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 silent howl ─ Apotheosis
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Eva


Holy Sword

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MessageSujet: silent howl ─ Apotheosis   Ven 3 Oct - 21:42

Le froid. La solitude. Autour de toi les gens avancent tels des fantômes. Ils se battent, ils se hurlent dessus. Parfois les lits grincent alors qu'une seule personne y est entrée, parfois les barreaux claquent sans que personne ne les ai effleurés. Des frissons parcourent tout ton corps chaque fois que les chaises grincent contre le sol, à chaque fois que tes toussotements rauques résonnent contre les murs humides de ta cellule.

Le plateau entre tes mains tremblantes et une sorte de bouillie pâteuse débordant au travers de l'assiette, ton regard nettoie la grande salle du regard, comme à la recherche d'un point de repère, quelque chose, quelqu'un qui lui ferait revenir sur Terre.

Sa tignasse emmêlée et ses poings fermes, tu te laisses un instant plonger dans la contemplation de sa morosité. Apotheosis. Il t'avait donné des ordres clairs. Tu as désobéi. Tu as échoué. Vous avez tous échoué. Tu baisses les yeux et déposes ton plateau à côté du sien, t'assieds sans prononcer un mot. La tête penchée, le regard perdu. Tu t'oses parfois un coup d’œil dans sa direction, pour finalement toujours revenir à ton plateau.

Était-il fâché contre toi ? Tu ravales ta salive. Il ne pouvait rien faire contre toi, ici, si ? La bonne blague. Les autres prisonniers n'avaient pas eu de mal à déjà te blesser ; tes bleus ne mentaient pas. De toutes façons, tu n'avais plus grand chose à perdre.. puisque tu l'avais déjà perdu, lui.

« Désolée, monsieur. J'ai échoué. »

Tu ravales ta salive, encore une fois. Tu aurais aimé pouvoir relever les yeux vers lui, voir son visage, ses yeux, mais il était certain que la déception pesait dans ses pupilles froides. Tu serres les dents. Si tu n'avais pas été là, peut-être que ça ne se serait pas passé comme ça, pas vrai ?

Encore une fois, tu étais un poids. Le sien.

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Apotheosis


Crimson District

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MessageSujet: Re: silent howl ─ Apotheosis   Dim 21 Déc - 19:04


Tu as froid. Depuis combien de temps n'avais tu pas fait attention à ce que tu pouvais ressentir ? Les sensations remontent dans ta gorge comme au bord de les dégueuler. Tu as échoué ta mission, ce pourquoi on t'avait formé, formaté. Ce pourquoi tu as abandonné tout ce qui pouvait te définir en tant qu'humain. Tu es devenu une machine. Tu es assis dans ta cellule, seul, en quarantaine. Tu es immobile, les yeux semi ouverts, fixant en silence le mur métallisé. Tu n'avais rien à dire, rien à faire, plus aucun but, plus aucune fin vers laquelle tendre. Tu étais juste totalement vide. Tes yeux n'exprimaient plus aucune émotion, ne trahissait ni même de la neutralité. Tu étais éteint.

Tu rouvres les yeux, on vient te sortir de ta cellule pour t'accompagner, menotté, vers la restauration. Seul à une table et surveillé, personne n'osaient venir te parler, t'approcher, ni même te regarder. Ton aura monstrueuse continuait de les écraser. Et c'est de le savoir et de le sentir qui t'écorcha ton premier sourire en coin, depuis votre défaite. Tu restais pitoyable, mais pas plus pitoyable que ces misérables déchets.
Quelque chose ose finalement s'approcher de toi, tu masques ton sourire et relève ton regar sombre et terni vers la personne. Elle. Une colère monte en toi, mêlée à de la frustration.

C'était sa faute. C'était à cause d'elle que vous aviez perdu. Elle s’assoit et s'excuse. C'est trop tard petite. « Ne me regarde pas. » Un murmure. En vérité, tout est de ta faute, c'est de ta faute, car tu as voulu la protéger. Jamais tu n'aurais agi ainsi avant cela, tu l'aurais supprimé si elle ne t'était pas utile. Oui, tu aurais saisi ses cheveux blancs et tu lui aurais éclaté la tête sur le sol. Tu l'aurais débranché dans son sommeil, et tu aurais tourné les talons,oubliant même son existence. Mais elle t'a contaminé, comme un parasite, elle t'a fait changé. Tu serres les dents. « tu oses venir me parler après ton acte de traitrise ? » De la méchanceté. Tu ne la regardes pas. Tu as peut-être honte de la regarder. « tu oses encore croire que je vais m'occuper de toi ? Mais je contrefiche de toi. » Tu te calmes, tu reprends un ton sec et froid, meme si on sent que tu te forces à ne pas exploser. « Tu étais inutile, j'ai eu seulement pitié de toi. Il fallait bien que tu serves à quelque chose. Mais meme là, tu n'as servi à rien. Disparais. » Tu tapes du poing sur la table, tu es en colère, en colère contre toi même. Parce que c'était vrai au début. Mais plus maintenant. Tu mens alors que tu aimerais que ce soit vrai. « Ne me regarde pas. » Je suis sale pour tes yeux si purs.
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Eva


Holy Sword

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MessageSujet: Re: silent howl ─ Apotheosis   Dim 21 Déc - 20:43


Au travers de tes songes, tu l'avais vu. Frôlant ta peau et soufflant ta voix, arrachant tes mots et courbant tes doigts. Il avait erré dans tes incertitudes, tes peurs et tes cauchemars, comme une ombre insaisissable que tu parvenais à peine à effleurer. Aujourd'hui, tu avais osé t'approcher. Aujourd'hui, tu étais paralysée par la peur, immobile de le savoir fâché. Pourtant, tu demeures à côté de lui, les yeux hésitants mais toujours fixés au sol, comme honteux de l'avoir déçu. L'était-il ? Certainement. Si toutes les nuits qui passaient, tu t'étais fait rouée de coups par tes charmantes camarades, la douleur que tu éprouvais à ne rien savoir dire était plus grande encore que celle que tu avais subie jusqu'à présent. Rien ne sortait, pas plus ta culpabilité que ta colère. Car oui, tu étais en colère. Contre toi mais aussi contre lui, de t'avoir privilégiée à la victoire. Pourquoi l'avait-il fait ? Ne pouvait-il simplement te laisser tomber ? Comme il aurait du le faire, sur ton lit d'hôpital. Mauvaise pensée.

Tu ravales ta salive. Chacune de ses paroles t'est un poison, te transperce les sangs et la gorge. Chaque fois un peu plus, il te fait courber le dos et baisser les yeux. Jusqu'à ce que tu les relèves enfin sur lui. Les dents serrées, la peau pâle et le regard décidé, tu l'observes.

« C'est vous qui décidez, vous vous rappelez ? » Tu marques une pause, hésite. « C'est vous qui avez décidé de me sauver la vie.. Deux fois. Pour me dire de disparaître ensuite ? Pourquoi ? »

Les yeux toujours sur lui, tu te rattrapes finalement, les rabaissant à nouveau sur ton assiette. De toutes façons, tu n'avais pas faim. Tu passes ta main gelée sur ta nuque, te griffes la peau, comme pour te rappeler ta place. Celle que jamais tu n'aurais du prendre, celle qu'il t'avait donnée. Tu le regardes vaguement, de sous tes longs cils noirs, avant de détourner une fois de plus le regard, honteuse de toi.. Honteuse de tes mots. L'amertume te prend le palais et te brûle la gorge. Jamais tu n'aurais du oser.

« ... Pardon. »

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Apotheosis


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MessageSujet: Re: silent howl ─ Apotheosis   Lun 29 Déc - 18:51


Tu aurais aimé avaler du poison. Mais, le poison qui te tue à la première gorgée. Parce qu'elle, elle est du genre à te faire pourrir lentement, dans la souffrance. C'est peut-être ton châtiment. Mourir pour mieux renaître. Mais tu n'as pas envie de t'infliger ça. Même au bord de l'agonie... elle...
Tu soupires. Chacun de ses tremblements, de ses sursauts apeurés te domine clairement. Finalement, tu es en train de perdre à ton propre jeu.
Eva c'est tes coups d'jus, c'est tes coups d'foudre, c'est tes coups d'blues, c'est pas vraiment un bon coup mais c'est dans l'mille à tous les coups.
« Pourquoi ? Pourquoi tu continues à t'accrocher à moi comme ça ?  Je te libère de tes fonctions, tu ne me dois plus rien. Va t-en. » Tu calmes ta colère, tu retrouves ce ton vide et  froid qui te fait aller mieux.
Pour la première fois, tu relèves les yeux vers elle. Tu la juges autant de fois que possible. Tu remarques alors ce que tu n'aurais du jamais du détailler. Pour ton salut. Décidément, elle était aussi inutile qu'un chiot à la naissance, sans toi. Tu te lèves, ta carrure imposante la trainant dans l'ombre. « Qu'est-ce que c'est que ces marques ? » Ton souffle se veut brûlant, ardent. « Tu les laisses te toucher ? » Tes yeux débordent d'une folie naissante. Malgré les menottes, tu frappes du poing sur la table, t'arrêtant à quelques milimètres de la collision. Tu laisses tomber ton corps sur ta chaise. Tout est fini. Tu ne peux plus les tuer. Tu ne peux plus leur presser la tête contre le sol. Tu ne peux plus la défendre. Et c'est ça qui était en train de te rendre fou. « C'est moi qui suis désolé. »


C'était la première fois de ta vie que tu t'excusais.
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Eva


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MessageSujet: Re: silent howl ─ Apotheosis   Mar 30 Déc - 17:21


Tu ne savais pas. Tu ne savais plus. Ses questions te perçaient le crâne et la poitrine, te déchiraient la voix et te soufflaient tes mots. Sans comprendre tu l'écoutes, paralysée par sa seule présence devenue menaçante. Les menottes et les tous les surveillants qu'il pouvait avoir autour de lui n'y feraient rien. Son aura toute entière te dévorait, les dévorait tous autant qu'ils étaient, les faisaient trembler à la seule idée de l'approcher. Sauf que toi, tu étais là, et au plus il parlait, au plus tu le sentais te glisser entre les doigts.
Tout ça n'était pas réel. Autour de toi ils n'étaient que les illusions de ta frustration. Tu étais possiblement déjà morte, de toutes façons. A quoi bon ? Pourquoi continuer à rester enfermée, pourquoi continuer à rester dans une hypothétique vie lorsque tout t'avait abandonné ? Pourquoi continuais-tu à t'accrocher à ton maigre dernier souffle alors que lui-même ne voulait pas de toi ?

Il se lève et tu te fonds dans son ombre. Comme écrasée par, effacée par sa seule carrure. Il commence son geste et déjà tu fermes les yeux et fronces les sourcils. Tu sentais presque sa violence t'atteindre mais d'un coup, il se brusque. Plus rien. Comme éteint, désactivé à travers ses propres convictions. Tu relèves les yeux vers lui et suis son mouvement. Il retombe. Tu hausses les sourcils. Que s'était-il passé ? Pourquoi s'était-il arrêté ? Pourquoi ne t'avait-il pas attrapé les cheveux, égorgée, pourquoi n'avait-il pas fendu la table comme il aurait si bien pu le faire ?
Ne pouvait-il pas ? Était-il simplement drogué ? Tu penches la tête, doucement, dans l'espoir de le reconnaître mais en lui tu ne le vois plus. Tu ne rencontres dans son regard terne qu'un vague spectre de celui que tu pensais apprendre à connaître. Il s'excuse. Tu as du mal à ravaler ta salive rien qu'à te l'imaginer. Désolé. Il était désolé. Désolé de quoi ? Il ne t'avait même pas écorchée. Tu papillonnes des yeux. Tes muscles doucement se détendent.

« Ma faute. C'est de ma faute car ça l'a toujours été. C'est vous qui le disiez. Pourquoi est-ce différent aujourd'hui ? » 

Tu te perds. Tu ne vois plus rien si ce n'est le brouillard dans ses yeux. Tu ne ressens plus la douleur qui t'avait été infligée durant ces dernières journées, tu ne ressens plus ni le froid ni l'humidité de ta couchette trop raide, tu ne calcules même plus la présence odorante de tes camarades. Alors pourquoi ? Pourquoi fallait-il qu'encore une fois, tu te sentes en vie, en étant à côté de lui ? Tu serres les dents. Tu n'en voulais plus. Tu ne voulais plus sentir la douleur. Tu ne voulais plus sentir la peur. Il ravivait en toi ce que jamais tu ne voulais connaître et pourtant, tu ne pouvais t'empêcher de t'accrocher à ça. A lui. Car il était le seul et dernier souffle de ce qui t'avait été arraché.

« Je ne vous reconnais plus, monsieur. Est-ce donc la première fois que vous trébuchez ? Si c'est le cas je vous rassure, il y a toujours moyen de se relever. »

S'il n'avait jamais connu l'échec, toi tu en étais certainement la fine connaisseuse. Celle qui avait toujours tout raté, celle qui était toujours tombée mais qui chaque fois relevait le menton pour mieux avancer, c'était toi. Parce que c'était dans ta nature. Tu étais un échec. Une ratée.

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Apotheosis


Crimson District

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MessageSujet: Re: silent howl ─ Apotheosis   Lun 2 Fév - 19:10

Elle ne te reconnaît pas, la bonne blague. Est-ce que toi même te reconnaissais tu, Apotheosis ? Le monde ne tourne pas rond. Il tourne à l'envers même. Tu sens la rage grandir dans ton cœur trop longtemps silencieux. Tes yeux presque humides de haine te démangent au point que tu as presque envie de t'en arracher les globes. Tes sourcils se froncent à ses paroles.  « Petite conne. N'as tu pas compris que c'est fini ? La mission a échoué. C'est fini. » Ta voix reste pourtant froide et sévère, mais tu sens qu'elle tremble tout de même. Un sourire effleure tes lèvres comme une brise timide. Finalement, elle faisait son boulot jusqu'au bout, elle te mâchait le travail. « Très bien Eva, c'est de ta faute, tu as fait le choix d'endurer jusqu'à ton dernier souffle. » Tu lèves lentement ton regard vers les compagnons de cellules de la jeune femme, qui mangeaient bruyamment vers le fond de la salle. Eux. Eux, ils allaient y passer. Sans les quitter des pupilles, tu affirmes avec une conviction que trop sérieuse, et pourtant si calme, si neutre. « Tu es à moi Eva, depuis que je t'ai sorti de ton lit d'hopital, tu es devenu ma proprieté. Je te l'ai dis non ? » tu évoques sans évoquer. Le collier qu'elle a autour du cou. « Et un petit chien ne laisse personne d'autre s'emparer de sa laisse. » Tu te lèves. « A plus tard, Jodie.  On se reverra, à la sortie. Je crois qu'il est temps de revoir ton éducation. » Parce que tu restes mesquin. Parce que tu restes Apo. Parce que ce que tu t'apprêtes à faire, tu l'as déjà fait tant de fois, sans même hausser un sourcil, sans même faire trembler la pupille, sans même que tu vacilles.

Les gardes t'attrapent et te maîtrisent avant même que tu écrases la tête du second au sol. On te ramène dans ta cellule, tu restes inerte et impassible. La guerre n'est pas terminé. Tu écraseras de ton âme damnée quiconque s'approchera de tes pions bien aimés.
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