nouveau grincer ses petites méninges. Castration ouais, mais comment il allait réussir à le castrer de là ? Une vierge de fer, une cage XXL pour l'empêcher de rejoindre ses arbres chéris à la tombée de la nuit, un bon pour passer toutes ses journées avec lui à partir de maintenant ? C'était fou comme les punitions atroces qui lui passaient par l'esprit incluaient presque toutes sa présence. Elle aurait dû être une bénédiction, pas un « si tu es méchant, j'appelle le Croque-Mitaine et il te dévorera tout cru ».

Il était sûr que Bubo avait même pas peur du Croque-Mitaine, en plus.

La prise se desserra, et Morphine autorisa ses muscles à se reposer un peu, sans ôter ses mains de l'auguste bouche de son agresseur. Hors de question qu'il lui postillonne dessus, que ce soit maintenant ou dans un quart d'heure. S'il devait lui coller une muselière pour qu'il se tienne sage, et bien, euh... Il lui en collerait une en réglisse. Personne aimait la réglisse, alors il risquait pas de la manger pour se libérer.
Et maintenant, Don Juan ? Louis se prit à envier Pinocchio qui, certes, était fait de bois mais qui avait au moins un criquet sympa sur l'épaule pour le sortir de toutes les mauvaises situations. Lui, il avait juste son cerveau – fertile quand il s'agissait d'aligner les bêtises, mais peu coopératif au demeurant quand sa vie était en jeu.
Et son visage était sa vie et la bave de l'acide, il aurait aimé que quiconque assiste à la scène ne l'oublie jamais.

Le jeune garçon se souvint alors qu'il lui restait encore sa bouche pour faire l'imbécile et, en désespoir de cause, décida de l'ouvrir pour noyer le silence, toujours trop pesant à son goût :

« Oui, ce sera terrible... Je pourrais te forcer à porter une jupe et faire le tour de Dream Land avec », lança-t-il sans savoir de quels tréfonds obscurs cette idée de jupe pouvait venir ; garçon, jupe, tour de la rue ou de la ville... Le truc typique des soirées alcoolisées qui se finissent mal. Enfin, au moins dans les séries américaines pour ados (dans lesquelles Morphine avait énormément de culture, surtout si elles se déroulaient dans une salle d'attente d'hôpital trop beau et propre pour être vrai).

Il lui adressa un haussement de sourcils sexy et provocateur (… peut-être) et pria pour avoir l'air crédible – et si jamais Bubo pouvait avoir une phobie intense des jupes, c'était le moment ou jamais.
Tout mais pas le crachat en pleine figure.

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MessageSujet: Re: Quand tu dors ...   Lun 1 Juin - 20:04

Tic … Tac … Tic … Tac …
Kai aurait bien fait lui-même le bruitage si sa bouche n’était toujours pas prise, d’une part par ce qu’elle contenait et, de l’autre, par une muselière de doigts. Le Doc’ faisait-il sa petite liste mentale de potentielles attaques pouvant le nuire ? Cherchait-il à déterminer, peut-être, laquelle serait la plus longue et douloureuse ? Ou bien se préparait-il juste mentalement, comme ces petits monstres qui ne peuvent user de leur attaque spéciale qu’au second tour ? Bah. Kai était loin d’être du genre impatient selon les cas, et sa curiosité était beaucoup trop forte pour qu’il ne veuille d’une façon ou d’une autre déranger le petit Louis dans sa concentration.


« Oui, ce sera terrible... Je pourrais te forcer à porter une jupe et faire le tour de Dream Land avec. »

… Okay. Ça c’était quelque chose … Mais sans doute que le pire fut le jeu de sourcils bizarre avec lequel le français accompagna sa superbe menace. EH. C’en était beaucoup trop pour Kai.
Violemment, le canadien manqua de s’étouffer dans sa propre salive, la faisant déborder sur les doigts de son otage, mais réussit malgré tout à rouler sur le côté, se tenant les côtes et riant à gorge déployée. Jesus. Seriously. Pris d’un regain d’énergie, Kai se releva illico sans prendre la peine de dépoussiérer ses habits, et courut plus loin, laissant le blond rosé gérer comme un grand le petit cadeau qu’il lui avait laissé sur les mains. Eh ! C’était même pas sa faute, d’ailleurs, il n’avait qu’à pas le faire rire !
L’adolescent s’arrêta près de la balançoire, profitant de la sûreté du lieu pour reprendre son souffle, laissant échapper encore quelques échos d’un rire franc qu’il avait décidément du mal à faire arrêter. C’était quand la dernière fois qu’il avait ri de la sorte, au juste ? Des comme ça, ça devait bien se compter sur les doigts d’une main depuis son arrivée à Euphemia. Il en oublierait presque que ça faisait un bien fou.
Réunissant ses forces et surpassant la douleur des muscles de son visage, Kai se retourna vers son jeune camarade et lui lança le plus fort possible :


« T’as réussi ton coup, Docteur, tu m’as tué ! »

Il en avait douté, pourtant. Quelle mauvaise langue, ce hibou ! Ce pouvoir était vraiment incroyable et destructeur, eh.
Continuant de rire, mais à plus basse fréquence, Kai rejoignit l’un des sièges de la balançoire, y posa son pieds et se hissa à l’aide des cordes. Ainsi debout, le canadien commença à faire des mouvements de hanche d’en avant en arrière, lui donnant alors l’impulsion nécessaire pour se balancer.
Tout ça n’avait pas de grande logique, mais il s’en fichait. Il ne comptait pas encore s’envoler dans les ombres de la nuit, que Louis ne s’en fasse pas. Le garçon avait réussi à trouver un délicieux appât à mettre sur sa ligne que le gros poisson ne se gênerait pas de gober.
D’autant plus que là, finalement, il l’avait eu sa pommade … La punition ne saurait tarder, c’est ça, eh ? Il avait dit quoi déjà ? Lui faire porter une jupe et faire le tour de Dream Land avec, hm ? Mais quand tu veux, sweetie. Déjà que Kai ne connaissait que très peu la honte, alors mettre une jupe devrait bien être la dernière chose qui pourrait l’humilier. On ne pouvait pas non plus féliciter l’imagination de Morphine, pour le coup, car ça restait plutôt bateau hein ! Next. Il fera mieux la prochaine fois, peut-être. Allez, faudrait pas qu’il le déçoive, pas vrai ?

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MessageSujet: Re: Quand tu dors ...   Mer 3 Juin - 21:49

Persuadé d'avoir lancé la pire menace au monde (ou tentant activement de s'en persuader, tel un Hun face à la muraille de Chine), Louis ne s'attendait pas à ce qu'on lui rit au nez, ni à ce qu'on lui bave dessus – et le très bref éclat qui crépita dans les yeux du hibou ne suffit pas à lui faire ravaler le cri qui fusa à travers le parc désert une fois la « colle » ayant débordé du récipient. Récipient qui, hilare, s'esclaffait à s'en éclater les poumons juste à côté de lui ; si le jeune garçon n'avait pas été occupé à agiter ses précieuses mains dans l'espoir de faire sécher la dégoûtante salive à grands renforts d'insultes colorées, il s'en serait pris une en pleine figure.
Et inutile de préciser qu'un poing de Morphine dans le nez, ça faisait au moins aussi mal qu'un tremblement de terre de magnitude 10,5 en pleine Californie. Outré jusqu'à la moelle, récitant toujours un mantra destiné à lui faire garder un calme d'ores et déjà parti en fumée, il entendit à peine Bubo lui lancer :

« T’as réussi ton coup, Docteur, tu m’as tué ! »

Louis le chercha des yeux et lui tira la langue, passant ses mains dans la poussière pour les essuyer. Hors de question d'abîmer ses jolis vêtements pour lui. S'il n'avait pas été tant obsédé par la propreté de ses mains, il aurait pu jouir de sa brève victoire et surtout du fait qu'il avait failli faire s'étrangler Bubo avec sa salive ; qui avait l'air le plus crétin des deux, maintenant ? Avec une œillade désolée à ses mains poisseuses de crachat et de gravillons, Morphine se redressa sur ses deux jambes, tanguant un instant avant de retrouver la stabilité suffisante pour faire un pas en direction des balançoires. Il aurait pu violemment apostropher le hibou mal élevé, lui déclamer une longue tirade comme quoi il avait fichu ses vêtements en l'air, l'avait agressé, avait balancé sa sucette, lui avait craché dessus, tout un tas de petit détails désagréables auxquels il n'avait pas pensé en lui plantant ledit bâton sucré dans les cheveux. Mais c'est ma faute, hein ? L'ironie chassa vite la bouffée d’orgueil mal placé qui s'était insinué jusqu'à sa gorge, et Louis se remit à sourire, passant derrière le garçon qui se balançait doucement.
Il ne pouvait pas nier, c'était lui qui avait cherché la bagarre. Mais face à un adversaire qui passait son temps à le mener d'arbres vides en fausses pistes, que  pouvait-il faire d'autre ? Et dire que s'il avait accepté de répondre à une ou deux questions, ils auraient pu devenir les meilleurs amis du monde ! Que de potentiel relationnel gâché pour un simple caprice d'adolescent en phase terminale de rébellion. En passant, quel âge il pouvait bien avoir, l'oiseau sans plumes ?

« Ravi de te faire rire, lâcha-t-il finalement avec une emphase moqueuse, mais j'aurais préféré te faire pleurer, c'est tellement plus cool. »

Il posa les mains contre le dos de Bubo, essuyant bien les restes de saletés sur le tissu du vêtement, avant d'envoyer une impulsion ridicule à travers la ferraille du portique. S'il ne prenait pas du muscle un jour ou l'autre, il n'arriverait même pas à pousser ses enfants, quand il en aurait. S'il en avait un jour.
Il leva le menton vers le ciel dégagé et lumineux, plissant les yeux sans rien distinguer d'autre que du bleu à perte de vue. Pas d'oiseaux, pas de nuages, rien. Sans mauvaise humeur mais avec l'impatience feinte d'un enfant vexé, il se saisit d'une des cordes de la nacelle que Bubo squattait pour secouer le volatile de la tête aux pieds. Comme s'il allait le laisser tranquille après qu'il lui ait volontairement bavé dessus ! C'était quasiment un attentat, à ce stade. Le temps qu'il trouve comment se venger, inutile d'espérer s'envoler vers d'autres cieux.
Louis se sentait prêt, s'il le fallait, à lui tenir les jambes et se faire traîner sur plusieurs kilomètres jusqu'à découvrir sa planque secrète – celle qu'il ne connaissait pas (encore) parce que ses talents d'inspecteur Gadget s'arrêtaient là.

« Tu penses que t'en auras marre au bout de combien de temps, si je continue à faire ça ? » voulut s'informer Louis, poli, histoire de savoir qui des deux allait en avoir marre avant l'autre ; un bras rempli de fourmis, c'était pas super pratique pour s'accrocher aux criminels.

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MessageSujet: Re: Quand tu dors ...   Lun 15 Juin - 2:36

Depuis son perchoir le berçant d’avant en arrière, Kai regardait la silhouette de Morphine s’afférer à le rejoindre, beaucoup moins excité qu’il ne l’aurait pensé au préalable. Il aurait pu lui crier dessus comme une petite vieille outrée, mais non, tout allait bien. Souriant alors qu’il l’atteignait, le français continuait de dégager son insolence adolescente comme si rien de tout ça ne s’était produit, plus ou moins. Bien, impressionnant, ça méritait un bon point, une petite étoile sur le front.

« Ravi de te faire rire, mais j'aurais préféré te faire pleurer, c'est tellement plus cool. »

Kai répondit simplement par un grand sourire, dévoilant ses rangées de dents alignées et blanches. Cause toujours. Faire pleurer les petites filles ne devrait plus être de ton âge, voyons, un peu de maturité. Le canadien ne bougea pas plus cependant, pas tellement effrayé par le gringalet qui se faufilait sans sournoiserie derrière son dos, et ce juste pour l’action bien prévisible de s’essuyer la main sur ses vêtements à lui. Pas de soucis, eh. Continuant de se balancer joyeusement, Kai commença même à fredonner un petit air qu’il avait appris autour du feu, mais se fit bien vite sauvagement interrompre par le blond rosé. Tel le sonneur de cloche pour lui rappeler son existence, le jeune garçon secouait frénétiquement les nacelles de son piédestal. Rien de bien grave qui l’en aurait fait tomber, mais assez pour le gêner légèrement, tout de même.

« Tu penses que t'en auras marre au bout de combien de temps, si je continue à faire ça ? »

S’accrochant sans pour autant se laisser démonter, Kai regardait son bourreau de haut les sourcils bien haussés. Se faire cracher dessus ne lui suffisait pas, un peu de vomi le tentait ? Heureusement pour lui, le hibou avait un appétit d’oiseau ces derniers temps, et n’était pas non plus spécialement sujet au mal de l’air. Il consentit donc à répondre, malgré les secousses :

« J’en ai eu marre dès l’instant où je me suis connecté à ce jeu, tu peux rien faire de plus. I don’t give a fuck anymore. »

Malheureusement, c’était ça sa nouvelle vie. Ça craignait, ouais. Beaucoup. On ne pouvait vraiment pas lui en vouloir sa mauvaise humeur, hein ?
Commençant à s’habituer au nouveau rythme de balancement digne d’un cyclone un peu timide, Kai se décida à imposer un peu son grain de sel. Il n’allait pas laisser le Docteur Morphine s’amuser tout seul non plus, quand même ! S’accrochant fermement à l’une des cordes, l’enroulant autour de son poignet jusqu’à son coude, le canadien s’amusa à diriger le siège de la balançoire telle une planche de surf afin de donner des petits coups à Louis. Rien de bien méchant et tout aussi inoffensif que des coups de cuillère, mais ça lui faisait plaisir.


« Et toi ? »

Pas qu’il doutait des capacités d’emmerdeur du Docteur, loin de là. Il était même plutôt rôdé à présent. Mais aussi motivé que l’on pouvait être, malheureusement, le corps n’était pas toujours capable de suivre la cadence … Et vue la carrure du Petit Louis, eh bah … Eh bah voilà, quoi.

OvO :
 

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MessageSujet: Re: Quand tu dors ...   Ven 28 Aoû - 17:24

« J’en ai eu marre dès l’instant où je me suis connecté à ce jeu, tu peux rien faire de plus. I don’t give a fuck anymore. »

Avec un bruit de ballon de baudruche qu'on dégonfle, le Doc' leva les yeux au ciel, l'image même de l'exaspération. Rooooh, il allait pas lui faire son numéro de victime blasée, quand même ? C'était pas si terrible que ça ici, fallait juste prendre la chose avec philosophie ! Du genre « de toute façon, on finira par sortir un jour ». Louis, lui, ne voyait pas les choses autrement (du moins s'en efforçait-il, c'était trop triste autrement) ; alors si lui pouvait faire un effort et arrêter de se plaindre, Bubo pouvait sûrement faire pareil ! Il voulait pas être le dernier à broyer du noir dans son coin, hein ? Dormir toute la journée et sortir la nuit pour effrayer les enfants n'allait pas améliorer son humeur, Morphine était prêt à y mettre son aile à couper ! L'aile de hibou qu'il n'avait pas, oui, parfaitement – mais Bubo avait assez de plumes pour deux. Fidèle à son poste d'emmerdeur professionnel, la réponse inattendue de Bubo, ou plutôt qu'il n'attendait pas, ne l'empêcha pas de continuer à balancer son pauvre ami de droite à gauche. Eh, fallait bien gagner sa vie.

Louis aurait vachement aimé être rémunéré rubis sur l'ongle pour toutes les conneries qu'il faisait à l'heure. Il aurait été su-per riche (un peu comme IRL, ça lui manquait parfois). Il aurait pu s'acheter toutes les glaces qu'il voulait et – EH !
Le petit fit un bond sur place et ravala le cri surpris qui avait grimpé le long de son œsophage. Aaah, alors comme ça le pigeon voulait la guerre ? S'il marquait sa peau d'albâtre avec ses coups de siège, il allait faire pire que l'emmerder ou le forcer à porter une jupe et faire le tour de Dream Land avec. Qu'il s'abîme allégrement ne signifiait en aucun cas qu'on puisse faire de même : se faire des bleus était un privilège personnel.

Sûrement pas celui des autres, non mais oh.

« Et toi ? »

Moi quoi ? Faillit lâcher Louis tel le pire des imbéciles, avant de faire un effort pour recoller les bouts de la conversation, de laquelle il s'était un peu éloigné. Les berges fertiles de son imagination n'y étaient pas pour rien. Droit sur ses bottes et faisant preuve d'un grand self-control pour ignorer les lâches attaques de Bubo, il dit à son pas si ami que ça d'un ton volontairement égal et sérieux :

« J'en aurai jamais marre. Tu me déranges pas du tout, je peux continuer à faire ça jusqu'à la fin des temps. »

Jusqu'à ce que le ciel nous tombe sur la tête, rien que ça. Sa peau délicate allait en avoir marre avant lui mais, eh, qui savait ; peut-être que son gros ego allait lui fermer le clapet en deux temps trois mouvements pour lui éviter de perdre le jeu. L'avantage, songea Louis en fixant Bubo avec un grand sourire, c'était que le volatile en avait déjà marre. Depuis le début, parait-il. C'était un peu comme s'il avait perdu avant même d'avoir commencé, non ?
Il secoua la corde un peu plus fort. Il n'allait pas lui faire part de son opinion sur l'efficacité de bouder dans son coin tout en crachant sur n'importe qui tentait de faire ami-ami avec lui, mais ça n'allait pas l'empêcher de le penser très trèèès fort. L'autre s'en foutait sûrement, au fond, Louis ne savait même pas pourquoi il fermait sa grande bouche. Comment il comptait tenir jusqu'à la fin, sans chouettes connaissances sur lesquelles se reposer et avec lesquelles aller explorer des châteaux de guimauve ?

Non, vraiment : il lui faisait une fleur à le distraire, il en était persuadé. Personne n'était aussi gentil et désintéressé que lui, décidément.

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MessageSujet: Re: Quand tu dors ...   Dim 6 Sep - 17:01

« J'en aurai jamais marre. Tu me déranges pas du tout, je peux continuer à faire ça jusqu'à la fin des temps. »

Wow. « Il en faut peu pour être heureux », comme on dit, c’est ça ? Quel gamin insupportable. Kai en soupirerait presque de dépit s’il n’était pas aussi occupé à tenir debout. C’était qu’en plus il avait accéléré la cadence, le sale gosse, eh. M’enfin, comme si ça devait le surprendre ? C’était Louis, quoi, Docteur Morphine. Le peu de temps (qu’il ne qualifierait pas vraiment comme "peu", soit dit en passant) qu’ils avaient passé ensemble lui avait suffi pour relativement bien cerner le personnage. D’un autre côté, et bien que ça pourrait paraître paradoxal, le canadien trouvait ça bien. Ouais, au risque de surprendre, il l’aimait bien. Même s’il était loin d’être d’accord avec sa façon de penser, bien sûr, mais il n’était pas extrémiste au point de ne pas la tolérer en haussant des épaules.

« T’as vraiment des objectifs de vie grandioses, toi. »

Fit-il avec tout le cynisme dont il était pourvu.
Kai ne doutait aucunement de Louis, très franchement. S’il lui demandait s’il n’aurait pas quelqu’un de mieux à embêter, pour sûr que la réponse serait négative. Qu’est-ce qui l’intéressait tant, chez lui, eh ? Certainement pas son charisme. Peut-être ses superbes imitations du hibou. Ouais, quelque chose dans ce genre-là. Enfin bon, peu importe ses raisons, ça ne changerait pas la situation : Morphine était là et n’en démordrait pas.
Lassé de se faire balloter comme une vulgaire bouée, à un point qu’il ne pouvait plus faire ses petites feintes pour frapper le blondinet avec la planche de la balançoire sans craindre de tomber, Kai leva les yeux et chercha un nouveau plan. Celui-ci n’attendit pas avant de lui apparaître comme une évidence.
Avec un excès de zèle, Kai abandonna l’un des liens de la planche pour mieux s’accrocher à l’autre avant d’y grimper et d’attraper la barre soutenant l’entièreté de la structure. A la manière d’un chat, d’un singe ou d’en tout cas n’importe quel animal à l’agilité incroyable, l’adolescent réussit à s’y hisser d’un jeu de jambes et s’y asseoir tranquillement. L’opération avait été risquée, mais il ne s’en était nullement inquiété … Ou alors juste le temps d’une microseconde, alors que la ferraille grinçait dangereusement, pas vraiment fabriquée dans l’optique de recevoir des oiseaux aussi gros là où personne n’était censé monter. Ne le prenez pas pour exemple, les enfants.
Heureusement pour lui (et Louis toujours en dessous), la balançoire tint bon.

Depuis son perchoir tout neuf (au confort relatif, mais ça ne le dérangeait pas), Kai glissa légèrement et prudemment sur le côté pour rééquilibrer les poids avant de baisser son regard vers son fidèle compagnon aux mèches roses :
 

« Ben, ok. Je t’attends. Viens, eh. »

Si tu en es capable …
Vu ses talents de grimpeur d’arbres … Hm, le canadien ne savait pas ce que le Docteur comptait faire. M’enfin qui savait, il cachait peut-être autre chose que des sucettes dans ses poches qui viendraient le surprendre. Il ne demandait que ça.

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MessageSujet: Re: Quand tu dors ...   Mer 23 Sep - 18:35

« T’as vraiment des objectifs de vie grandioses, toi. »

Un sourire entendu le laissa exhiber un bref instant ses dents blanches.

« Et encore, t'en as pas entendu la moitié. »

Nul doute que Bubo aurait sans doute aimé s'asseoir pour qu'il lui en dise plus ; comment il comptait gagner sa vie si ses talents d'infirmier n'étaient pas à la hauteur, comment il comptait se distinguer des autres concurrents dans une toute nouvelle télé-réalité pour gosses de riches en mal de boulot. Et si entendre parler de « là-bas » ne plaisait pas à Grincheux, il pouvait aussi lui déballer tout le contenu de sa matinée. Comment, à Euphemia, il s'était juré d'un jour réussir à cuisiner le plus gros gâteau de tout le jeu sans finir noyé dans la pâte ou le glaçage. Comment il s’entraînait en attendant sur des modèles réduits du futur Cakezilla et comment il ratait à chaque fois quelque chose dans la recette. C'était fou de pas savoir suivre une liste à la lettre ; Louis s'était toujours dit que quelque chose devait clocher dans sa petite caboche, quelque chose qui l'empêchait d'être pâtissier cinq étoiles en plein cœur de Paris. Son père aurait sûrement préféré le voir couvert de farine qu'entouré de cancéreux du matin jusqu'au soir ; ça avait beau pas s'attraper, c'était pas le décor le plus joyeux du monde.
Mais lui, si ça lui plaisait.

Morphine, ainsi penché sur de profondes considérations, voulut demander à son ami ce qu'il pensait du cancer et de l'euthanasie. Si, par pure bonté, on piquait les volatiles malpolis et déprimants dans son coin paumé du monde (sûrement rempli de forêts et de monstres féroces) : Bubo choisit cet instant béni où le petit était en phase de transition pensée à parole pour se hisser sur le haut du portique, envoyant comme un tremblement de terre à travers toute la structure métallique. Sentant la corde délaissée tressauter sous ses doigts, il jeta à la balançoire un regard méfiant. Si ce truc s'écroulait sur lui, il donnait pas cher de sa petite peau de Dreamlandien.
Et l'autre qui prenait le temps de se payer sa tête avant d'admirer le paysage :

« Ben, ok. Je t’attends. Viens, eh. »

Ahah, mort de lol. Louis garda pour lui un gonflement de joues bien placé et mit ses poings sur ses hanches pour donner plus de ton à son indignation – laquelle ne ressortait en fin de compte que par ce geste :

« Si tu casses la balançoire, les enfants vont pleurer, et tu seras officiellement un monstre. »

Le tout en se rendant bien compte que le bien-être des petits PNJs qui couraient le parc aux heures les plus chaudes de l'après-midi devait être le cadet des soucis de Bubo. Déjà qu'ils n'avaient pas le droit de s'y rendre pour l'instant, inutile de leur rendre leur parc préféré en miettes ! Décidément, certains n'avaient vraiment pas de cœur.
Une évaluation rapide de la distance entre le haut du portique et le sol parvint à convaincre Louis que s'il grimpait, il allait se faire mal, ou faire basculer la structure toute entière – il avait beau être tout léger, la balançoire n'allait sûrement pas prendre en compte son poids plume avant de s'affaisser. C'était sur les sièges qu'il fallait se balancer, pas tout en haut !

Il l'aurait fait, s'il avait été seul ou avec sa sœur. Bubo ne lui donnait plus envie de l'imiter après quatre-vingt sept chutes du haut d'un arbre traître et toute la douleur qui avait suivie. Louis était un aventurier prudent, mais un aventurier prudent, oui mesdames.
Il préférait le bois au fer, bien plus susceptible de le blesser  si jamais.

Et, pour faire part de son opinion au rustre qui se jouait de ses pauvres sentiments de shoujo princess collée au sol, il secoua un bon coup le portique.
C'est qui le monstre, maintenant?

« Je préfère que tu viennes à moi, sans te vexer ! »

C'était bien plus gratifiant de voir quelqu'un tomber à ses pieds.

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MessageSujet: Re: Quand tu dors ...   Dim 18 Oct - 22:52

Ça … Malheureusement, il s’en doutait que Louis avait plus d’un tour dans le sac à malice qui lui tenait lieu de cerveau. Force était de constater que malgré leurs nombreuses et longues rencontres, l’adolescent avait toujours, toujours, quelque chose à dire. Il allait bien dans le décor de Dream Land, quoi, même si Kai n’était pas de ceux qui jugent sur les apparences. Après tout, le français aurait aussi bien pu être de Crimson District. Il aurait pu, genre, trouver ça rigolo de jouer aux vampires dans les rues sombres et soit disant malfamées. Vu le spécimen, ça ne l’aurait pas du tout étonné. Mais non, il avait bel et bien choisi l’île des bonbons à son arrivée. Au moins avait-il droit à réserve illimité VIP de sucreries. A tel point qu’en gaspiller une ne le dérangeait absolument, songea Kai en se triturant l’arrière de sa tête, sentant toujours la sucette qui y était coincée.

« Si tu casses la balançoire, les enfants vont pleurer, et tu seras officiellement un monstre. »

Hof, la belle affaire. Si l’on ne comptait pas sur le fait que ça ne devait pas être bien dur de réparer une balançoire en pixels, la marmaille n’aurait qu’à jouer à autre chose ! Le parc était assez grand pour ça. Et peu importe combien de temps ils resteraient là à faire leur petit manège du chat et du hibou, Kai ne pensait pas qu’ils seraient capable de mettre la zone de jeu totalement sens dessus dessous à eux tous seuls. Quand même. Dans le cas contraire c’était aux Game Masters qu’il allait falloir se plaindre, pas à lui. Mettre en place des trucs qui se casse en deux-deux, c’était pas super malin.

« Je préfère que tu viennes à moi, sans te vexer ! »

Ouais, c’est ça.
Kai roula des yeux et poussa un soupir exagérément déçu. Lui qui pensait s’être montré un parfait Maître et l’avoir super bien entraîné avec ses arbres ! Enfin bon, malgré sa ténacité, Louis ne restait pas très doué. Loin du scarabée, le gosse avait plus des allures de poupée. Ne soyons donc pas étonné que tester ses talents sur la structure de ferraille ne l’inspire pas plus que ça.
Cependant, c’était quoi ce délire constant qu’avaient les gens à vouloir qu’il descende ? Il était bien où il était et affectionnait toujours ses perchoirs, pourtant on finissait toujours par l’y déloger. Le canadien ne ferait aujourd’hui pas le fier en assurant qu’il ne bougerait pas pour ses beaux yeux, mais ne comptait pas non plus se soumettre aussi vite. Ce serait mal le connaître.


« Ah bah, ça n’arrivera pas à moins que je me casse la gueule avec la balançoire. »

Et vu comment la bête grinçait rien qu’à la force des pichenettes de Louis … Hmm … Mais bon, restons confiant, ça ne voulait peut-être rien dire. Au pire, c’était quoi un genou retourné.

« Mais tu l’as dit toi-même, ça te ferait pleurer, eh ? Et sur qui Monsieur voudra se moucher, hein, je me demande. »

L’air faussement outré, Kai détourna le regard dans la direction opposée.

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MessageSujet: Re: Quand tu dors ...   Lun 14 Mar - 18:50

« Ah bah, ça n’arrivera pas à moins que je me casse la gueule avec la balançoire. »

Ah bha s'il lui donnait des idées en plus de ça, hein ! Le Doc' se sentait tel le vaillant héros auquel on souffle la solution au bout de dix secondes de combat – parce qu'à part les biceps, le pauvre avait pas grand chose pour lui. Sans un regard à ses bras de crevette, bien loin de ceux de tous les Rambo du monde, Louis adressa à Bubo un sourire candide et innocent. S'il secouait ce machin assez longtemps, il allait bien finir par lui arracher une jambe et faire basculer toute la structure. Il allait s'y mettre, en bon petit soldat, quand une vision de désespoir s'imposa à lui et crispa ses doigts à deux centimètres du métal. Ouais mais s'il faisait ça...

« Mais tu l’as dit toi-même, ça te ferait pleurer, eh ? Et sur qui Monsieur voudra se moucher, hein, je me demande. »

Louis poussa une plainte terrible et abattit son épaule contre la balançoire, envoyant un nouveau raz-de-marée à travers les os du jouet maltraité. Si Bubo avait pu l'aider un peu, aussi ! C'était pas croyable d'être aussi grincheux et incompréhensif ; peut-être qu'il avait vécu toute sa vie dans un sapin en compagnie de maman et papa hibou, mais lui avait grandi en plein cœur de Paris, et c'étaient pas les arbres du parc qui l'avaient aidé à devenir un pro de la grimpe improvisée. Déjà, il avait pas envie de se péter une jambe, même virtuelle. Ça faisait putain de mal. Et de deux, se casser la figure en voulant rejoindre Bubo aurait fait de lui le faible de l'histoire. Il arrivait parfois à son côté fier de mâle alpha de ressortir et lui pincer le cœur, et dans ces moments-là, Louis pouvait se montrer aussi buté qu'un ministre de l'éducation face à une réforme pourrie.
Alternative, mon capitaine, alternative. Le jeune garçon dévisagea un long moment son ami depuis le sol, puis un sourire mauvais se dessina sur ses lèvres. Il avait qu'à lui faire regretter d'avoir refusé de descendre ! A quatorze ans et encore au collège, Louis connaissait un moyen sûr d'y parvenir. Bon, Bubo était pas une fille et il risquait un renvoi plutôt violent, mais la chose se tentait. Avec un peu de chance, le hibou serait tellement surpris qu'il en basculerait aussi sec.

Wohoho. Restait plus qu'à relever le défi de l'Himalaya. Peu assuré mais déterminé, Morphine s'aida de la barre horizontale qui retenait les deux pieds pour se hisser à quasi hauteur de l’oiseau de mauvais augure. Après plusieurs tentatives infructueuses pour atteindre le sommet, il parvint à s'y asseoir à grands renforts de gestes idiots. Il aurait plus manqué qu'il tombe avant d'avoir accompli son sombre dessein ! Je veux pas avoir fait tout ça pour rien, songea l'empêcheur de tourner en rond en se rapprochant avec mille précautions de Bubo. Une fois à côté de lui, il poussa un soupir satisfait, admira le paysage trente bonnes secondes et lui tapota l'épaule.
Ce truc marchait à chaque fois ; c'était marrant de voir que peu importe le pays, l'âge ou les aptitudes, les gens restaient faillibles aux mêmes tactiques de bac à sable. Tel le goujat qu'il était depuis la maternelle, Louis n'attendit pas que Bubo lui demande ce qu'il voulait pour l'embrasser avec passion – il eut juste le temps de poser le baiser le plus chaste du monde sur ses lèvres avant de partir à la renverse avec un cri aigu très désagréable pour les tympans.

Il s'attendit à un choc, à la douleur, mais ses genoux restés vissés à la balançoire lui sauvèrent la mise. Il fronça les sourcils, contemplant le parc tête à l'envers. C'était bien sa veine, bleh. Ses doigts agrippèrent la corde de la nacelle, juste au cas où, et il entreprit de remonter son poids plume à l'endroit avant que le sang ne remonte à sa tête et fasse exploser le peu de neurones qu'il lui restait.

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MessageSujet: Re: Quand tu dors ...   Jeu 7 Avr - 16:30

Ouh. Il n’y tenait pas tant que ça à sa foutue balançoire, alors ? Encore un peu et Kai l’aurait avalée, la poussière. Ensuite, les rires tonitruants du petit français n’auraient pas manqué de lui percer ses pauvres oreilles. Heureusement, le canadien s’était vite rattrapé après la secousse inattendue, jetant un regard furibond à son camarade d’en bas … qui, lui, le dévisageait, avant de soudainement sourire. On aurait presque pu voir la petite ampoule s’illuminer au-dessus de sa tête, vraiment. Piqué au vif, Kai arqua un sourcil, curieux de voir ce que le blondirosé préparait.
Jambes croisées, mains accrochées à la barre où il était assis, le garçon ne lâcha pas du regard le Doc Morphine dans sa sublime ascension. Ni moqueries et encore moins d’encouragements ne dépassèrent la barrière de ses lèvres. Kai n’exprimait en fait rien de particulier. Intérieurement, pourtant, il était plutôt content. Ça, il ne pouvait nier que Louis en avait à revendre. Il n’allait quand même pas se laisser faire par un hibou comme lui, hein ? Tant mieux. C’était bien sûr plus marrant quand on lui répondait. La réciproque était sans doute juste.

Sans bouger, Kai laissa donc le prédateur s’approcher façon chenille, jusqu’à ce qu’il s’arrête et admire le paysage. Ok. Kai cligna des yeux, s’étant attendu à ce qu’il dise quelque chose ou se vante au moins de ses supers capacités de grimpeur mais … non ? Juste, ok, alors. Le canadien ne put s’empêcher d’imiter son soupir et de regarder ailleurs, pour changer. Il faisait jour, mais le parc était calme. Quelque chose d’assez incroyable et rare pour être noté tout autant qu’apprécié à sa juste vale-… Qu- ?

Une seconde maximum.
C’était stupide de s’être fait avoir comme ça. Pour un hibou, il faisait vraiment pitié avec son niveau de vigilance qui se laissait berner par un tour vieux comme le monde. Lèvres plus pincées que jamais, son visage pris une expression consternée alors que Louis passait par-dessus bord. Il n’aurait su dire ce qu’il en pensait. Au moins, Louis pouvait se vanter de l’avoir surpris pour de vrai.

Alors qu’il retrouvait sa place, Kai lui ayant laissant le temps, le hibou continua de le fixa intensément avant de se pencher dans sa direction jusqu’à s’arrêter à quelques centimètres de son épaule.


« T’es vraiment grave. »

Lâcha-t-il simplement. Ouais, il n’avait rien trouvé de mieux à dire, malheureusement.

« C’est ton côté français pervers, ou bien tu viens d’utiliser un pouvoir sur moi ? »

Vu l’univers où ils étaient coincés, ça ça ne l’aurait pas étonné. Que ce mec ait pu demander au grand programme vidéo-ludique de lui octroyer le don de transformer en grenouille tous ceux qu’il embrassait n’était guère surprenant, vu le personnage. Heureusement, sa peau n’avait pas encore viré au vert, alors ça laissait de l’espoir que le gamin ne soit qu’un violeur très précoce.
C’était donc ça, sa super idée ? Sa douce vengeance ? Quand même.

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MessageSujet: Re: Quand tu dors ...   Jeu 1 Déc - 17:38

Il voulait le faire tomber et c'était lui qui tombait ; ça craint, gémit intérieurement notre ami, le tout en galérant sec à se réinstaller correctement. Son équilibre lui semblait plus précaire qu'auparavant et il avait du mal à se réhabituer à tout voir à l'endroit. Il était tellement adaptable qu'une demi-seconde lui permettait d'entrer en symbiose complète avec son environnement.
Plutôt que s'en vanter à voix haute, il préféra se stabiliser afin d'éviter la vraie grosse chute qui lui aurait filé trois bosses grosses comme la tour Eiffel. Son pauvre crâne de future star du cinéma ne méritait clairement pas ça.

Eh, il aurait pu présenter la météo, aussi. Pas mal comme job d'été.

« T’es vraiment grave. »

Louis le fixa un moment avant de sourire et approuver d'un geste énergique. On le lui avait déjà dit, et ce n'était sans doute pas la dernière fois qu'il l'entendait ! C'était un doux carillon à ses oreilles meurtries par les basses moqueries de ses méchants camarades de classe ; la voix de Bubo avait le mérite de lui mettre du baume au cœur. Louis savait pertinemment qu'il le pensait dans le sens mélioratif du terme, comme il restait persuadé que son voisin n'avait eu ni le temps ni les conséquences suffisants pour réellement le détester.
Ah, comme les enfants sont turbulents, songea-t-il sans penser à s'inclure dans le lot.

« C’est ton côté français pervers, ou bien tu viens d’utiliser un pouvoir sur moi ? »

Une nouvelle ampoule s'alluma au-dessus de sa petite tête blonde. Son côté français pervers ? Naaan, il n'était pas de ce genre là ; il lui manquait la majorité et la belle limousine pour ça. On avait beau dire, la bicyclette n'avait pas le même effet sur les charmantes demoiselles. C'était idiot, d'ailleurs, parce que pédaler avec une princesse sur le porte-bagage demandait bien plus d'efforts que faire tourner une clé pour allumer le moteur. Encore une fois, les filles se montraient fort ingrates et bien trop exigeantes envers leurs homologues masculins. Louis en aurait versé une larme émue si Bubo ne lui avait pas rappelé qu'il était une boîte ambulante de bonne humeur.

Il ouvrit grand les bras, au risque de repartir à la renverse.

« Je suis pas pervers, oh, je suis même le plus correct des garçons du monde. Et j'ai pas encore utilisé mon pouvoir. Tu veux vérifier ? »

Il ne lui laissa pas le temps de lâcher un « merci sans façon » qu'il aurait à tous les coups accompagné d'une blessante esquive. Il referma ses petits bras sur lui et lui donna le plus beau et le plus chaleureux câlin de toute sa vie de hibou : pas besoin de se formaliser de la proximité, hein. Ils étaient intimes depuis qu'il l'avait embrassé.
Sans penser au risque qu'ils avaient d'atterrir par terre ou d'envoyer le portique à terre à gesticuler de la sorte, il chercha à le garder un maximum contre lui, histoire que son pouvoir ait bien le temps d'imprégner les plumes grincheuses de Bubo. Trois ou quatre câlins n'auraient pas été de trop, à son stade, mais arriver à lui en donner un tenait déjà du miracle.

Ce n'était pas tous les jours que môssieur se mettait à sa portée.

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MessageSujet: Re: Quand tu dors ...   Dim 8 Jan - 0:49

Et le voilà content. Ça allait de l'encourager dans ses démarches ? Ah. Peu importe. Il valait mieux laisser les enfants innocents s'amuser. Ça lui faisait plaisir à lui aussi. Sa meilleure poker face au visage, Kai attendait que son jeune ami lui avoue tout ou lui joue un nouveau tour. Il se faisait tellement dominer, eh.

« Je suis pas pervers, oh, je suis même le plus correct des garçons du monde. Et j'ai pas encore utilisé mon pouvoir. Tu veux vérifier ? »

Qu'il ouvre ses bras comme ça, juste après avoir manqué de chuter de leur perchoir, ce mec était vraiment imprudent. En plus d'être complètement impoli. S'il posait une question, il pourrait au moins lui laisser le temps de répondre. Certes, il se doutait sûrement de sa réplique. Mais quand même.
En prisonnier crispé par le câlin destructeur proche du harcèlement sexuel, Kai voulut pester sa mauvaise humeur mais n'en eut malheureusement pas le temps.


« Qu'est-ce qu-... aaaaahhh ... »

Une drôle de sensation de chaleur l'envahissait soudainement. Il se sentait comme dans un nid de plume agréable ... Un endroit rassurant où il pourrait dormir en paix pour le restant de sa vie. Ses yeux se fermèrent et ses muscles se détendirent instantanément. Le français avait gagné la partie. Et il sentait vraiment bon.
Rempli de cette nouvelle force, ses bras s'enroulèrent à leur tour autour du garçon et le serrèrent quasiment aussi fort. Sous ses vieux airs, Kai n'était pas un vieux grincheux détestant les câlins. Son amie Coraline qui était pour lui la meilleure dans ce domaine venait de se faire détrôner à plate couture d'ailleurs. Certes le blond trichait honteusement mais. Voilà. Ça ne changeait rien sur le moment.

Cependant, avec les deux dans une telle position et Kai qui avait abandonné tout son poids sur Louis tout en se souciant beaucoup plus de rester dans ses bras que sur la balançoire en elle-même ... Leur chute en arrière semblait inéluctable.
Il resta sourd au danger, à la perte d'équilibre et encore plus à la douleur dans ses côtes quand ils atterrirent sur le sol mou coloré. Cette dernière, il ne la sentait même pas, encore enivré par ce que lui avait fait le Docteur Morphine. Ah. D'accord. Ça s'éclairait un peu.


« Doc' ... ça vaaaa ? »

S'enquit-il malgré tout, bien qu'aucune inquiétude ne résidait ni dans son esprit, ni dans sa voix. A vrai dire, elle était même plutôt ensommeillée.
Les yeux de Kai étaient toujours fermés et il n'avait aucunement lâché son agresseur. Ne comptait pas non plus, en fait.


« On t'a déjà dit que tu étais super confortable ? Mhhhh ... »

Un petit rire s'échappa d'entre ses lèvres. Ha ha ha.
C'était à la fois mieux et pire que de se retrouver transformé en crapaud.

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MessageSujet: Re: Quand tu dors ...   Ven 5 Jan - 19:18

En sentant les bras de Bubo l’étreindre à leur tour, Louis sentit qu’il avait gagné quelque chose ; une bataille, une guerre mondiale, quelque chose du genre. Il était de Gaulle descendant les Champs Élysées, l’armée Mongole détruisant la grande muraille pierre par pierre, Napoléon ayant finalement écrasé les allemands à Waterloo. Il se sentait puissant, heureux, il avait accompli ce pour quoi Dieu lui avait confié son pouvoir ; rendre les grognons heureux.
L’effet allait fatalement se dissiper et Bubo retournerait vivre le restant de ses jours d’ermite en haut d’un sapin, mais Louis avait été digne de Mère Teresa pour quelques minutes et c’était tout ce qui comptait à ses yeux. Il avait été le premier à lâcher la rampe et ne se formalisa pas de la manière dont ils tanguèrent – et n’ouvrit les yeux que lorsqu’il bascula à la renverse avec un énième cri d’une extrême virilité.

Il poussa un juron de maternelle pour la forme. Impossible de se faire une bosse sur le sol mou du terrain de jeu ; se manger le pseudo asphalte coloré ne faisait pas du bien pour autant.

Nom d’une otarie rose.

« Doc' ... ça vaaaa ? »

Affublé d’une amnésie temporaire, Louis s’étonna du ton bizarrement traînant de son non-ami. Le manque de coups de coude pointu l’ébahit tout autant. Puis il se rendit compte que Bubo ne l’avait pas lâché malgré leur chute libre et il claqua des doigts avec un long « ah ».
La morphine du bonheur. Il avait dû lui en injecter une sacrée dose pour lui faire voir la vie en rose ! Personne n’allait s’en plaindre – personne n’aimait les hiboux mal léchés, et Bubo était du genre à balancer des cailloux sur les enfants innocents. Cela dit…

« On t'a déjà dit que tu étais super confortable ? Mhhhh ... »

C’était quand même vachement bizarre de l’entendre si enthousiaste et amical. C’était limite flippant, avec du recul. Louis, qui aurait combattu un sadique à la tronçonneuse sans sourciller, se contenta de lui tapoter l’épaule comme il le put.

« Ouais, plein de fois ! Si t’avais été plus sympa, tu t’en serais rendu compte avant. »

Et puisque monsieur redéfinissait l’hyperactivité par ingestion gargantuesque de sucre, il chercha à se redresser. Hors de question de faire la sieste si Bubo était de bonne humeur et prêt à aller éclater des bombes à eau sur les forces de l’ordre ! Et si niquer la police le dérangeait tant que ça, ils pouvaient se contenter d’aller harceler les boulangers.
Après tout, il lui devait une sucette. Géante. Pleine de couleurs. Ses préférées.

« Allez, redresse-toi ! Faut absolument qu’on aille péter les rotules de quelqu’un. »

Puis, mâchonnant un court instant sa formulation, il ajouta pour plus de clarté :

« Avec une batte en sucre d’orge. Ce sera pas trop douloureux. T’en dis quoi ? »

S’il se rendormait, Doc’ jurait de le réveiller avec un vrai baiser de conte de fée. Peut-être même un peu plus gluant que le classique Disney.

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MessageSujet: Re: Quand tu dors ...   Sam 4 Aoû - 16:41

Kai laissa échapper un faible gémissement outré lorsque son nouveau doudou préféré se fit la malle sans aucune tendresse. Il n'arrivait cependant pas à trop lui en vouloir, l'esprit embrumé par quoi que ce soit qui lui avait retourné le cerveau.
Au fond de lui, le canadien savait pertinemment que quelque chose clochait et que la source ne pouvait être nulle autre que le Docteur Morphine (ah.). Cependant, ses idées n'étaient définitivement pas assez claires pour s'en soucier. Il n'avait plus qu'à attendre que ça lui retombe violemment à la figure. Enfin, d'ici là, il avait mieux à faire, eh !

« Allez, redresse-toi ! Faut absolument qu’on aille péter les rotules de quelqu’un. »

Docile, et peu enclin à rester tout seul par terre, Kai se redressa non sans mal en utilisant Louis comme appui. Ses jambes tremblotèrent un peu mais, après une bonne inspiration, sa vision s'éclaircit. Il avait toujours envie de faire une sieste, mais c'était une pensée familière chez lui à cette heure de la journée. L'idée de péter les rotules à quelqu'un lui était incroyablement alléchante, par ailleurs.

« Avec une batte en sucre d’orge. Ce sera pas trop douloureux. T’en dis quoi ? »

Ses yeux posés sur le blondinet, Kai haussa tout simplement des épaules sans que son sourire ne le quitte.

« Okay. Cool. »

Ouais, peut-être que péter des rotules pour de vrai (même s'ils étaient dans un univers virtuel) n'était pas très sympa et risquait de lui apporter des ennuis. Après tout, son motto c'était un peu de rester dans l'ombre sans rien à se reprocher. Une espèce de Batman qui n'avait pas passé dix ans à s'entraîner contre des ninjas assassins.
Ouaip, c'était toujours un adolescent typique.

Sans attendre les directives de Louis, car il était certain d'avoir vu un buisson de sucre d'orge dans un coin du parc, Kai - qui était maintenant manifestement dans l'incapacité de se retenir de rigoler - se mit à se diriger à petites foulées vers ce dernier. Il aurait pu aller plus vite, mais ne tenait pas à se casser la gueule plus que nécessaire. Si son compagnon lui avait dit de s'arrêter ou au moins de l'attendre, il fit mine de ne pas l'entendre.
Arrivé au fameux buisson qui se trouvait au beau milieu d'une pelouse certainement interdite au public, le canadien n'hésita pas une seconde et alla mettre la main à la pâte pour en arracher un bon morceau. Testant le morceau de sucre à la manière d'un joueur de baseball, ses gloussements s'étaient finalement arrêtés pour une mine un peu plus sérieuse. La batte rayée de rouge prête à frapper, Kai se tourna dans la direction de Louis, un large sourire loin d'être innocent peint sur son visage :

« Alors, tu viens, eh ? »

Quelqu'un, qu'il avait dit. Ha ha ha.

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