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 Il nous faut ces chaussures.
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Demure


Dreamland

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MessageSujet: Il nous faut ces chaussures.   Mer 5 Nov - 20:22

Composition florale

Amis, hein. C'était sûrement normal de se rendre service dans ce cas, en effet – et, pour une fois, même le côté profondément pessimiste de Demure ne trouva pas grand chose à redire face à un tel argument. Pouvoir compter sur les autres était un privilège réservé aux gens s'appréciant un minimum, l'affection allant de pair avec ce que l'on pouvait espérer de l'autre en question. Inutile d'en attendre autant d'une connaissance que d'un meilleur ami. Ç’aurait été ridicule, beaucoup trop   espérer d'un presqu'inconnu et surtout très irrespectueux. On ne force pas qui que ce soit à nous aider. Ça ne se faisait tout simplement pas.
Et puis quoi qu'il en soit, le jeune homme n'aurait jamais osé ne serait-ce que penser une tierce personne lui être redevable. Ça réglait autant de problèmes que cela réussissait à en créer ; était particulièrement visible et évident lorsqu'on le remerciait. Accepter simplement des remerciements à son égard aurait été beaucoup trop lui demander : il se sentait presque compulsivement obligé de rajouter « ce n'est rien », « c'était naturel » ou « n'importe qui aurait fait pareil » pour se dédouaner de ce sentiment qui le mettait mal à l'aise. Essayer de faire monter le garçon d'une marche dans son estime de soi était l'équivalent de lui demander d'escalader le mont Everest. En clair, ce n'était pas prêt d'arriver. Inutile de trop espérer.

« Tu as sûrement raison. »

Une note de mélancolie persistante semblait indiquer que comme souvent, il aurait aimé répondre autre chose ; n'osa pas. Le but n'était pas d'ennuyer Done avec ses problèmes, d'autant plus s'il ne voulait pas en parler. Ç’aurait été comme dire « oh, j'ai fait un gâteau » mais refuser de le montrer ou d'en donner la plus petite part au concerné. Quand on veut garder quelque chose pour soi, on fait en sorte de ne pas le laisser filtrer ne serait-ce qu'une seule fois. Demure imaginait, à raison sûrement, que n'importe qui aurait pu déduire de son comportement et des intonations de sa voix qu'il n'était pas exactement heureux de vivre et au clair avec lui-même : cependant, il doutait également que les suppositions aillent plus loin. Aussi pouvait-il rejeter doucement l'inquiétude des autres avec son éternel « mais non, tout va bien » qui empêchait de poursuivre la conversation – à moins d'être foutument borné, ce contre quoi un silence obstiné et soucieux faisait généralement très bien l'affaire.
Perdu dans ses pensées mais néanmoins conscient de ce qui l'entourait, il observa alentours pour vérifier qu'ils étaient bien sur le bon chemin ; mais, à moins qu'il n'ait subitement perdu la mémoire pour mieux la retrouver une fois prêt à sauter dans le vide, ils devaient effectivement être dans la bonne direction. Ce qui avait quelque chose de rassurant, me direz-vous, malgré le caractère enfantin et léger dont était censé être composé Dream Land. On ne lui ferait pas croire que seuls les gens mignons et gentils étaient attirés par le pays des sucreries.
Regardez ; déjà, il y avait lui.

Et lui, il...

« Oh, euh. »

Une fois à l'autre bout de la ruelle, Laur s'arrêta un instant ; passa sa main derrière sa nuque, embarassé. Ils n'étaient pas exactement là où il s'était imaginé arriver – c'est à dire près des commerces qui l'intéressaient. Au lieu de ça, ils étaient non loin des boutiques de vêtements, de chaussures, de chapeaux – bref, de textile là où lui n'avait rien besoin de tout ça. Il doutait que son ami ait un besoin urgent de s'acheter un nouveau bijou mais, dans le doute, préféra demander :

« On a plus qu'à marcher... A moins que tu aies besoin de quelque chose ? »

On ne sait jamais, hein. Un manque de pull soudain, ça peut arriver à tout le monde.
Du moins essayait-il de s'en persuader.

« Ça me fait penser que... » Se lança-t-il en reprenant sa marche vers les magasins qui l'intéressaient, à l'autre bout du monde – selon lui et malgré ses grands jambes. « Je n'ai jamais vraiment eu l'occasion de faire du shopping avant d'être ici. Tout compte fait. »

Vrai que pour lui, le shopping s'était longtemps résumé à « aller acheter du pain à côté » ou « aller au magasin de la ville la plus proche pour ramener le plus de choses nécessaires possibles. »

Son regard s'arrêta sur une paire de chaussures à talons rouges ; tout à fait le genre de choses que Reelika aurait aimé.

« Ah, ta mè – » Oulah. Non, pas du tout. « Je veux dire. Non. Enfin. »

Il lança un regard désespéré aux chaussures, espérant peut-être qu'elles diminuent sa gêne. Confondre les gens n'était pas son pire défaut, mais tout de même.

« Je connais quelqu'un qui aurait, hm, aimé ça, justifia-t-il d'une voix embarrassée. Je crois. »

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Do I run or do I stay ? When all I do may fall away.
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Dernière édition par Demure le Dim 19 Juin - 14:25, édité 1 fois
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Done


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MessageSujet: Re: Il nous faut ces chaussures.   Jeu 27 Nov - 0:33

Difficile de demander à l’autre d’être honnête alors qu’on ne l’était pas totalement non plus. Done était bien conscient (et surtout bien placé pour le savoir) que chacun possédait son petit jardin secret, des choses que l’on n’avait tout simplement pas envie de partager pour des raisons X ou Y. Pourtant … Lui, en tout cas, parfois, il aimerait vraiment expliquer à son ami ce qui lui pesait sur le cœur. Mais c’était dur. Eh, au fait, tu sais, je suis un genre de médium, je suis en contact avec l’au-delà. Trop cool, pas vrai ? Non. Pas cool. Ce serait tellement …

Ah bah, mauvaise pioche, on dirait.
Done offrit un sourire compatissant au dos de Demure, le voyant bien gêné alors qu’il se laissait aller à ses tics nerveux. Le blond s’avança à ses côtés et contempla les allées commerciales chaleureuses ou enseignes de couleurs et grandes vitrines illuminées faisaient leurs lois. Boutiques d’accessoires et vêtements s’alignaient gentiment, exhibant articles soldés ou derniers modèles tendances pour attirer les yeux des passants … Ce qui ne manqua pas, même pour Done qui n’était pourtant pas du tout chiffons. En même temps, il n’allait pas non plus lever le nez vers le ciel en feignant de ne rien voir. Tant qu’ils étaient là …


« T’en fais pas, ça rallonge notre promenade et ça me fait visiter, haha … »

Pas comme s'ils ne manquaient pas de temps.

Les tons étaient à l’image de l’île : sucrés. Peu de dérogations au thème, au cas où quelqu’un oublierait entre temps où il se trouvait. Done continuait sa marche auprès de l’estonien, ses yeux vaquant d’un côté de la rue sans trop s’attarder sur les détails. Ses oreilles, quant à elles, écoutaient son ami dont l’expérience semblait concorder avec la sienne. Face à cette idée, le jeune homme commença à imaginer Demure faire les magasins … Il lui semblait que l’estonien avait plus l’air d’être le genre à porter les sacs qu’à les remplir, ou bien à entrer, prendre ce qu’il lui fallait sans perdre de temps au léchage de vitrine. De son côté, et sûrement dans une autre vie, le fils Crossmann aurait sûrement appartenu à ce genre là aussi. Mais vu qu’il ne sortait pas …


« Ah, ta mè – … Je veux dire. Non. Enfin. »

Done s’arrêta en même temps que son ami, ses yeux suivant les siens jusqu’à la paire de chaussures écarlates placées sur un petit piédestal et sous une lumière blanche pour mettre en valeur la brillance de leur cuir. Il haussa les sourcils, se demandant ce qu’il n’allait pas étant donné qu’il n’était pas certains d’avoir compris la première parti de sa phrase … Sa mè-quoi ? Maison ? Médiane ? Mais bon, il n'alla pas chercher plus loin, étant donné que c'était vraisemblablement qu'un petit malentendu …

« Je connais quelqu'un qui aurait, hm, aimé ça. Je crois. »

Tout d’abord, le blond hocha simplement la tête, continuant de considérer les chaussures qui devaient être toutes gênées face à ses yeux verts inquisiteurs. La première personne de son entourage qu’il tenta d’imaginer avec ces talons aux pieds fut sa mère, étrangement … Mais, l’image mentale ne fit pas long feu, vu son fort taux de bizarrerie. Pas que sa mère ne mettait pas de talons, mais des comme ça … Mis à part pour les très grandes occasions, ce n’était pas du tout son genre.
Voyant que son ami était toujours perturbé pour une raison obscure, Done tenta d’alléger l’atmosphère, prenant un air pensif :


« Hmmm … J’imagine que ce n’est pas une remarque déguisée pour que je pense à te les offrir pour ton anniversaire. »

Le garçon tourna la tête vers le plus grand, lui offrant un large sourire afin de bien spécifier qu’il plaisantait (bien qu’il imagina tout de même que Demure avait compris). Son regard retourna ensuite vers elle une nouvelle fois, continuant :

« Elles sont jolies … Mais ça n’a pas l’air d’être un style de chaussure facile à mettre … Enfin, je ne m’y connais pas vraiment … En chaussures, je veux dire. »

Ou en quoi que ce soit d’autre, en fait. La mode et lui …

« Moi non plus, je ne faisais pas vraiment de … shopping, "avant" … En fait, je ne sortais pas tellement, en général. »

Et avant que la question « pourquoi » ne tombe sur le tapis :

« Ceeee n’était pas trop mon délire, j’imagine, haha … »

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Demure


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MessageSujet: Re: Il nous faut ces chaussures.   Jeu 11 Déc - 1:57

Laur n'était pas du genre à se tromper, d'ordinaire ; mais lorsqu'il s'agissait de parler aux autres, tout semblait toujours revenir à Heiki – qui était, en dehors de ses parents, une des rares personnes avec qui il s'était lié d'amitié avant d'entrer sur Euphemia. La confusion était alors fréquente, quand il ne prenait pas tout le monde et n'importe qui pour le jeune homme. Done ne lui ressemblait même pas, pourtant... Et ç'avait beau être un petit détail, un léger blanc dans une conversation qui ne manquerait pas d'en connaître bien d'autre le connaissant, eh bien ça persistait à le gêner. Il aurait aimé être sans failles et sans reproches, de sorte à ne jamais connaître ces tremblements des doigts qui vous gâchaient la vie à chaque fois ; n'avoir peur de rien, être blanc comme neige. Que de jolis rêves. Personne n'était immaculé quoi qu'il en soit – et si lui l'était un peu moins que les autres, il pouvait au moins compter sur le fait que cela ne se voyait pas. Ça aurait été bien ennuyeux, d'avoir l'air d'un tueur à gage... Déjà qu'il passait suffisamment peu inaperçu comme ça, merci mais non merci. Il aimait son allure banale, en dehors de sa carrure qui pouvait parfois attirer quelques regards. C'était très bien ainsi.

« Hmmm … J’imagine que ce n’est pas une remarque déguisée pour que je pense à te les offrir pour ton anniversaire. »

Un petit rire s'échappa de la gorge de Demure ; le temps pour lui de comprendre, d'intégrer, et ensuite de passer du blanc au rouge en moins d'un quart de seconde. C'était un tour de passe-passe oh combien pratique que sa peau claire réussissait toujours à merveille – pour peu qu'il ne s'étrangle pas avant, il pourrait même baisser la tête et ouvrir de grands yeux en direction de Done. Le sourire du garçon ne le réconforta pas vraiment ; il avait tendance à toujours tout prendre pour lui, après tout. Il parvint tout de même à sourire, secouant sa tête de droite à gauche pour confirmer que non, ce n'était pas une remarque déguisée. S'il avait voulu ces chaussures... Déjà, pourquoi aurait-il voulu ces chaussures – ça n'aurait pas fait bizarre, pour un type comme lui, d'acheter des souliers de demoiselle aussi vifs que ceux-là ? On aurait pensé que c'était un cadeau, sûrement, mais savoir que ce n'était pas le cas l'aurait rendu tellement nerveux qu'il aurait été capable de fondre en larmes devant la caisse.
Mais là encore, il ne voyait pas pourquoi il en aurait eu besoin. A part comme sorte de... Mémorial à la mémoire de celle à qui ça aurait plût.
Hmm.

Aux paroles de Done, encore quelque peu perdu dans le contemplation des chaussures, il hocha la tête d'un air pensif. Il était vrai que lui-même n'était pas du genre à sortir, mais...  Ça se voyait sur lui. A ses yeux, Done était quelqu'un de plutôt sociable ; pas extrêmement extraverti, mais tout de même. Pas quelqu'un aimant à se terrer dans sa maison à lire des livres toutes la journée non plus.
Cela dit, il ne connaissait pas exactement le passé du garçon. Chacun ses secrets. Ils étaient qui ils étaient ici, et ce qu'il y avait derrière...

Eh bien parfois, mieux valait rayer le rétroviseur au marqueur noir. Disons le comme ça.

« Oh. Ça fait plutôt solitaire, dis comme ça. »

La remarque fut lâchée sans méchanceté aucune, juste purement informative.

« Enfin, je dis ça mais... » Gêné, il fit de petits gestes imprécis avec ses mains avant de ne jouer avec ses doigts. « Je ne suis jamais vraiment sorti de chez moi, alors... »

A part pour aller à l'école ou aux courses, et encore. Il faisait l'aller-retour entre chez lui et chez les Klavan, mais au-delà de ça... Rien. C'était chez lui. Sa maison. Son environnement. Il n'aimait pas la ville et son vacarme incessant.

« En tout cas, elles ont du mérite pour marcher avec ça, fit-il en reprenant doucement sa route. Ça a l'air tellement facile quand elles le font. »

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Done


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MessageSujet: Re: Il nous faut ces chaussures.   Mar 3 Fév - 3:17

« Oh. Ça fait plutôt solitaire, dis comme ça. »

Eh bah … s'il avait nier ce fait, Done n'aurait fait que se voiler la face. Avant sa connexion sur Euphemia, « solitaire » était l'adjectif qui désignait parfaitement sa vie. Pour le meilleur comme pour le pire. Ça avait été une façon comme une autre pour lui de se protéger, d'appréhender son environnement plutôt atypique pour un petit garçon. Qu'il ait gardé la même stratégie jusqu'à la fin de son adolescence était son problème et, en fait, il n'avait pas envie d'en parler.
Laur enchaîna ensuite sur sa propre expérience, notant donc qu'ils avaient là un point commun. Peut-être pas pour les même raisons, certes, mais tout de même. Donnel se rappelait que son ami venait d'Estonie … Un nom de pays qui ne lui avait pas dit grand-chose, comme ça. Situé en Europe … Au climat potentiellement rude … Mais après ? L'américain n'était pas non plus enclin à faire de fausses inférences – dans le genre à placer la maison de Demure en pleine toundra gelée où l'on chasse l'élan pour survivre. C'aurait été vraiment stupide de sa part. Et, malgré sa carrure, difficile d'envisager l'estonien portant des habits en peau de bêtes pour mieux se fondre dans son milieu, ou se lançant à corps perdu dans une bagarre contre un grizzli.


« En tout cas, elles ont du mérite pour marcher avec ça. Ça a l'air tellement facile quand elles le font. »

Elles ? Done, l'air légèrement sceptique, releva le nez vers le ciel, y cherchant une image mentale d'une femme à talons. Il ne sut pas trop sur l'instant comment réagir à la remarque de Demure  ; d'autant plus qu'il n'était pas vraiment d'accord avec lui. Hm ? Bon, il chipotait. Beaucoup. Ça n'aurait servi à rien (et aurait même semblé assez malveillant) que le blond reprenne son ami sur la simple base qu'il ne comprenait pas en quoi c'était un mérite que de marcher en talons. Tout d'abord parce que toutes les femmes n'y arrivaient pas, déjà, et qu'ensuite il semblait normal que celles-ci soient plus aptes à les utiliser étant donné que ce style de chaussures leur était un peu réservé. Après, tout n'était qu'une question d'entraînement. Tout comme Rome qui ne s'est pas faite en un jour, personne n'a la capacité innée d'être à l'aise sur des talons en un rien de temps. A l'instar de tant d'autres choses … De la lecture en passant par la conduite de poids-lourds en hautes montagnes.
Enfin bref, au même rythme que la vitrine, le sujet disparu, piétiné par leur pas tranquille et régulier. Les mains rangées dans les poches arrière de son pantalon, Done passait son regard par-ci, par-là, suivant son "guide" tout en restant à sa hauteur. Pas mal de choses attiraient son attention, mine de rien. Des choses profondément inutiles, accessoires et autres grigris … c’était ça, son truc. Sur ce point, il avait un petit côté pie attirée par les petites choses qui brillent. Mais la décence lui incombait d’éviter de raser les vitrines et de s’émerveiller face à la moindre chose aux finitions délicates … Surtout qu’il ne fallait surtout pas oublier qu’ils n’étaient pas là pour ça ! … Hein ?

Done s’arrêta net, ses paupières battant de surprise.


« Hey, qu’est-ce que c’est … »

La main du destin venait de frapper, on dirait. En Haut (ou en Bas, tiens), on ne voulait clairement pas qu’ils atteignent leur but efficacement, pas vrai ? Face au duo d’amis, une vague de petites choses blanches noircissaient le pavé, bloquant leur route. Ce n’était pas plus gros qu’une clémentine, et sûrement tout aussi inoffensif en passant. Done dût bien se baisser, tout interloqué qu’il était, afin de mieux voir et …

« Oh, mais … C’est tellement adorable … »

Le garçon se releva, laissant le jouet gambader gaiement au creux de sa paume, puis le tendit en direction de son ami afin qu’il puisse le voir de plus près, lui aussi. Ce n’était pas moins qu’une sorte d’automate, hybride entre une chèvre et un … dinosaure ? Le blond ne saurait trop dire. Quoiqu’il en soit, impossible de douter de l’originalité du design.

yohoho :
 

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Demure


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MessageSujet: Re: Il nous faut ces chaussures.   Sam 9 Mai - 17:07

Adressant un bref regard à Done, songeur mais attentif, le jeune homme reposa bien vite ses yeux sur la route. Il aurait souvent aimé pouvoir lire dans les pensées ; avoir été en panne d'idées au moment de choisir son pouvoir allait lui imposer le poids des regrets encore un moment. Parce qu'autant d'un côté ça aurait été un envahissement net et catégorique de l'intimité des autres qui l'aurait mis extrêmement mal à l'aise par rapport à eux, autant d''un autre, ça lui aurait évité bien des déboires. Il aurait pu se rassurer sur l'avis qu'avaient ses amis de lui ; aurait pu deviner les sujets tabous et ne pas insister quand un sourire cachait un agacement naissant. Il se serait tenu à l'écart de ceux ayant de mauvaises intentions. Aurait pu savoir quand on lui mentait éhontément, aussi.
Peut-être aurait-il eu du mal à accepter toutes les vérités, mais ça n'aurait pas pu être pire que ce voile de doute constant autour de ses poignets, de sa gorge, de son estomac. Ça rentrait dans ses poumons, noircissait ses cernes, polluait ses certitudes fragiles ; parfois, ça occultait même certains de ses sens. Ne pas savoir le rendait malade, ne pas oser demander le rendait malade, ne pas pouvoir deviner le rendait malade. C'était plutôt injuste. Il n'avait pas à se plaindre, pourtant.
Pas le droit.
Étouffant un soupir entre ses côtes, le dreamlandien se reconcentra sur sa mission. Courses. S'il embêtait Done, eh bien, c'était malheureux mais il n'y pouvait pas grand chose : à part le croire sur parole quand il affirmait que ce n'était pas le cas, il n'y avait rien d'autre à faire. C'était tout de même triste de taper constamment sur son propre système. Il aurait préféré être capable de ne pas trop s'en demander. De se pardonner.
Mais là encore, pas le droit.
Yeux rivés sur l'horizon plus que sur ses pas, pour une fois, Demure se vit dépasser légèrement son ami avant de ne s'arrêter à son tour ; et s'il ne comprit pas immédiatement pourquoi ils devaient faire une pause au beau milieu de la rue, la raison ne tarda cependant pas à lui sauter aux yeux. Enfin, façon de parler, bien entendu – rien ne lui sauta joyeusement à la figure. Ça lui aurait fait mal de devoir blesser ces. Choses. Quoi qu'elles soient au juste.
Yeux plissés, l'estonien leur lança un regard dubitatif fort à-propos.
A première vue, le blond ne semblait pas beaucoup plus informé que lui. Bon, ces bidules ne ressemblaient pas exactement à des armes de guerre, donc... Ça ne ressemblait à rien du tout, en fait. Ou du moins rien ne lui vint spontanément à l'esprit en posant les yeux dessus ; si c'était censé représenter quelque chose, il ne voyait pas. Une sorte d'hybride quelconque, peut-être ?
Méfiance étant mère de sûreté, il se sentit froncer les sourcils en voyant Done prendre une de ces choses au creux de sa main. Il n'était peut-être pas expert en techniques de survie, mais toucher à tout et n'importe quoi n'était définitivement pas la chose à faire pour rester entier. Que ça ait l'air gentil ou non. Ça n'avait même pas l'air gentil, d'ailleurs – c'était juste...

« Oh, mais … C’est tellement adorable … »

Voilà.
La supériorité des choses mignonnes sur l'être humain. Si les chats lançaient une apocalypse, ils étaient véritablement fichus.
Laur eut un léger mouvement de recul lorsque son ami tendit la chose dans sa direction, plus pour reposer ses yeux que pour s'en éloigner réellement ; si ça n'avait pas dévoré la peau de Done, ça ne devrait pas dévorer la sienne. Normalement. Si tout allait bien.

« C'est... C'est spécial, lâcha-t-il prudemment. Tu crois que c'est une sorte de, campagne de pub bizarre, ou... »

Pour être parfaitement franc, l'estonien préférait de loin les animaux vivants (ayant un jour été vivants) aux peluches et aux jouets ; ce qui ne l'empêchait pas de les apprécier malgré tout. Ils ne faisaient de mal à personne.
Enfin, à Euphemia, cela dit...

« … Ou des. Animaux. D'ici. »

Ses yeux suivirent le mouvement des petits automates au sol. Si ça lui grimpait dessus...

Hors RP :
 

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MessageSujet: Re: Il nous faut ces chaussures.   Lun 8 Juin - 18:56

Contrairement à lui, son ami se montrait beaucoup plus méfiant vis-à-vis des petites créatures qui, pourtant, avaient tout sauf l’air dangereux. A raisons, peut-être ? Après tout, Demure habitait lui-même le quartier et devait sans doute être un minimum plus au courant que lui sur la meilleure conduite à tenir sur son territoire. Et pourtant, l’estonien ne semblait pas non plus savoir si les petites créatures étaient des espèces endémiques de son île ou pas … Tout ça était bien compliqué. Il était vrai que, étant coincés dans un jeu vidéo, les habitants rencontraient sans surprise un bestiaire agrémenté de quelques espèces originales à la dangerosité oscillante. Toutefois, la majorité des animaux parcourant les plaines restait connue pour le commun des terriens … Ce qui était tant mieux ! Y’avait pas à dire, Done préférait cent fois avoir à faire à un lion qu’à une cousine éloignée de la Manticore. Mais alors, qu’en était-il de ces petites bêtes là ?

« Hmmm … Ils m’ont tout l’air d’être des jouets, comme ça … »

Le fermier amateur plissa des yeux afin de mieux analyser la créature au creux de sa main. Ses mouvements mécaniques, le petit cliquetis lorsqu’elle bougeait, ses yeux brillant comme des billes … Même le petit cri qu’elle laissa échapper ; tout ça semblait plaider en faveur du jouet. Après cela aurait pu être un animal imaginaire possédant les caractéristiques d’un jouet, certes, mais Done ne poussa pas aussi loin sa réflexion.

« Je dirais pas « normaux », cependant, haha. On donnera des points pour l’originalité, hein ? »

Beaucoup. Beaucoup de points. Après, il existait sans doute des hybridations encore plus bizarre … L’ornithorynque, par exemple.
Done tourna de nouveau la tête vers l’armée grouillante, cherchant aussi des yeux, pourquoi pas, un berger, vendeur ou quoi que ce soit à qui pourrait appartenir les petites bestioles. Cependant, à part quelques passants tout aussi curieux qu’eux, personne ne semblait posséder plus qu’un autre le chapeau de propriétaire. Si c’était vraiment une campagne de pub, il y aurait dû au moins y avoir un démarcheur, non ? Tout ça était vraiment étrange, mais peut-être ne valait-il mieux pas se poser trop de questions non plus … Après tout, ils étaient sur l’île des rêves, plus ou moins. Et puis, un peu plus tôt, qui avait failli se faire écraser par des joueurs chevauchant des animaux de la jungle ? A côté de ça, qu’est-ce qui était vraiment le plus incroyable ?


« Dis, les rues de Dream Land sont toujours aussi mouvementées ou on a juste choisi le mauvais jour pour sortir, hahaha ? »

C’était possible. Done et Demure pouvaient parfois se montrer très chanceux chacun de leurs côtés, alors ensemble … Qui savait ce qui pourrait se passer ? Au moins, il y avait un point positif à tout ça : les deux amis étaient deux pour faire face à ces obstacles de la vie. Et mine de rien, c’était d’une aide précieuse ; ou, en tout cas, ça l’était pour le fils Crossmann.
Parler à quelqu’un, partager des trucs … Err, c’était tellement nouveau pour lui.

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Demure


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MessageSujet: Re: Il nous faut ces chaussures.   Mar 21 Juil - 2:26

Des jouets, uh. Oui, sûrement – ils avaient l'air d'en être, Demure était parfaitement d'accord sur ce point. Le problème, pour lui et sûrement pour lui seul, était en fait de déterminer s'il s'agissait d'animaux ressemblant en tout point à des jouets ou plutôt de jouets déguisés en animaux. Ça n'avait pas grande importance, d'accord. D'autant plus qu'ici, rien n'était réel à proprement parler ; même leurs corps ne l'étaient pas tout à fait, pas vraiment, pas complètement. Pas du tout. Mais il n'y pouvait rien, ça l'ennuyait. L’ambiguïté le mettait mal à l'aise. Le doute également.
Il lui en fallait si peu pour le perturber, hein. C'en était risible.
Phalanges serrées autour de la lanière de son sac, le jeune homme acquiesça aux paroles de Done en souriant. Vu l'apparence des petites bêtes, en effet, il ne pouvait pas leur retirer ça : elles étaient originales. Pas qu'il soit fan des choses sortant de l'ordinaire, mais ça ne le dérangeait pas spécialement non plus – dans ce domaine, du moins. Des peluches représentant des animaux imaginaires, il y en avait partout. Que ce soit des licornes ou des personnages de dessins-animés aux allures souvent farfelues, difficile de les considérer comme des aberrations terrifiantes. Il y avait un monde entre ça et de réelles tentatives pour combiner plusieurs animaux différents.
Ça ne s'éloignait pas beaucoup de ce que certains empailleurs faisaient, finalement. Il connaissait.

Bizarrement, lâcher ça au milieu d'une conversation avait rarement l'effet escompté. Sa passion n'étant pas du goût de tout le monde, il avait appris à n'en parler que brièvement, sans entrer dans les détails.

« Dis, les rues de Dream Land sont toujours aussi mouvementées ou on a juste choisi le mauvais jour pour sortir, hahaha ? »

La réponse la plus honnête qu'il aurait pu fournir à cela était sûrement « bonne question » – puisque pour être parfaitement franc, il ne sortait pas tant que ça et rarement dans les rues mêmes de Dream Land. Marcher lui aurait sûrement été extrêmement bénéfique, mais il restait tendu et préférait de loin le confort de sa demeure aux températures modérées du dehors. Question de choix. De caractère. Et cætera. On ne pouvait pas dire non plus qu'il restait cloîtré chez lui, mais... Ses souvenirs des allées de l'île étaient flous, génériques : il aurait été bien incapable de distinguer une escapade d'une autre. Ce qui tendait à lui faire penser que rien de ce genre n'arrivait d'ordinaire, mais peut-être s'était-il simplement habitué à certaines choses.
Voire des bonbons volants ou une armée de bonshommes en pain d'épice ne l'aurait pas plus secoué que ça, vraiment.
D'un autre côté, même cette parade de jouets ne lui semblait pas trop... Hors contexte.

« Oh, hm, c'est moins animé d'habitude, lâcha-t-il un peu maladroitement, très peu sûr de ce qu'il avançait – mais Done ne lui en voudrait pas trop d'affirmer là où il aurait dû supposer, à priori ; il l'espérait du moins. Enfin animé, non, ce n'est pas le mot, mais... »

Oui. Parce que côté habitants, ils avaient leur sacré foutu lot de gamins hyperactifs et autres personnes bizarres aimant courir dans tous les sens. Ce n'était pas l'île de la caféine, mais le sucre devait faire cet effet aux gens également. Il n'y connaissait rien du tout, donc difficile de s'étendre plus que ça sur le sujet. Le constat en restait le même de toute façon.
Trop de bruit, trop d'agités.

« Disons que je ne manque pas de me faire tuer, en général, ajouta-t-il avec un rire désolé. Mais ces trucs-là ont l'air, plutôt... Normaux. Pour ici. Je pense. »

Peut-être. Éventuellement. Si toutes les conditions étaient réunies.
Ça ne l'avait pas traumatisé, donc disons que oui.

« Ce qui es plus embêtant c'est qu'ils... Bloquent tout... Et on ne peut pas, ehm, les écraser ? Je suppose. »

Nouvelle claque intérieure.
Un jour il affirmerait sans craintes. Un jour. Promis juré.

Peut-être.

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MessageSujet: Re: Il nous faut ces chaussures.   Lun 31 Aoû - 16:25

Done avait tourné la tête vers Demure pour l’écouter, mais jetait tout de même parfois quelques coups d’œil aux bestioles qui faisaient tant parler d’elles. Oui, Dream Land restait un quartier tranquille, et il n’en doutait pas. Il y venait lui-même parfois, alors il savait plus ou moins que les explosions, les gorilles ou les armées de petites bêtes n’étaient guère le quotidien des habitants de l’île. Et bien heureusement ! Certes le cadre enchanteur devait cacher quelques drôles de mystères (il n’y avait qu’à penser à leur forêt), mais rien de bien atroce si on se cantonnait à la couverture de la carte postale. Ce n’était pas Crimson District, quoi.
Enfin, bref, en résumé ils n’étaient malheureusement pas plus avancés … Au contraire ! Leur but qui était, il ne fallait pas l’oublier, de faire des courses pour Demure lui semblait de plus en plus bien lointain. Ehh. Pas que ça le dérangeait de passer plus de temps avec son ami, mais tout de même. Il restait préférable que nos plans fonctionnent tel qu’on le voudrait.


« Ce qui es plus embêtant c'est qu'ils... Bloquent tout... Et on ne peut pas, ehm, les écraser ? Je suppose. »

Le blond se frotta la nuque et regarda la marée grouillante et trottinante. Eh bien … ça ne serait pas jouer dans la finesse, en effet. En fait, c’était même une perspective particulièrement atroce.

« Oui. Hmmm … »

Réfléchissons. Il fallait trouver une solution à leur problème … Ah. C’était tellement surréaliste comme situation ! Pour peu, il se serait bien cru soudainement comme personnage principal d’une série éducative pour les enfants. Alors, les enfants, voulez-vous nous aider à traverser le champs de chèvres mutantes ? Surtout que, des petites têtes blondes, il n’en manquait pas dans les parages. Donnel passa son regard autour de lui, tentant de s’inspirer des actions des autres passants. Comme eux, aucun pour l’instant n’avait eu le courage de se jeter dans la mêlée et écraser les bestioles. Non, pour le moment ils étaient plus occupés à être intrigués ou les ramasser, ou les caresser ou s’extasier ou … Enfin, voilà.
Retrouvant Demure, Done commença à réfléchir à voix haute avec lui :


« Il n’y aurait pas un autre chemin ? Ou … AH ! Mais j’y pense … Tu ne pourrais pas utiliser ton pouvoir, en fait ? »

Mais bien sûr. Eh, il n’avait tellement pas l’habitude que l’estonien use de son pouvoir qu’il oubliait bien vite qu’il en avait un … Tout comme lui, en fait, il n’était pas habitué à prendre le jeu pour ce qu’il était réellement. Non, bien sûr qu’une simple simulation de vie dans des cadres folkloriques n’allait pas suffire pour une certaine catégorie de joueurs ! Il fallait agrémenter tout ça de dons. Dons qui, entre les individus, ne se valaient pas toujours (il était beaucoup plus rare que cela arrive, oui). Quand certains pouvaient lancer des boules de laves en fusion à volonté, d’autres causaient aux étoiles. Quand certains créaient des boucliers, d’autres ouvraient des portes. C’était leur cas.
Enfin, du coup, Done n’était plus certain de si le pouvoir de Demure avait besoin de quelque chose de spécial pour fonctionner ? Ça arrivait ça aussi. Des restrictions tout aussi aléatoires que la puissance des dons, allant du fait de ne pouvoir l’utiliser qu’une fois par jour au changement de couleur de cheveux.

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MessageSujet: Re: Il nous faut ces chaussures.   Mer 23 Sep - 18:48

Oui, non – évidemment, non. Ils ne pouvaient pas les écraser. Demure avait beau ne pas leur porter la même valeur sentimentale que leur aurait spontanément confié un jeune enfant fan de ces jouets haut de gamme, il n'aurait pas donné des coups de pieds dedans pour autant. Ça ne se faisait pas. Et puis il ne voulait traumatiser les badauds et se faire haïr de ses voisins en passant pour le sadique de service qui démolit les parades d'animaux hybrides à piles. Ou à batteries. Ou à magie, pour ce qu'il en savait. Ils étaient dans un jeu après tout, on pouvait probablement parler de magie. Ses connaissances déjà limitée en la matière n'allaient pas l'aider à couper la poire en deux de toute façon.
Chose qu'il devait absolument faire, pourtant ; mais en d'autres circonstances, donc tout irait parfaitement bien. En théorie. Sans dou –
Sûrement.
Il devait juste être plus affirmé. Prendre des décisions. Agir. Ce genre de choses. Sage conseil qu'on lui avait prodigué au moins un million de fois et que, comme les millions de fois précédentes, il laisserait probablement filer entre ses doigts moites et tremblants dès qu'il faudrait élever la voix ou avancer un pied sur l'un ou l'autre des chemins s'offrant à ses pas.

« AH ! Mais j’y pense … Tu ne pourrais pas utiliser ton pouvoir, en fait ? »

L'occasion rêvée. Au lieu de se sentir stupide et de se mettre à compter derrière ses yeux plissés toutes les conséquences désastreuses que pouvaient avoir cette proposition, il bloqua toute transmission dans son cerveau de la façon la plus simple qui soit :
Il ne se laissa tout simplement pas le temps de réfléchir.

« Eh, oui. Je peux. Il faudrait juste... »

Du regard, il chercha un endroit leur permettant de passer au-delà de l'invasion de petites bêtes. Comme à chaque vague prise d'initiative jugée trop téméraire par son pauvre cœur, ce dernier se mit à battre méchamment derrière ses côtes ; tout aussi méchamment, l'estonien décida de l'ignorer. Il n'avait pas à se demander ce qui pourrait se passer s'ils entraient par mégarde dans une maison privée et se faisaient hacher menus par les habitants, ou s'ils tombaient sur une banque, ou qu'ils se retrouvaient piégés dans un endroit sans qu'il réussisse à les en faire sortir... Ce n'était pas la question et puis quoi qu'il en soit, quels étaient les risques que ça arrive ? Ils devaient être infimes. Enfin, pas tant que ça, mais –
Non, non. Agir.
Le quartier commerçant étant composé en grande majorité de boutiques et autres échoppes diverses et variée, il jugea qu'il y avait peu de risques de tomber dans une salle de bain. Même s'ils ne passaient pas par la porte, on ne devrait pas trop leur en vouloir. Peut-être. Pourvu que le trou dans le mur disparaisse, ça restait une façon comme une autre de rentrer. Techniquement, hein...

Après son bref scan visuel, il fit signe à Done de le suivre. Quelques pas plus tard, il passa la porte d'une boutique de peluches sur leur gauche. Il y avait pas mal de monde ; additionné aux allées et venues des gens vers les petites chèvres mutantes, ce n'était pas bien difficile de passer inaperçu.
Sans trop hésiter, il se dirigea vers la droite et s'arrêta devant un mur heureusement nu à l'exception de décorations murales. Ce n'était pas la première fois qu'il venait dans cette rue. Sa mémoire avait intérêt à ne pas lui faire faux bond.
D'une des poches de sa veste, il sortit une pochette de craie. Une fois la bleue en main, il traça rapidement un rectangle d'à peu près leur taille sur le papier peint. Aussitôt les lignes continues rejointes, elles semblèrent comme parcourues d'un courant électrique ; celles de la poignée qu'il venait de dessiner se détachèrent du mur pour former une prise qu'il puisse saisir entre ses doigts.
Ce qu'il fit.
La porte improvisée se laissa tirer vers lui sans opposer la moindre résistance. La lumière de l'autre côté semblait un peu faible et pâle mais, habitué aux ambiances tamisées, il ne s'en inquiéta pas. Jugeant qu'il n'y avait aucun monstre de l'autre côté, il passa l'ouverture et fit un second geste de la main à son ami. Il n'avait pas très envie d'être pris en flagrant délit de... De ça.

« Normalement il doit y avoir un café, ensuite... Et je suppose qu'après la rue sera tranquille. »

S'il avait bien regardé... Logiquement. Peut-être.

« Tant qu'on ne touche à rien... »

Un bref coup d’œil alentours l'informa qu'ils étaient dans ce qui semblait être la réserve du magasin de jouets et, soudain, il fut pris d'un doute fondamental.

Ils ne risquaient pas de finir en prison, si ?

to be honest :
 

lol :
 

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Dernière édition par Demure le Mar 8 Déc - 14:51, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Il nous faut ces chaussures.   Ven 13 Nov - 18:02

Ah, bah voilà ! A chaque problème sa solution, comme on dit. Et, heureusement, les deux amis n’auraient cette fois pas à démarrer une longue quête intense pour passer leur obstacle.
Silencieux, Done suivit des yeux Demure qui tenait la situation bien en main. Sans aucun doute. Lorsqu’il lui fit signe de le suivre, ce qui était logique après tout, le blond laissa les petites bestioles faire leur vie sans un regard en arrière. S’il les recroisait un jour, il espérait qu’elles se montreraient moins envahissantes. Il devait quand même bien avouer qu’il aurait aimé en garder un spécimen … Mais il n’était pas sûr d’en avoir vraiment le droit. Et puis pas le temps d’entrer dans un dilemme mental, Demure l’attendait !
Celui-ci se dirigea sans plus d’indication, donnant l’impression d’être concentré, vers un magasin de jouet. De son côté, ne se posant pas de question, Done le suivit fidèlement comme une ombre son propriétaire. Ce n'était pas le moment de flâner auprès les marchandises pelucheuses, les deux jeunes hommes qui faisaient légèrement tâche dans le décor passèrent rapidement entre les étagères pour se retrouver loin de la vue des clients et des gérants du magasin. Définitivement très louches. Heureusement que l’animation extérieure et le nombre conséquent de gens faisaient office de distraction suffisante, les soulageant de quelques questions gênantes telles que « Puis-je vous aider ? ».
Mais tout pouvant arriver et étant donné leur chance respective de la journée, Done n’était pas totalement tranquille. Nerveusement, il faisait le guet pendant que Demure s’occupait du reste. Enfin, ça allait, ils n’étaient pas non plus en train d’allumer la mèche d’une bombe ! Mais bon, même avec toute la bonne volonté du monde, expliquer les choses pouvait s’avérer difficile, d’autant plus qu’ils étaient déjà engagés dans le comportement suspect. Allez, n’y pensons plus, ils s’en sortiraient plus vite qu’ils ne le pensaient et sans encombre.
Un bref flash, et voilà que Demure leur avait dessiné leur chemin. Comme si cette porte avait toujours été là, l’estonien l’ouvrit le plus naturellement du monde et, même s’il eut l’air d’hésiter un instant, s’y engouffra non sans faire un nouveau signe à Done.

L’atmosphère était plutôt surréaliste, ils donnaient presque l’impression d’être les héros  d’une histoire d’infiltration … Alors que tout ce qu’ils cherchaient était une sortie sans encombre. Retrouvés dans la réserve, Done baissa la tête et croisa ses bras, veillant bien à où il mettait ses pieds et ses bras.


« Normalement il doit y avoir un café, ensuite... Et je suppose qu'après la rue sera tranquille. »

Hocher la tête ne servait à rien dans la pénombre, mais l’américain le fit tout de même instinctivement.

« Tant qu'on ne touche à rien...
- Hmhm … »

Acquiesça donc Done. Il n’avait rien d’autre à faire que suivre son ami, alors il ne bougea pas plus, non sans jeter quelques regards vers le pan de mur qu’ils venaient de traverser ou encore les zones d’ombre de la pièce … Qui savait ce qu’il pouvait s’y cacher, hein ? Le brouhaha étouffé de la foule du dehors remplissait au moins le silence, l’empêchant de rendre encore plus inquiétante leur situation. Cependant, ce n’était pas forcément le mieux car à tout moment …

Ah. Bien sûr.
Statufié par la surprise d’un grincement de porte, il s’en suivi un éclat de voix et des pas lourds.


« Oui oui, j’y vais là ! »

Du calme, du calme. Cherchant le visage de Demure, Done lui demandait muettement ce qu’ils devaient faire à présent. Se cacher en attendant que le vendeur s’en aille en espérant qu’ils ne les voient pas ? Vite trouver un mur et partir ? Ou … ou bien aller lui taper la discut’ et lui demander leur chemin ?
Lui ne pouvait pas vraiment faire grand-chose malheureusement, à part la première option … et éventuellement la dernière. Mais avouons quand même que …

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MessageSujet: Re: Il nous faut ces chaussures.   Mer 20 Jan - 18:47

Laur, au-delà d'autres certitudes fondamentales sur la question, se demandait parfois s'il n'avait pas de terribles prédispositions à la délinquance. Rien bien sûr qui vienne de ses parents ; ils avaient beau grogner dans les magasins en menaçant de voler tout les produits excessivement chers, ils lui avaient bien appris à ne pas enfreindre la loi sauf cas de vie ou de mort – et encore, pas si ça le mettait lui en danger. Évidemment.
Mais, et se retrouver coincé dans un endroit tout sauf accessible au public le lui rappelait plus que jamais, il avait quand même côtoyé Heiki pendant quasiment vingt ans.
Pas la meilleure influence au monde. Sans doute.
Enfin ça l'aurait fait rire, lui. Ah ah ah. Bizarrement, il n'était pas sûr que Done trouve ça super marrant de se retrouver en prison ou avec une amende ou dans des ennuis quels qu'il soient en fait – il lui en voudrait sûrement toute sa vie et ce serait bien fait. Il n'aurait qu'à le laisser en prison. Là où il n'irait plus ouvrir des portes dans les murs sans penser aux conséquences de ses actes. Il aurait dû demander à pouvoir souffler des paillettes. Ça au moins ça ne l'aurait pas aidé à rentrer où que ce soit par effraction.
Le pire étant qu'il aimait l'adrénaline, au fond. Juste pas ce qu'elle impliquait. Puis il n'aurait jamais essayé ça s'il avait été tout seul ; il avait juste besoin de se prouver qu'il pouvait prendre des décisions, parfois. Aussi nulles soient-elles.
Ce qui le ramenait à « je suis le Heiki de Done et je vais probablement lui causer des ennuis », mais il aurait tout le temps de réfléchir à tout ça quand ils seraient sortis et en sécurité.

Pétrifié par le bruit, Demure sentit son cœur cesser de battre plutôt que s'affoler. Vu sa capacité à gérer les situations de crise, il était déjà prêt à accepter son sort et dire la vérité en espérant qu'on le croit, quitte à finir en prison dans le cas contraire. Ne pas bouger. Pleurer, à la rigueur – ce qui lui rappela brutalement qu'il y avait Done à ses côtés, à qui il risquait de faire franchement pitié en plus de le décevoir s'il craquait maintenant. S'il craquait tout court.
Bon. Respire. Réfléchis.
Ils n'avaient rien fait de mal. Enfin si, ils étaient rentrés par effraction. Peu importe les raisons, les propriétaires risquaient de ne pas apprécier. Ils avaient la pénombre de leur côté, mais ça risquait de ne pas durer si la personne en question décidait d'allumer la lumière (il supposait qu'il y avait un interrupteur quelque part, ce n'était quand même pas la galerie des horreurs).
En fait, peu importe.

Pas le temps de réfléchir.

Après une grimace pour le moins élégante, il décida rapidement que l'étagère sur leur gauche était l'option la moins évidemment stupide. Ce qui ne voulait pas dire que c'était intelligent, mais pour l'instant il voulait juste s'éloigner de l'inconnu quel qu'il soit et trouver un mur, une fenêtre, un placard, un cercueil, n'importe quoi.
Pour lui faire signe de le suivre il se contenta de tapoter le bras de Done, préférant ne pas le forcer à quoi que ce soit en le traînant. Il l'avait suffisamment embêté comme ça pour la journée, merci.
Parler était évidemment hors de question.
Une fois un peu cachés par les étagères de peluches et boîtes en tous genre, l'estonien avança en silence jusqu'à poser les doigts sur un mur. Peut-être qu'on ne les verrait pas ; ils avaient été discrets, et les voleurs ne devaient pas être légions dans un magasin de jouets, donc les vendeurs ne devaient pas non plus être trop prudents... Mais on ne sait jamais. Dans le doute, il préféra leur tracer une porte de sortie.
En cas de besoin.

Le cœur au bord des lèvres, il tenta de resituer la position du trouble-fête.

Promis, il n'emmènerait plus personne faire les courses avec lui. Jamais.
Il ne ferait peut-être plus les courses tout court, en fait.

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MessageSujet: Re: Il nous faut ces chaussures.   Sam 7 Mai - 19:01

Et dire que tout ce qu’ils souhaitaient, c’était acheter quelques bricoles. Cette phrase, dans l’esprit de Done, risquait bien de tourner en boucle tout le reste de la journée. Accompagné de ça, une autre pensée entêtante en profitait pour s’accrocher. Tout ça ne serait sûrement pas arrivé s’il n’était pas venu.
Selon la théorie du chaos, si un battement d’aile d’un papillon pouvait produire un tsunami de l’autre côté du globe, alors pourquoi son panier de légume n’était pas la source des malheurs de Demure ? Qu’aurait fait l’estonien s’il n’était pas venu lui rendre visite ? Pas sortir, à ce qu’il avait cru comprendre. Et puis même, qui avait soufflé qu'utiliser son pouvoir pourrait être une bonne idée ?
D’un autre côté, c’était stupide aussi de penser de cette manière. La vie à Euphemia, même si parfois avait l’air tranquille, offrait beaucoup de mauvaises surprises. Si ça n’avait pas été aujourd’hui, ça aurait été demain, et cetera, et cetera … Et puis, sans son pouvoir, ils seraient encore dehors à philosopher sur les chèvres.
Chassant donc les pensées automatiques d’un froncement de sourcil, Done suivit son ami d’un pas leste.

Pas un bruit, pas un bruit …

L’employé ne resterait pas longtemps, il espérait. Et ne viendrait pas de leur côté, bien sûr.
Retenant son souffle et se mordant la lèvre inférieure, le regard du blondinet passait régulièrement de Demure à la silhouette inconnue quelques mètres plus loin. Sa voix qui s’était élevée pour annoncer sa présence grommelait à présent des formules inaudibles. D’un *clic*, un néon blafard vint rendre la visibilité meilleure dans la réserve. Heureusement, son éclat n’était pas assez important pour dévoiler leur présence. Surtout pour quelqu’un qui ne faisait pas plus attention que ça.
Tout comme lui, Demure ne devait pas être bien rassuré, et Done aurait voulu lui être d’un meilleur soutien … Malheureusement, lui prendre la main dans ce genre de situation (ou n’importe quelle situation, à bien y penser) ne se faisait pas. Enfin, à sa connaissance. Même s’ils étaient très proches, les doigts restaient une zone qui lui semblait très personnel. Il n’aurait franchement pas osé, et n’aurait de toute façon pas pu expliquer son comportement plus gênant que réconfortant. A la place, il posa simplement sa main sur son épaule, comme acte de présence. Je suis toujours là.

Après de bien longues secondes, un carton plein dans les bras, l’employé repartit par là où il était venu, éteignant la lumière au passage. Par sécurité, Done ne déclara pas victoire tout de suite, et resta immobile à fixer la zone où se situait la porte de la salle. Cependant, ne le voyant pas revenir, le garçon s’autorisa à respirer de nouveau.


« Sortons vite … »

Souffla-t-il ensuite. Ils pourraient faire la fête lorsque le ciel bleu sera de nouveau au-dessus de leur tête. Done n’était pas spécialement claustrophobe, mais lorsqu’une menace pesait dans le noir, c’était tout comme. Et c’était bizarre de se sentir plus en sécurité à l’extérieur … On pouvait se dire que, au moins, il pouvait toujours essayer de courir.

Done lâcha son ami, faisant revenir sa main vers lui. Allez, c’est maintenant, en espérant que l’autre n’avait pas oublié quelque chose. Le sort n’avait pas une telle dent contre eux, hein ?


le retour des vieux doodles moches mais pleins de sens:
 

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MessageSujet: Re: Il nous faut ces chaussures.   Dim 19 Juin - 17:08

Du calme. Tout va bien.
...Peut-être.
Un violent soupir se noya en silence derrière ses côtes.
Dans ce genre de cas, il regrettait vraiment de toujours douter et paniquer au moindre soucis ; ça ne lui aurait pas fait de mal de se faire un peu confiance, pour une fois. Son bon sens s'était fait la malle, ce qu'il avait de courage aussi et franchement, il se serait damné de pouvoir compter sur autre chose que la peur et la culpabilité chaque fois qu'il trébuchait hors du droit chemin. Ça avait l'air pratique. Agréable. Rire parce que ah, qu'est-ce qui aurait pu leur arriver de pire ? Se faire prendre ? Devoir courir ? Se faire arrêter ? Rien de dramatique, quoi – ce n'était qu'un jeu et dans un jeu, les conséquences étaient mille fois plus légères que dans la réalité. La prison tenait probablement plus de la cellule de dégrisement qu'autre chose, les remontrances de PNJs n'avaient pas grand poids et même si c'étaient des joueurs, leur commerce restait fictif : pas de quoi hurler au désespoir.
Main droite contre le mur, main gauche dans la poche de sa veste, Laur écouta l'employé se déplacer sans oser esquisser le moindre mouvement. Il était sûr que pas mal de gens avaient dû profiter que ce soit un jeu pour faire des choses qu'ils n'auraient jamais osé faire autrement. Ça paraissait logique. C'était fait pour ça, aussi, un peu. Difficile d'imaginer qu'une majorité de jeunes soient passionnés par les petites vies tranquilles bien rangées. Moins de conséquences, plus de bêtises. Facile.
Pour tout le monde sauf pour lui, bien sûr. Il n'allait quand même pas cesser de se lamenter sur son sort.

La main de Done sur son épaule lui tira un frisson ; puis, plus sincère à ses yeux, un sourire.

Peut-être aurait-il dû en être vexé. Parce qu'il n'avait pas besoin d'être rassuré, dans un monde idéal – pas besoin de soutien, pas besoin de béquille. Bien sûr, oui, ça lui faisait de la peine envers lui-même de se sentir pathétique. Mais de là à se dire qu'il aurait dû être le plus fort des deux s'étendait un fossé immense, rempli de bonnes intentions acérées sur lesquelles il n'avait aucune envie de s'empaler. Ç’aurait été manquer de respect à Done, quelque part. Il ne s'imaginait pas plus capable que lui.
La gentillesse non-méritée le mettait mal à l'aise, en fait. C'est tout.
Lumière éteinte, silence retombé, Demure sentit la tension quitter son corps tout doucement. Dieu merci. Ne pas pouvoir tester ses capacités sans nulle doute très impressionnantes en fuite et/ou explications foireuses ne l'attrista curieusement pas le moins du monde. Une prochaine fois, peut-être.
Ou jamais, hein. Jamais sonnait très bien aussi.

« Sortons vite … »

Pas besoin de le lui dire deux fois.
Remis en marche et prêt à faire des miracles, le jeune homme laissa ses épaules quitter leur support d'un geste nerveux. Se resituer par rapport à leur mur d'arrivée et là où ils voulaient se rendre au juste lui pris quelques secondes horriblement longues ; une fois ses repères retrouvés, heureusement, il ne lui en fallut qu'une poignée pour rejoindre l'endroit voulu.
A pas discrets, toujours. En silence, toujours. Nerveux au possible et sans doute à deux doigts de pousser un cri étranglé si quelqu'un s'était décidé à venir les déranger de nouveau, mais au moins, il bougeait. C'était déjà ça. Qu'on ne lui en demande pas trop – il essayait d'avoir l'air un minimum calme et responsable, là. A son niveau.
Juste avant de faire se rejoindre les traits de la craie, Laur marqua une pause. S'il les faisait atterrir au mauvais endroit, il ne s'en remettrait pas. Une fois, d'accord. Pas deux.
Le cadre fut complété d'un trait sûr. Prendre les choses comme elles viennent, hein ?

« J'aurais peut-être dû aller à Holy Sword. »

C'était plus pour dire quelque chose que dire ça en particulier, vraiment – si c'avait été Holy Sword ils se seraient juste retrouvés avec une armée de lapins endormis sur la route. Aucune différence.
La porte fut poussée sans résistance particulière.

Le café, ah.

Relativement vide, grand bien leur en fasse. Ce qui n'empêcha pas les gens n'étant pas sortis regarder les lézards de les fixer (difficile de leur en vouloir, ils venaient littéralement d'ouvrir un mur) mais c'était tout de même mieux qu'une foule prête à leur hurler dessus.
Ça ne faisait pas grande différence pour son pauvre cœur, en fait.
Sait-on jamais, ça le consolerait peut-être plus tard. Il pouvait toujours espérer.

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MessageSujet: Re: Il nous faut ces chaussures.   Jeu 14 Juil - 19:23

Done, mains dans son dos, suivit Demure à une distance de sécurité ridicule de quelques centimètres. Une oreille tendue et quelques coups d’œil nerveux ne pouvaient malheureusement s’empêcher de surveiller ses arrières. Outre le possible retour d’un employé, Il avait cette drôle de sensation un peu trop familière que quelque chose allait très bientôt glisser ses griffes dans son cou. Un frisson lui traversa la colonne vertébrale.
Il n’y a rien, rien, rien. Ça n’existe pas. Affreuse imagination qui devait apprendre à se calmer, un peu.


« J'aurais peut-être dû aller à Holy Sword. »

Le garçon ne répondit à la remarque que d’un simple « hmmm », son qui alla se perdre dans la porte toute fraîche s’ouvrant vers la suite de leur grande aventure. Demure, à Holy Sword ? Peut-être ... ça n’aurait sans doute pas empêché les problèmes de leur tourner autour mais, au moins, auraient-ils pu se voir plus facilement ? Et faire de grandes choses comme … boire une bière dans un champ de légumes. Enfin, ça aurait pu être bien sympathique, en tout cas. Mais bon, ce n’était pas le sujet.
En tout cas, Done ne se fit pas prier et emboîta prestement le pas de son ami. Ah.

Le soulagement était intense. Beaucoup trop pour faire attention aux regards tournés dans leur direction. Il ne leur accorda qu’un simple hochement de tête de salutation mais se tourna plus volontiers vers Demure, son compagnon d’infortune. Il sentit ses muscles se relâcher, et pour peu il en serait sûrement tomber à genoux. Heureusement, le fermier garda sa contenance et inspira un grand coup.
Alors, que faire à présent ? Que dire ? Difficile de faire comme si rien ne s’était passé après un tel coup de stress affreux. Pourtant c’était idiot, put-il s’avouer dans un coin de son crâne. Il ne leur était rien arrivé, finalement, et ça n’avait duré qu’un si court instant. Pourquoi faire autant d’histoire et se sentir comme s’ils venaient d’échappé à la mort ? Qu’en savaient-ils, au fond, s’ils auraient vraiment eu des problèmes dans le cas où ils s’étaient fait repérer ? Ils ne le sauraient pas, et ça n’allait pas être le blond qui allait essayer de changer ça.
Done tritura un peu sa barrette.


« Tu sais, avec du recul … On pourrait presque se dire que c’était … Drôle ? »

Hm. Il avait peine à y croire lui-même mais qui savait ? Petite situation cocasse d’un après-midi ensoleillé où ils avaient failli se faire prendre en flagrant délit, haha ! Bien entendu, ça ne serait pas à mettre dans l’album de famille ni à raconter aux futures générations, mais … Mais …

« En tout cas, on en rira sûrement plus tard, hahaha … ooh … »

Malgré son rire dont il ne pouvait dissimuler les accents nerveux, Done n’arrivait même pas à se convaincre lui-même. Le garçon préféra donc arrêter de se voiler la face, plutôt, et baissa la tête, plaquant ses mains sur son nez en signe de honte.

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MessageSujet: Re: Il nous faut ces chaussures.   Mer 7 Déc - 18:18

Autant Demure aimait faire silence, autant il détestait le subir. Les regards gênés et les lèvres mordues, tout ces soupirs ravalés et ces regards détournés, c'était juste — infernal, un peu, non ? Ou peut-être pas infernal, pas à ce point, mais définitivement désagréable. Il n'avait jamais aimé sentir la tension dans l'air. Ça lui tombait sur les épaules et lui pesait sur la nuque, presque physiquement, et il ne savait jamais quoi dire ou quoi faire pour la briser. Ne serait-ce que la dissiper aurait déjà été pas mal ; il ne s'en demandait pas tant.
En même temps, il n'avait jamais été très sociable, songea-t-il en pliant machinalement les phalanges. Beaucoup d'interactions et de situations lui étaient étrangères. Il n'avait peut-être juste pas l'habitude.
Ses yeux foncés se posèrent un instant sur Done avant de retourner papillonner quelque part au-dessus de son épaule. Il devinait son sourire toujours accroché à ses lèvres, discret mais pas plus tendu que ça, et remercia une fois de plus ses mauvais réflexes. Avoir appris à dire que "tout va bien" à tort et à travers lui avait noué deux ficelles au coin des lèvres ; son cœur tirait dessus spontanément dès qu'il y avait quelqu'un à convaincre de ses jolis mensonges, comme un marionnettiste expérimenté. Plutôt mourir que de gêner Done plus qu'il n'en avait déjà l'air, ou de le laisser se rendre coupable de quoi que ce soit.
Ce n'était pas si grave, après tout. Et si ça l'était, alors de toute façon c'était de sa faute à lui. Pas de la sienne. Probablement. Laur avait les craies et le pouvoir qui allait avec : Done n'avait fait que suivre. Sans doute. Alors tout allait très bien, oui — et si ça n'allait pas, il pouvait toujours s'excuser et prier pour que son ami ne lui en veuille pas.

Bras croisés pour cesser de se torturer les doigts, Demure entrouvrit les lèvres, prêt à acquiescer et lui proposer de passer par une vraie porte, cette fois, avant de les refermer sur une grimace inquiète.
Comme baisser la tête aurait suffit à le soustraire à son regard, qu'il rajoute ses mains par-dessus ne fit que l'inquiéter inutilement. Il ne pouvait pas les saisir et les écarter en riant, comme on le lui avait déjà fait ; il avait beau l'avoir vécu plus d'une fois, il n'avait jamais été dans la position où c'aurait été à lui de prendre l'initiative — et puisque Done n'était pas lui, il n'avait aucune idée de comment il aurait réagi. Il ne pouvait pas lui taper le dos, et ne trouva bien sûr rien de calme et rassurant à dire.
Dix fois plus nerveux que s'il s'était retrouvé face au faisceau de la lampe torche, Laur parcourut un million de pensées et de possibilités en un quart de seconde.

Toutes finissaient en un "désolé" paniqué ; sans surprise, c'est donc ce qu'il balbutia en premier.
Le reste suivit sans beaucoup plus de fluidité.

« J'aurais dû faire attention avant de t'emmener, j'ai pas... Je sais pas, je suis bête. Désolé. »

Non, ça n'allait pas. Il devait avoir l'air, du genre, sûr de lui et décidé, dans l'auto-dérision, s'il ne voulait pas que Done culpabilise pour l'avoir fait se sentir mal — il savait que c'était possible, puisque ça lui arrivait tout le temps.
... Égocentrique, uh.
Bras toujours croisés fort contre sa poitrine, il tenta un sourire au hasard.

« On est passés, c'est... Déjà ça ? Et j'ai — enfin, j'ai l'habitude de me mettre dans des, situations bizarres, admit-il, jugeant ce demi-mensonge acceptable et facile à tenir. Mais je ferai attention à pas déteindre sur toi. Promis. »

Il voulut répéter que ce n'était pas grave et que si, pour sûr, ils en riraient plus tard, mais jugea plus prudent de se taire.

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Do I run or do I stay ? When all I do may fall away.
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MessageSujet: Re: Il nous faut ces chaussures.   Lun 9 Jan - 1:19

Hein ?
Done releva la tête vers Demure, légèrement surpris, et au « je suis bête » une vive émotion lui remonta jusqu'à la gorge, lui coupant le souffle. Oh non, oh non. Ce n'était pas le blâmer qu'il voulait, loin de là, alors les excuses n'avaient pas lieu d'être. Qu'est-ce qu'il s'était passé ? Qu'avait-il dit de mal ? Qu'avait-il fait pour lui faire penser ça ? Il venait bizarrement de tout oublier, les souvenirs des dernières secondes fondant avec la sueur de sa panique soudaine.
Mais quel ami était-il. Quel ami.


« On est passés, c'est... Déjà ça ? Et j'ai — enfin, j'ai l'habitude de me mettre dans des, situations bizarres. Mais je ferai attention à pas déteindre sur toi. Promis. »

Franchement, là, il ne savait pas quoi répondre. Il ne supportait tellement pas ce sentiment de non maîtrise. Et, même si cela pouvait paraître étrange, le garçon se dit qu'heureusement que c'était Demure face à lui. Autrement, il se serait senti encore plus mal. C'était son ami le plus proche, ici à Euphemia, et Done était certain de pouvoir se montrer honnête la plupart du temps. Qu'il comprendrait et pourrait même le conseiller si besoin, même si bien entendu il ne voulait pas non plus le déranger de trop avec ses problèmes qui n'en étaient pas tant.
Pourtant, il ne faisait pas vraiment bonne figure à ce moment-là. Comme si on l'avait cassé, il regardait avec inquiétude l'estonien, puis ses doigts, puis le bout de laine qui dépassait de son vêtement. Allez, il fallait trouver quelque chose, là. Il l’embarrassait déjà suffisamment comme ça.
Plongeant ses mains dans ses poches pour arrêter de jouer avec, Done releva le menton et déglutit :


« Ce ... Euh ... »

Voilà qui n'était pas bien concluant. Au moins, il avait réussi à prononcer quelques sons ; ce qui s'avérait un petit succès en soi. De quoi reprendre un peu de contenance et retrouver ses moyens ainsi que le fil de ses pensées.
Qu'ils soient amis s'expliquait sans doute un peu par le fait qu'ils avaient une part de points communs. A cet instant, si Done s'inquiétait de ce qu'il avait pu faire et d'avoir blessé Demure d'une quelconque façon, le quiproquo pourrait venir de la réciproque ? Demure se verrait comme le grand responsable de leurs "malheurs" ?
Done prit le temps d'inspirer et d'expirer pour se détendre un peu avant de reprendre plus clairement :


« Hmm. C'est un peu ce que je voulais dire aussi, j'ai dû mal m'exprimer et du coup je t'ai fait peur ! C'est à moi de m'excuser, du coup, hein ! Et puis, c'est moi qui t'ait proposé d'utiliser ton pouvoir. Enfin bon, il n'y a pas de coupable, ne restons pas là-dessus ? »

Avec son sourire, le blond espérait paraître plus détendu auprès de Demure et le convaincre un minimum. Même si, au fond, l'un comme l'autre garderait dans un coin de leur tête qu'ils restaient le principal fautif.

« Je dois dire que niveau situations bizarres, je reste quand même pas mal rôdé. Doooonc ... pas la peine de faire attention, tu ne peux plus rien pour moi. »

Son sourire s’agrandit, à la limite du rire pour lui montrer que tout allait bien.
Pfiou. Comment font les gens qui ne réfléchissent pas et ne suivent principalement que leur instinct ? Les maux de crânes qu'ils devaient éviter ...

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MessageSujet: Re: Il nous faut ces chaussures.   Mer 17 Mai - 19:49

Derrière son sourire hésitant et les doigts qu'il tordait un peu, sans trop s'en rendre compte, Laur sentit la morsure glacée de l'appréhension se faire plus distante. C'était comme un pallier par-delà lequel les sensations s'évaporaient en fumée ; la conscience venait avec, souvent. Il ne savait pas trop où il était. Ce qu'il faisait. Il ne sentait plus grand chose, en tout cas — son corps était là et lui un pas derrière. Plus ou moins.
Je ne sais pas gérer cette situation, répétait son cœur à chaudes larmes, tandis que son cerveau, complaisant, se mettait à chercher une porte de sortie par laquelle le jeter tout entier. Il n'avait pas l'habitude de grand chose mais surtout pas des gens ; des personnes dont il ne connaissait pas les mimiques par cœur, des individus dont il n'avait pas encore étudié les réactions, des gens qu'il ne comprenait pas tout à fait, et en cela Done était un peu trop comme un miroir — l'introversion le rendait imprévisible. Ami ou pas, confiance ou non, il ne pouvait pas lire en lui comme dans un livre ouvert.
Laur n'était pas à un mensonge près. Il les acceptait sans broncher, sans rechigner, et en ce moment, il aurait donné à peu près n'importe quoi pour un sourire et l'assurance que tout allait bien. Done n'était peut-être pas très doué pour faire semblant. Il ne savait pas.
Mais il l'aimait comme ça.
C'était lui qui devait changer, pas l'inverse.

On inspire on expire et on recommence.

Se faire ôter la culpabilité de manière aussi franche donna à Laur l'impression bizarre d'être un peu vide — et, aussi désagréable et hors-de-propos soit-il, le sentiment refusa de faire place nette. Il resta là, bien en évidence, bien au milieu, et lui persista à sourire et à acquiescer, à réagir comme il imaginait devoir réagir, sans réussir à mettre le doigt sur ce qui n'allait pas.
A défaut de savoir quoi faire d'autre, il hocha la tête. Pas de coupable. Okay.
L'enfer est pavé de bonnes intentions, comme on dit.
Laur eut beau vouloir entendre "inutile de t'en faire, je me débrouille", les mots restèrent coincés dans sa gorge et lui blessèrent l'intérieur des joues. Sûrement que Done essayait de le dédouaner en prenant la faute pour lui (quelle faute ?), mais il ne pouvait s'empêcher de se sentir rejeté d'une certaine façon.
Laisse moi t'aider. Non, pas besoin. Merci quand même. A la revoyure.
Il devait avoir l'air stupide. Seul son sourire, fidèle au poste, ne flancha pas.

« D'accord, okay, répondit-il en riant, tout doucement, le cœur serré. Je te laisse nous faire éviter les trucs bizarres, alors. Je compte sur toi. »

Après un petit signe de tête, il esquissa un pas pour repartir. Ne restons pas là-dessus, au propre comme au figuré — ils n'étaient pas venus pour se mettre dans les ennuis, au départ, de toute façon. Ils avaient de grandes choses à accomplir.
Se rappelant que Done était juste venu lui apporter des légumes et lui proposer son aide, à la base, le jeune homme ne put empêcher son cœur de soupirer plus fort. Il a proposé de lui-même, grommela-t-il en silence. Tu n'as forcé personne, il était d'accord, il est juste mal à l'aise, arrête de tout ramener à toi. S'il voulait partir il partirait, arrête de tout rendre bizarre, tu exagères.
Tais-toi.
Et comme d'expérience il savait que les silences amiables étaient plus agréables que les conversations gênantes, bras croisés, il se tut.

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MessageSujet: Re: Il nous faut ces chaussures.   Jeu 25 Mai - 22:22

Hahaha.
Une grosse envie de rire qui n'avait rien à faire là se bloqua dans sa gorge. Seule un bête sourire persistait alors que Demure reprenait les devants. Il fallait avancer, tout simplement. Fini d'en parler. Tout va bien. Tout va bien.

Pourtant. Ça n'avait pas l'air. Done n'était pas satisfait, mais il ne pensait pas non plus trouver ce qu'il voulait en continuant à marteler son ami de bonnes paroles. Le garçon manquait d'idées et abandonna juste purement et simplement, la boule au ventre.
Il ne savait pas comment prendre la dernière phrase de Demure. Il ne savait pas ce à quoi il pensait, mais ne prendrait pas la peine d'imaginer le pire. Se préserver un peu était aussi important, et ça n'en serait que bénéfique pour son ami aussi.
Bien.
Sans un mot, donc, il laissa passer Demure en premier, traînant volontairement un peu et regardant autour de lui avec une fausse curiosité. Tout ce qui lui importait, à ce moment-là, était que Demure ne le voit pas laisser sa tête et ses épaules s'affaisser misérablement. Ce court moment de faiblesse balayé, le blond retira précautionneusement sa barrette avant de passer une main dans ses cheveux. Pfiou.

L'accessoire doré serré entre ses doigts, à la manière d'un chrétien et sa croix, Done laissa sur son visage une expression neutre et suivit avec un peu plus d'attention ce qu'il se passait autour de lui.
Les clients du café avaient fini par ne plus faire attention à eux, à l’exception des employés qui n'étaient pas certain de savoir s'ils allaient consommer ou non. Les voir sortir, cependant, mit heureusement les choses au clair. Ce n'était pas abusé de se poser de grandes questions face à une telle entrée ; la journée n'avait sûrement pas été étrange que pour eux après tout. Peut-être même avaient-ils aussi rencontré la course de familiers un peu plus tôt ? Eh ...
Sur une autre note, après, et même s'ils avaient bu précédemment, c'était vrai que le garçon n'aurait pas dit non à un peu de sucre pour lui changer les idées. Ou n'importe quoi de bon. Mais il avait plus d'affinité pour le sucré. Une bonne glace, pourquoi pas. Avec beaucoup de chantilly.

« Je ne sais pas si tu as faim mais, après la course, on pourrait grignoter un truc tant qu'on est là ? Après l'effort, le réconfort. »

Done fut content au passage d'avoir trouvé quelque chose à dire, et qui ne soit pas gênant en plus. Tranquille. Normal. Parfait.
Si ça ne lui disait rien, ce n'était pas grave non plus. En fait, il comprendrait parfaitement que Demure ait envie de s'enfermer chez lui pour les trois prochains jours ... Ha. Humour, bien entendu.

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MessageSujet: Re: Il nous faut ces chaussures.   Mer 26 Juil - 19:03

Le silence, malheureusement, n'empêchait que de dire des bêtises. Pas d'en penser.
Il aurait dû le savoir — il le savait — mais ce n'était pas comme s'il pouvait trouver mieux, si ? Aligner les paroles au hasard lui aurait donné l'air lourd et maladroit, gêné, vulnérable. Laur ne craignait pas le moins du monde que son ami ne tire profit d'une fragilité apparente, non ; c'était plus une histoire de ne pas vouloir être un poids mort accroché à ses chevilles. A ses yeux, que Done juge nécessaire d'ajuster son attitude par rapport à lui, c'était encore être trop pesant.
Or, de pesant à présent, il n'y avait qu'un pas.
Lui le franchissait à tort et à travers.

Parce qu'il se perdait dans ses pensées plus vite qu'il n'alignait les pas, doigts nerveusement serrés contre les manches de sa veste, il fut presque surpris de constater que Done ne l'avait pas dépassé entre temps. C'était tout juste s'il ne traînait pas encore plus que lui — et s'il chassa très vite toute idée négative de son crâne, elles eurent le temps d'y faire leur nid malgré tout. Ces choses-là ne se laissaient jamais déloger complètement. Il s'inquiétait de pouvoir s'en débarrasser un jour.
Et puisqu'avoir l'impression d'être de trop le rendait distant ou geignard ou désagréable ou agaçant, le serpent s'empressait de se mordre la queue. Peut-être que c'était juste sa personnalité qui voulait ça, après tout.
Oh combien orgueilleux de croire que ses qualités comme ses défauts auraient donné envie à qui que ce soit de rester, hein.

Sourire aux lèvres, il tourna la tête vers Done.

« Je veux bien, oui. Ça m'évitera de manger toutes mes courses à peine arrivé, répondit-il en levant les yeux au ciel. Je ne reste pas longtemps ici, en général, mais hm. Si tu vois quelque chose. »

Faire du lèche-vitrine, culinaire ou autre, n'était définitivement pas son activité favorite. Piètre consommateur et fervent défenseur de l'idée selon laquelle baver devant des choses qu'on ne peut pas s'offrir ne mène à rien, il avait pris l'habitude d'aller droit au but sans se laisser distraire par des devantures, odeurs ou allées remplies de tout et de n'importe quoi. Quand il partait seul, les allers-retours se faisaient vite et bien.
Done ne s'égarait pas autant que d'autres de ses connaissances, loin de là, mais sa présence le rendait tout de même plus attentif au monde alentours.
Un peu.
Si Done avait une idée d'où aller, il préférait compter sur lui.

« Ça va être là, fit-il remarquer après quelques mètres supplémentaire, désignant l'épicerie d'un signe de tête. Il manquera juste les fils, après. »

Il n'avait pas grand chose à prendre, de toute façon, puisque Done était arrivé chez lui avec le providentiel panier à légumes. Il lui avait même changé une ampoule, alors comme ça.
Il allait vraiment falloir qu'il lui rende la pareille d'une manière ou d'une autre.
Enfin. Épices d'abord, mercerie ensuite, puis manger quelque chose.

Et, quelque part au milieu de tout ça, déstresser et agir comme un être humain normal.

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