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 Je vais te rendre chèvre.
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Nout


Dreamland

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MessageSujet: Je vais te rendre chèvre.   Mar 27 Mai - 21:33

C'était fou comme tout le monde paraissait vachement détendu, dans ce jeu vidéo. Sans doute que s'il avait été dans la réalité vraie, là tout au-dessus, il se serait fait courser en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire ; bon, pour se défense, trouver une chèvre dans les beaux quartiers du Caire était un poil plus difficile que se promener dans la campagne et lâchement kidnapper un enfant innocent à sa mère. Waouh, quel délinquant il faisait. S'il se faisait choper, nul doute qu'il aurait droit à la prison. Krkrkr. Tout bien réfléchi, il n'avait jamais croisé les autorités compétentes en charge de la sécurité d'Holy Sword. Soit le coin était tellement tranquille qu'ils se permettaient de faire la sieste, soit ils étaient occupés ailleurs.
L'un dans l'autre, ça arrangeait plutôt notre criminel débutant, lequel risquait surtout, en l'état des choses, de se faire attaquer en justice par un paysan mécontent.

Accroupi devant la porte de l'appartement d'Avril, Nout embrassa le chevreau sur le museau, petite récompense pour l'animal qui restait étonnamment tranquille depuis qu'il s'en était emparé comme le dernier des voleurs. Peut-être qu'il sentait qu'il ne comptait pas lui faire de mal et l'emmenait juste faire une balade fun : avec un rire volontairement tout sauf discret et qui résonna dans la cage d'escalier, il sortit une pince de sa poche et l'introduisit dans la serrure d'un geste faussement habitué. Mohammed lui avait déjà montré comment crocheter une serrure, une fois ou deux (d'accord, un peu plus que ça), et ce n'était peut-être pas très malin de se baser uniquement sur des souvenirs, mais il n'empêche que ça portait ses fruits ; le mécanisme céda avec un petit « clic » métallique, et Nout se sentit l'âme d'un empereur du mal en faisant jouer le loquet. Mwahahaha. Il fit passer la petite boule de poil marron et blanche dans la pièce avant de traîner le lourd sac beige à sa suite. Une fois le panneau refermé dans son dos, il jeta un œil à un salon impeccable qui aurait rendu n’importe quelle mère fière de son enfant, la sienne en tête de liste. Un sourire satisfait plongea tête la première vers ses lèvres : c'était toujours plus amusant de foutre le bazar chez quelqu’un qui ne supportait pas le désordre.

En attendant...

Clac, clac, clac : après s'être pris un placard, Nout passa la tête dans la salle de bain, et y balança son sac sans plus de cérémonie. Une fois ouvert, ce dernier exhiba des tonnes de foin (également gentiment emprunté au même paysan, il allait vraiment falloir qu'il le remercie, celui-là) qu'il entreprit de répandre uniformément sur le sol de la petite pièce. Puis dans le lavabo, aussi, pour bien faire – et il tapissa avec application le sol de la douche d'une épaisse couche d'herbe séchée pour en faire un lit douillet pour le petit chevreau.

« Bella, viens par làààà ! »

La petite bête émit une protestation sourde lorsque son agresseur la saisit par la taille, et se montra dans l'ensemble très critique vis-à-vis de sa nouvelle maison, mais Nout n'en avait pas grand chose à faire. Elle s'habituerait, ehehe !
Ah tiens, il restait du foin.

Ni une ni deux, l'égyptien rebroussa chemin et revint dans le salon si ordonné qui l'avait accueilli à son arrivée. Il éparpilla les restes de foin sur le sol et sur les meubles, provoquant quintes de toux sur quintes de toux à cause de la poussière qui s'en dégageait joyeusement. La gorge douloureuse et les yeux humides, il se surprit à rire de sa nouvelle décoration. Il pouvait s'improviser décorateur d'intérieur, avec tout ça ! Quelle idée d'habiter dans des pièces aussi impersonnelles, aussi... Les blocs de couleurs agressives, sans rien pour égayer le tout, donnaient envie à Nout de se passer tout entier par la fenêtre.

Avril avait aussi mauvais goût qu'il l'avait secrètement espéré. Il ne voulait rien céder à ce type – mais il n'avait rien contre lui, vraiment. C'était en toute amitié qu'il venait de recouvrir son appartement de foin et faire rentrer un chevreau par la porte d'entrée. Chevreau qui, d'ailleurs, ne pouvait pas rester en place et sautait d'un coin à l'autre de la pièce, oreilles dressées sur la tête.

Nout entendit la porte s'ouvrir au moment même où ses doigts effleuraient le pelage du petit animal. Et alors, il pouvait le jurer, il ne s'était jamais senti aussi fier de toute sa vie. On fait des anges de poussière ? Il dégagea un bloc de foin du bout de sa botte, faisant à nouveau danser l'air autour de lui.

Peut-être.

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Avril


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MessageSujet: Re: Je vais te rendre chèvre.   Mar 3 Juin - 0:09



Il y a beaucoup de choses dans la vie qu’Avril aurait aimé ne pas faire.

Genre, manger cette pomme pourrie lorsqu’il avait 8 ans – et des mauvais camarades-, pousser cette fille dans les escaliers quand il en avait 11 ou bien encore sauter de la fenêtre de sa salle de classe juste pour voir ce que ça ferait quand il en avait 13 –n’essayez pas chez vous, c’est douloureux, même au premier, sa jambe s’en souvient encore. Il y a tant de choses qu’il regrettait amèrement, d’autres encore pires que celles-ci qui le gardait éveiller la nuit tant elles l’obsédaient…

Tuer Nout la première fois qu’il l’avait rencontré n’en été pas une. Il aurait dû le faire et ne jamais regretter ne pas l’avoir fait, sa vie aurait dès lors était tellement plus belle et calme, vraiment, il s’en mordait les doigts. Ce serait un service rendu à la société, au monde entier. Il avait presque envie d’aller le tuer une fois sortie d’Euphemia, dans le monde réel, juste pour être sûr que la menace ne l’atteindrait jamais plus, ni lui, ni qui que ce soit d’autre. Un danger public, un vrai, c’était tout ce qu’il était, et Avril avait toutes les raisons du monde d’y penser.

Il était sorti peut-être une demi-heure, juste le temps d’aller acheter de quoi se gaver pendant une soirée, et lorsqu’il était revenu, il eut la terrifiante surprise de se retrouver devant une porte qui n’était pas fermée à clé. Le cauchemar de tous et toutes, le sien également. Tout d’abord il crut, non pas à tort, qu’il s’agissait d’un voleur, par pur réflexe de la pensée, ce qui, à vrai dire, semblait très surprenant puisque ça n’était certainement pas commun dans le quartier. Sa gorge se serra d’elle-même. Avril n’avait rien de valeur, en réalité, il n’avait pratiquement rien. Il n’avait jamais été le type à ensevelir son espace vital de babioles inutiles, ni rien d’autre d’ailleurs. Ce qu’il appréciait, c’était l’ordre ; le vide ne le déranger ni ne lui faisait peur, au contraire, il s’y retrouvait bien mieux, maigre reflet de sa propre personne.

Comme toute personne saine d’esprit –oui-, il se prépara à l’attaque avec ce qu’il avait stationné à l’entrée, c’est-à-dire une raquette de tennis et une paire de menottes –empruntés, vraiment- tirée d’un tiroir ; tout pour avoir une bonne et longue conversation avec le malotru.

Ce ne fut qu’une fois la tête passée dans le salon et le nez empli de l’odeur du foin qu’Avril comprit à qui il avait à faire. Immédiatement, de manière innée, il savait. Il n’y avait qu’une seule personne de son entourage pour faire cela, vraiment. Son expression tomba, blasé.

Nout.

Il allait le défoncer dès qu’il le ver-…

Un bêlement lui indiqua qu’il n’était pas tout seul dans l’appartement et que le foin étaler partout dans son salon d’habitude si propre et bien rangé n’était pas la seule farce de l’égyptien en furie. Si le garçon pouvait mettre ne serait-ce qu’un quart de son énergie pour faire des bêtises dans sa capacité d’être agréable, Avril était certain qu’ils seraient amis à la vie à la mort –enfin, au moins qu’il arriverait à le supporter plus de cinq minutes dans vouloir lui verser du jus de citron dans le nez et les yeux, ce qui serait un énorme progrès. Mais non, impossible. Nout lui sortait par tous les orifices possibles, même par les pores de sa peau.

Il prit une grande inspiration, deux grandes inspirations, se félicita de ne pas avoir de problèmes avec la poussière au-dessus de tout et s’avança lentement dans la pièce  tout en essayant de se focaliser sur l’évaluation du ménage qu’il allait avoir à faire au lieu de penser aux nombreuses façons par lesquelles il pourrait enfin mettre un terme à l’existence du parasite égyptien. Rien n’y fit et le roux se trouva à forcer le pas alors qu’il s’approchait de la salle de bain.
Les menottes lui semblaient soudainement être une très, très bonne idée.
Il poussa aisément la porte pour se retrouver devant une salle de bain absolument dévastée, un chevreau totalement prêt pour faire la fête et garçon dont le sourire lui indiquait qu’il voulait mourir de la mort la plus douloureuse possible. Il fixa la scène en silence pendant dix bonnes secondes avant de lancer sa raquette dans un coin du salon refait, jugeant qu’il n’en aurait au final pas besoin. Lui, il le voulait vivant et souffrant.

Honnêtement, il s’étonnait lui-même de son incroyable capacité à rester calme ; il irait jeter un verre plus tard, sans doute, le bruit le calmait, il aurait tout le temps après. En attendant, il avait un bon plan pour occuper un peu plus longtemps le gamin hyperactivement très ennuyant. Avril se mit en action tout aussi lentement, comme s’il n’était pas en train de programmer une séance de torture dans les détails, le visage neutre. Et Nout souriait toujours. Quel crétin.

Clic fait la menotte qui se ferme sur son poignet, clic fait l’autre qui se ferme sur le sien. Avril sourit, son regard tout sauf tendre.

« Bonjour Nout. J’adore les chèvres ! Comment as-tu deviné ? »

Son plan était d’aller l’attacher dans le salon, au radiateur, s’attacher à lui juste le temps de faire le trajet, faire en sorte qu’il ne détale pas, ce genre de choses qu’il pourrait faire –mais qu’il ne ferait pas vraiment, trop fier de son petit tour pour ne pas affronter l’orage violet dans les yeux d’Avril. Un plan parfait, sans failles, vraiment! Digne de lui. Un peu trop digne de lui considérant le fait qu'il n'était pas tout à fait dans son état calme habituel.

Et puis il se souvient qu’il n’a aucune idée d’où sont les clés et qu’il vient juste de se menotter à son pire ennemi. Son sourire se tordit légèrement, il se maudissait intérieurement.

L’arroseur arrosé, l’arrosoir arrosé.

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Nout


Dreamland

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MessageSujet: Re: Je vais te rendre chèvre.   Jeu 5 Juin - 4:49

Le visage de Nout se fendit d'un immense sourire et même le regard blasé qu'Avril lui renvoya ne daigna pas chasser la joie qu'il affichait d'une oreille à l'autre. Il écarta vaguement les bras, comme pour un « surpriiiiise » totalement déplacé, et laissa les quelques secondes de silence s'écouler sans ciller d'un millimètre. Même le bruit de la raquette, violemment reléguée sur le sol de la pièce d'à côté, ne lui arracha pas la moindre grimace. Comme si cette fichue expression avait été collée à la glu sur son visage : au moins, c'était un joli masque. Le début d'un rire commençait même à percer depuis le fond de sa gorge, remontant dans ses yeux noirs brillants de malice.
Ou de plaisir sadique complètement assumé, puisqu'il venait quand même de ruiner la décoration de l'appartement d'un type qu'il détestait. Enfin, non, nuance, se précisa l'égyptien : Avril le détestait. Lui, il avait toujours tout fait pour lui être agréable et indispensable. Qu'aurait-il fait sans lui ? Cet endroit manquait de joie de vivre.

Et son poignet d'une paire de menottes, apparemment. Cette fois-ci, il écarquilla les yeux et baissa le menton vers sa main, encerclée par le bracelet le plus tendance de tout Euphemia. Oh oh. Sans avoir l'air un brin paniqué, juste quelque peu intrigué, il lança une œillade curieuse à Avril, qui venait de se menotter au bout du fil.

C'était quoi le projet derrière tout ça, au juste ? Lui, il comprenait, mais...

« Bonjour Nout. J’adore les chèvres ! Comment as-tu deviné ? »

Il a l'air fâché, se dit le jeune homme en lui adressant de nouveau un sourire étincelant. Aurait-il sauté dans ses bras en le couvrant de baisers et de remerciements qu'il aurait eu peur. Réaction normale, mon commandant, objectif rempli. La mission se déroulait exactement comme prévu – si tant est que ce dit déroulement existait bel et bien.
Enfin, si on excluait la paire de menottes. Quoique... Vu le sourire d'Avril, qui venait de virer amer, un peu comme s'il avait mangé un citron, Nout se demanda qui d'eux deux était le plus dans les ennuis.

Lui, ça ne le dérangeait pas le moins du monde d'être menotté à lui. En revanche, il pouvait rendre ça trèèèèès désagréable pour le roux impulsif. Nout n'avait peur de rien, et s'il n'hésitait pas à sauter de plusieurs mètres de haut sans se soucier de la réception une fois à terre, ce n'était pas mettre Avril en colère et ne plus pouvoir s'en défaire qui allait le faire reculer.

L'idée était même si séduisante qu'il se prit immédiatement au jeu. Derrière lui, le chevreau appuya son idée d'un bêlement aigu.

« Eeeeeh, Avril ~ Tu sais, si tu voulais que je reste prendre un verre, y'avait des moyens moins extrêmes de me le demander. »

Dans le monde très coloré de Nout, menotter quelqu'un devait vouloir dire « prenons un verre ensemble, je te remercierai d'avoir foutu de la paille partout chez moi et on se regardera romantiquement dans le blanc des yeux pendant une heure ou deux ». Même si, en l'occurrence, le dîner parfait consistait en verres de cyanures et en soupes d'acide.
Quelque chose lui disait que s'il ne trouvait pas les clés très vite et ne le fichait pas dans le premier placard sitôt libéré, Avril allait regretter d'avoir voulu l'attacher en premier lieu.

« T'es timide en fait, c'est ça ? »

Ses remarques hors de propos le faisaient sourire et rire tout seul, l'image même de la bonne humeur alors qu'il venait de vandaliser gratuitement l'espace vital d'un pauvre garçon qui n'avait (mais vraiment) rien fait pour mériter un tel châtiment.

Ou peut-être que si. Nout n'aimait pas trop qu'on le fuit, surtout qu'il se trouvait définitivement drôle et de bonne compagnie. C'était vexant de lui tourner le dos ou changer de trottoir quand on l'apercevait. Avril pouvait comprendre ça, non ? Qu'il se sente trèèèèès triste qu'il l'évite, hein ?

Il secoua la chaîne qui les reliait, mesquin, insensible, méchant, et très motivé quand il s'agissait de ruiner la vie des gens qu'il ne portait pas dans son cœur.

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Avril


Holy Sword

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MessageSujet: Re: Je vais te rendre chèvre.   Jeu 10 Juil - 23:35


Qui n’a jamais rêvé d’avoir une chèvre ?

Avril.

Qui n’a jamais rêvé de se retrouver menotté à un délinquant adolescent égyptien ?

Encore Avril.

Qui se retrouve avec une chèvre dans son appartement menotté avec l’égyptien le plus chiant du monde ?

Le crétin impulsif roux qu’il est.

Ca ne pouvait pas plus mal tourner, à moins que le garçon ne sorte un alligator de sa poche, chose dont il ne le mettrait pas au défi car plus bâtard que Nout, il n’y avait pas. Dans un sens, la complète dévotion de l’adolescent à sa personne était presque flatteuse, vraiment, et s’il ne l’avait pas purement et simplement hait, il lui aurait offert un cookie et ils se seraient installés pour parler du comment et du pourquoi. C’était un assez beau plan, vu de loin, tant que ça n’arrive pas chez vous, digne d’un film low-cost dans un sombre pays, une sorte de Very Bad Trip sans budget.

Mais non, aucune félicitations sincères, aucun sourire chaleureux, Avril avait juste très envie de l’étrangler avec les menottes, là, tout de suite, ou peut-être même de lui exploser la tête contre l’évier pour son plus grand plaisir. Pour des raisons purement logistiques et pratiques, et également parce qu’il  n’avait pas envie de traumatiser le pauvre chevreau qui n’avait rien fait de mal si ce n’est se faire kidnapper par un dangereux abruti – sérieux, d’où sort cette chose ?-, il ne le fit pas, pourtant ça n’était vraiment pas l’envie qui lui manquait.

« Eeeeeh, Avril ~ Tu sais, si tu voulais que je reste prendre un verre, y'avait des moyens moins extrêmes de me le demander. »

Et il avait l’air tellement heureux le bâtard ! Awwh, good for you little boy. A croire qu’il appréciait vraiment beaucoup sa présence- ce qui, en soit, n’était pas improbable. Aux yeux du jeune garçon, le roux devait être un très bon moyen de distraction, à son grand regret.
Avril s’efforça de lui rendre un sourire un semblant chaleureux, récitant ses tables de multiplications mentalement afin d’adoucir ses envies meurtrières, pourtant son regard violacé ne cessait d’envoyer des signaux peu avenant à l’attention de Nout. Prendre un verre, mais quelle fantastique idée ! S’il ne retrouvait pas les clés au plus vite, verser accidentellement de l’eau de javel dans la grenadine du gosse sera une merveilleuse alternative pour écourter malencontreusement leur petit rendez-vous.

« T'es timide en fait, c'est ça ? »

Nan, peut-être que la tête dans l’évier était la bonne solution au finale, une œuvre d’art qui rendrait service à l’humanité entière. L’idée était plus que tentante, surtout vue l’application que le jeune châtain mettait en œuvre pour le mettre tout bonnement en rognes. Le cliquetis de la chaîne associé au sourire satisfait de son bourreau faillit écraser toutes ces leçons de self-control qu’il s’était lui-même donnés, ce qui aurait été bien regrettable, il fallait l’avouer.

Son sang bouillait, ses poings se serraient, sa gorge se nouait ; de toute sa vie – et bien heureusement-, il avait rencontré bien peu de personnes capables de le mettre sur les nerfs à ce point avec un simple sourire, un petit mouvement discret et il fallait qu’il tombe sur l’une de ces créatures spéciales ici, alors qu’il avait tout fait pour les fuir. La vie était franchement dégueulasse avec lui.

Toutefois il ne cilla pas, renouvelant même un sourire. Avril passa ses nerfs sur la table de sept, jetant un coup d’œil aux dégâts. Il devait être brûlant en ce moment même, il s’étonnait presque de ne pas fumer. Quel pouvoir stupide aussi, franchement ; « bouilloire humaine » n’avait même pas le mérite de sonner bien sur du papier.

Bon, allez vieux, soit aimable, soit un bon hôte, ne lui fait pas le plaisir de le frapper – d’habitude, c’était son job, ça.

« Eh bien, eh bien, me voilà percé à jour ! Curieusement, ta présence me rend tout timide. L’un de tes nombreux talents, j’imagine. »

Avec : être un connard, être un bâtard, être absolument insupportable et compagnie, Avril ne doutait pas un seul instant des nombreux talents de son camarade, il n’était que trop souvent en admiration totale devant eux.
Sans prévenir, n’en voyant pas l’intérêt, il fit volte-face, entraînant derrière lui Nout grâce - à cause- des menottes, le ramenant vivement dans le salon avec la ferme intention d’aller trouver cette clé.

« La décoration ne te plaisait pas à ce que je vois, vu que tu l’as refaite à ton goût. Ça te ressemble tellement, j’ai tout de suite su que c’était toi !»

Pas qu’il y en ait beaucoup à l’origine, vrai, mais à présent, elle laissait franchement à désirer, tout comme l’homme qui en était l’instigateur. Tel père, tel fils, telle création. Quelqu’un avait dû lâcher Nout à sa naissance.
Il traça son chemin à travers la paille jusqu’aux tiroirs de l’entrée sans accorder plus qu’un regard en coin à son colocataire de menottes, en ouvrant un au hasard pour débuter sa recherche de la clé du paradis, de sa douce salvation.

Tout était si bien ordonné chez lui, il allait bien finir par la trouver. Du moment qu’elle était vraiment dans l’appartement, du moins.

Ce serait comique qu’elle n’y soit pas, par une grande ironie du sort. Ahahahahahahahhaha.

Qu’est-ce qu’on se marre.

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Nout


Dreamland

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MessageSujet: Re: Je vais te rendre chèvre.   Mer 23 Juil - 19:36

Non, le but de Nout n'était pas d'anéantir Avril à coup de combustion spontanée – mais maintenant qu'il y pensait, l'idée lui apparaissait comme vachement pratique, et amusante de surcroît. A tenter, inscrit-il à l'encre indélébile dans un coin de son esprit, amusé par la colère qu'il devinait sous les muscles tendus de son interlocuteur. Pour sa défense, il pouvait reprocher à Avril un flagrant manque d'humour que sa voix grinçante ne masquait pas du tout. Pour un peu, il lui en aurait tiré les joues pour lui apprendre à sourire. Souriiiiiis. Et si l'envie de rire ne lui venait toujours pas, il pouvait jongler (avec une main) et lui décrire de long en large tout ce qu'il aurait pu faire de pire à son appartement chéri, et dont le feu de bois n'était pas l'option qu'il détestait le plus. Aaaah, il aurait mieux fait d'inviter Lola, elle aurait su s'y prendre pour maîtriser le rouquin, même avec son mètre cinquante et des bananes. Cette fille était un véritable gorille.
Quoiqu'il en soit, monsieur chaud-bouillant n'avait pas encore tenté de l'étrangler, et Nout ne savait pas s'il devait s'en estimer heureux ou s'en inquiéter. Soit il essayait de faire bonne figure devant la paille et le chevreau, soit il avait pire qu'une strangulation en tête – et mince, ça réussissait à le rendre curieux.

Il en fallait beaucoup pour lui faire lâcher son sourire. Les menaces d'un presque adulte qui avait réussi à se menotter à lui sans le vouloir n'en faisaient pas parties. Mais franchement, comment en douter ?
Cause toujours, tu m'intéresses.

« Eh bien, eh bien, me voilà percé à jour ! Curieusement, ta présence me rend tout timide. L’un de tes nombreux talents, j’imagine. »

Tant d'amour le laissait pantois ! Qui sa présence ne laisserait-elle pas profondément ému au point d'en jeter toute logique au fossé ?

« Et encore, t'en as pas vu le quart. »

Il allait joindre le geste à la parole, main dans la poche de sa veste, quand Avril l’entraîna brutalement à sa suite, lui arrachant un cri de surprise plus que de douleur. Ce qui ne l'empêcha pas de masser son poignet endolori, une moue mécontente aux lèvres. Mais quelle brute ! Il voulait lui arracher le bras et le garder en souvenir, ou quoi ? Au moins, le problème des menottes aurait été résolu. Pas très académique mais aussi efficace qu'une scie électrique, pour le coup.

« La décoration ne te plaisait pas à ce que je vois, vu que tu l’as refaite à ton goût. Ça te ressemble tellement, j’ai tout de suite su que c’était toi !»

Même qu'il vivait dans la paille comme un animal et que Bella était sa sœur de sang. Peut-être que c'était le bon moment pour lui en parler ? Ah, non, les ballons d'abord.
Après avoir honteusement raflé quelques accessoires marrants chez son coiffeur préféré (P0rnstar ne lui en voudrait pas, et tant pis s'il voulait l'étrangler la prochaine fois qu'il le verrait), il avait décidé de s'en servir comme décorations, histoire de rehausser la couleur « prairie en été » qu'avait pris l'appartement d'Avril. En soufflant comme un enfant dans le latex, il savait parfaitement ce qu'il faisait, et il savait aussi parfaitement à quoi servaient ces trucs. Il n'avait pas huit ans et il n'était pas non plus naïf à ce point.
Comme si de rien n'était ou qu'il venait de transvaser l'air de ses poumons dans un bête ballon de baudruche, il tendit le préservatif rondelet à Avril avec un sourire.

« Tiens, je voulais rajouter des ballons mais comme tu as pris ma main en otage, j'arrive pas à les nouer. »

Tu veux bien le faire pour moi ? Sans doute que dans son cas, ce n'était pas un placard et un cadenas qu'il aurait fallu, aussi épais que puissent être les dites chaînes, mais plutôt un bon aller simple pour le rez-de-chaussée avec escale par la fenêtre.

Il allait avoir du mal à les trouver, ses clés, s'il l'interrompait toutes les trente secondes pour des bêtises de ce genre. Ahah.

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Avril


Holy Sword

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MessageSujet: Re: Je vais te rendre chèvre.   Dim 31 Aoû - 22:33



Avril ne pense pas être du genre à se plaindre – non, vraiment.

Nul besoin d’aller enquiquiner tout le monde avec ses problèmes relationnels ou familiaux, franchement. Non, lui ferme sa grande bouche et laisse les choses se passer, règle ses petits problèmes de lui-même, comme le grand garçon qu’il est, capable et dégourdi. Se plaindre, ça craint, c’est pour les losers, et pourtant, là, en ce moment même, il ressentait l’irrésistible besoin de raconter ses malheurs à la personne la plus proche à part Nout, préférablement quelqu’un qui connait bien. Il avait envie de se plaindre jusqu’au bout de la nuit parce que la vie est franchement trop injuste avec lui et ça ne devrait pas être possible d’être aussi malchanceux.

Voyez de vous-même la bestiole à laquelle il était attachée jusqu’à – peut-être- la fin des temps, s’il ne retrouvait pas cette fichue clé et bordel il était certain qu’elle était dans ce tiroir-là ! La fin des temps étant son suicide ou le meurtre d’un Egyptien particulièrement chiant.

« Et encore, t'en as pas vu le quart, » qu’il causait le truc. Eh bien il ne voulait pas voir le reste. Absolument pas. Qu’il garde son plus de trois-quarts pour lui ou il allait chercher la tronçonneuse du voisin – tout le monde sait qu’il a une tronçonneuse qui ne sert à rien. Jusqu’à présent, en tous cas.
Il pourrait lui couper un bras. Ou bien juste la main, ce serait suffisant. Vraiment, Avril ne lui en voyait aucune utilité. Que faisait-il dans la vie, le gamin, à part lui en faire baver, hein ? Probablement rien d’intéressant, ce qui, au final, l’arrangeait. Une main en moins, c’est pas la mort pour un chômeur précoce.

Ou peut-être – peut-être – que s’il chauffait assez, il pouvait faire fondre les menottes. Faire fondre Nout. En faire un tapis. Il aurait l’air cool à l’entrée, là, juste sous ses pieds. Il y avait de l’idée. Du calme Avril, cherche la petite clé, ne tue personne, il ne vaut pas la prison ou un poignet foulé.

Inspire, expire, la clé est à portée de main, et le nouveau Avril est là, calme et posé, prêt à parlementer avec son bourreau, à lui offrir un verre d’eau sans lui briser le verre sur la tête – à voir. Tu peux le faire, descend la température et – qu’est-ce que fait ce hideux chapeau dans son tiroir ?

« Tiens, je voulais rajouter des ballons mais comme tu as pris ma main en otage, j'arrive pas à les nouer. »

Et c’est ainsi que toute la détermination du roux à se maintenir bon hôte se fait la malle, au moment même où ses yeux tombèrent sur le latex gonflé et doublèrent de volume. Il avoue honteusement avoir failli hurler et, à regret, avoir rougi comme un puceau boutonneux, l'espace d'un instant. C’était idiot, franchement super idiot, de rougir pour ce genre de choses alors que des préservatifs, il n’y avait rien de plus banal et il en avait vu passer, de ces choses. Il ne saurait expliquer son embarras, lui qui assumait tout ça complètement.

L’effet Nout, il assumait.

Avril reposa son regard violacé sur le visage ô combien trop innocent pour être vrai du garçon, rouge et envahi par le besoin de lui fracasser le crâne contre l’étagère – ce qu’il ne fit pas, avec toute la retenue du monde. En fait, le roux était persuadé que peu importe ce que le plus jeune faisait, ça l’énerverait tout bonnement parce que c’était lui et certainement, très, très certainement, le garçon le savait aussi. Ce qui était très fâcheux et lui donnait encore plus envie de l’assommer avec un tiroir, mais ce serait lui faire plaisir, alors Avril abandonna sa recherche momentanément et prit le ‘ballon’ afin de l’observer, calmant à grande peine ses pulsions violentes.

Un préservatif, tout bonnement, tout simplement, pas de quoi le faire paniquer. Si ce n’est que, en général, on ne lui tendait pas ce genre de chose pour en faire de la déco – ce qui, d’une manière ou d’une autre, n’était pas non plus la raison pour laquelle le garçon l’avait amené, à moins qu’il ne se trompait lourdement. Tout pour ennuyer Avril, et seulement cela.

Enfin, au final, ça lui donnait du terrain sur quoi jouer, il n’allait pas le jeter.

« Tu sais, Nout, » fit-il tout en laissant le ‘ballon’ se vider de son air pour qu’il reprenne se forme originelle, « je vais finir par croire que tu me fais des avances. »

Il agita le latex flasque sous le nez du garçon de manière tout à fait détachée, mince sourire pendu aux lèvres.

Oh eh, il y avait bien des choses qui pourraient porter à confusion, d’accord. Et puis, chacun son tour de s’amuser un peu, non ? Avril n’allait certainement pas laisser Nout avoir le dessus, ça non.

Sans mauvais jeux de mots.


Spoiler:
 

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Nout


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MessageSujet: Re: Je vais te rendre chèvre.   Jeu 4 Sep - 0:10

Nout dut réprimer un sacré fou rire derrière son grand sourire moqueur ; un vrai de chez vrai, du genre à étouffer le malheureux et lui faire regretter d'avoir trouvé un truc aussi drôle une fois dans sa vie. Mais la tête d'Avril quand ses yeux s'étaient posés sur le ballon de fortune ! De ses joues rouges à ses yeux écarquillés, Nout crut bien qu'il allait s'enflammer et guetta la moindre étincelle sur ses vêtements – malheureusement, à part être visiblement super gêné et super perturbé par sa nouvelle façon de décorer les appartements, rien ne se produisit. Enfin, rien d'éclatant comme un feu d'artifice, parce que la réaction en soi, c'était plus que Nout n'en avait espéré. Une bulle de bonne humeur au ventre, il laissa le jeune homme lui prendre le ballon des mains et l'observer comme pour y déceler un quelconque canular. Aurait-il dû préciser qu'il appartenait à son meilleur ami le coiffeur ? Ça l'aurait peut-être gêné encore plus. Peut-être qu'il aurait vraiment pris feu, cette fois, peut-être qu'il aurait explosé. Demure aurait plus eu qu'à le recoudre et l'empailler et Nout l'aurait mis devant sa maison pour faire plaisir aux enfants. Ou alors il s'en serait servi comme porte-manteau, il ne savait pas trop.
Toutes les utilités qu'on pouvait trouver à un roux empaillé, quand même, c'était dingue. Pourquoi n'y avait-il pas pensé avant ?

À regret, il regarda l'air s'échapper du préservatif, lui redonnant une forme flasque et pas du tout sympathique. C'était encore plus indécent, comme ça, et il faillit le faire remarquer à Avril, qui avait malheureusement d'autres préoccupations en tête. L’Égyptien ne perdit pas son sourire et ne recula même pas, hésitant à lui livrer son plus sombre secret.
Qui, évidemment, était...

« Comment t'as deviné ! S'exclama-t-il, enjoué, je le cachais pourtant si bien ! »

Niveau discrétion, il avait toujours été le boss final, après tout. D'une poche qui paraissait sans fond tant il y entassait divers objets à utilité discutable, il sortit un spray qui clamait en lettres roses et calligraphiées être au goût fraise – chimique, un régal. Nout n'avait pas la moindre idée d'où ce truc sortait, il n'était même pas certain de l'avoir emprunté à P0rnstar, mais il était là. Et c'était tout ce qui comptait. Après avoir jeté un œil au préservatif qu'Avril tenait toujours et avoir fait en sorte que le jeune homme puisse bien voir à quoi le spray en question était censé servir (dans les faits, et pas entre les mains d'un garçon qui transformait n'importe quel accessoire en produit de farces et attrapes), il le déboucha et lui adressa un sourire dégoulinant de gentillesse et d'innocence.
Ou qui aurait pu sembler dégouliner de gentillesse et d'innocence en d'autres circonstances. Les courbes mutines ne portaient en elle aucune concupiscence, mais beaucoup de souhaits de douleur à l'égard de son interlocuteur.

Toujours garder le sourire. Toujours.

« Maintenant que tu le sais, je vais devoir te faire taire. »

En l'étranglant, en l'enfermant dans un placard, en le menaçant, en lui coupant les cordes vocales ? Non, c'était trop classique, ça, pas assez drôle, et il avait pas les outils pour aller avec.
Nout décida de réduire Avril au silence (mais quel silence ?) en lui aspergeant la figure de spray. Parfaitement. Et si cette scène aurait pu sembler extrêmement malsaine pour un observateur extérieur – voire complètement irréelle – lui trouvait ça tellement drôle qu'il se félicitait intérieurement. Ahaha, good job.
Sa mère aurait fait une attaque cardiaque de le savoir avec un truc pareil entre les mains, mais c'était le but. Faire tout ce que papa et maman ne voulaient pas le voir faire puisque de toute façon, ils n'étaient pas là et ne le sauraient jamais. Autant prendre des libertés à Euphemia, non ? C'était pas réel, il n'en resterait aucune trace, c'était juste un jeu.

Et dans un jeu, Nout s'estimait dans son droit de balancer du spray à la tête des gens qu'il n'aimait pas. Ce genre de spray.
Avec un peu de chance, Avril allait s'étouffer avec et ils n'en parleraient plus.

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Avril


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MessageSujet: Re: Je vais te rendre chèvre.   Sam 8 Nov - 21:56


Uh oh, ce sourire n’a rien de bon non plus. L’exception à toutes les règles est en mouvement et A!vril n’est un pas un homme heureux.
Ca allait mal tourner; pas qu’il en doutait à l’origine, oh ça non ! Dès qu’il avait compris qui le vandale était, il l’avait su, l’avait senti au plus profond de son être.


Il en était simplement un peu plus sûr à chaque malheureuse seconde qui s’échappait. 


Un meurtre, un suicide, un pauvre accident, un homme qui passe par la fenêtre, ce genre de choses arrivent tous les jours. Et arriveront bien ce jour là, Avril en est persuadé. 


Mais bon, paraît qu’il a une réputation à tenir. Paraît qu’il y a des gens qui apprécient ce... Cette chose hideuse et chiante comme 15 enfants en bas âge. 30. 50. Indénombrables. Avril ne comprend pas ça, il ne comprend pas qu’on puisse un jour s’attacher à l’Egyptien au point de dire qu’on ‚l’aime bien‘. Il ne comprend pas de nombreuses choses, choses qui l’ont souvent tracassés, toutefois celle là, cette question sans réponse, est au top du top, la number one du number one. C’est étrange, il n’a jamais -jamais- autant été révulsé par quelqu’un, pas même Owain, et ça, c’est dire.


Parfois, Avril pense que Nout n’existe que pour lui pourrir le vie; pensée absolument égocentrique et incohérente, certes, toutefois il y a de quoi se poser des questions.


Endless Paranoia - comme toujours, comme jamais, sale habitude. 


« Comment t'as deviné ! Je le cachais pourtant si bien ! »

L’exclamation lui brise autant les oreilles qu’elle lui brise... Tout autre chose. Le cliquetis des menottes attire son regard sur les mouvements du garçon, lui faisant complètement oublier momentanément ( et certainement pendant un bon bout de temps) sa recherche pour la liberté. Si le préservatif avait été une distraction efficace, la suite allait mettre un terme à ses espoirs de paix (si, il en avait). 


Avril va finir par y croire, à toute cette histoire; il semble que Nout soit déterminer à tout faire pour qu’ils restent enchaînés l’un à l’autre, vraiment. Et plus que tout, il a l’air de beaucoup apprécier cela. 


Il n’a pas plus le temps de tergiverser sur les possibles - et dégoutants - fantasmes de l’Egyptien puisque, déjà, ce dernier a sorti sa prochaine arme, une que le néo-zélendais est 99% certain qu’il ne va pas apprécier. De toute manière, à moins que Nout ne lui donne un million de dollars en c!ache, il n’appréciera certainement pas grand chose venant de sa part.!

« Maintenant que tu le sais, je vais devoir te faire taire. »
 


L’espace d’un instant, Avril craint pour sa vie - même virtuelle, il y tient toujours. 
 


L’instant d’après, il est trop occupé à essayer de frapper son cher camarade à l’aveuglette que sa vie n’est plus qu’une vaste blague. L’odeur de fraise aurait été agréable dans de nombreuses autres circonstances plus plaisantes qui n'incluaient nullement le châtain d'aucune manière, mais le roux s’avouait peu fan d’avoir la figure aspergée d’un spray définitivement très douteux. 


Mais où, grand dieu, trouvait-il ces choses! 


Dans la bataille, le préservatif-ballon se retrouve au sol - quelle tristesse, il lui manquera. Au milieu de tout, Avril jure avoir entendu la jeune chèvre bêlé de la salle de bain; peut-être que c’était son truc, la lutte artistique. 


Le garçon tousse, s’étouffe à moitié, tentant vainement de reprendre le contrôle en se jouant maladroitement des menottes. Il finit par prendre le coup; yeux, bouches, nez, tout fermé, il attrape la chaîne des menottes de ses deux mains et tire, fort. Assez fort pour qu’il se prenne un Egyptien dans les pattes, ce qui a pour désolant résultat de les envoyer tous deux sur les fleurs, pour le dire de manière poétique et gracieuse. 


En réalité c’est un mélange de cri, d’injures et de gros boom douloureux qui aurait certainement du inquiéter les voisins dans des conditions de vie normal. 

Avril est sur le cul, au sens propre du terme et non, il confirme, ça ne fait pas du bien de se prendre tous ces kilos dans la figure, encore moins de s’en faire écraser. La chute n’est pas exactement allée comme il l’aurait voulu (comme absolument tout ce qu’il entreprend, il ne sait même pas pourquoi il est surpris à ce niveau là) et au lieu de ses glorieux rêves de victoires où il se retrouverait assis sur son ennemi à l’étrangler jusqu’à sa dernière respiration, il se retrouve dans ses cauchemars, dans la position de l’étrangler et ça n’a rien de joyeux. 


Le seul bon point est qu’il n’est plus aspergé de spray. Et aussi qu’il sent la fraise artificielle. Sûrement. S’aurait certainement pu être pire. 


Nout est lourd; il grogne, yeux rivés sur le plafond tandis qu’il maudit son triste sort. Il n’a jamais eu de chance dans la vie.


Ah, allez, tant qu’on y est.


« T’sais, y’a des meilleurs moyens de courtiser les gens, fait-il, se surprenant lui-même par la stabilité de son ton, comme inébranlable. Le spray à la fraise, c’est pas très ‚dreamy‘. »


Il a l’impression que son visage est figé dans la pierre. Et ça a un goût plutôt deg’, aussi. Les créateurs ont des progrès à faire. 


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Nout


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MessageSujet: Re: Je vais te rendre chèvre.   Dim 23 Nov - 18:29

Tout ce qu'Avril allait réussir à faire, c'était lui péter le poignet ; Nout en était tellement persuadé qu'il ne broncha pas quand le jeune homme tira sur la chaîne de toutes ses forces. Fallait croire qu'il espérait peut-être qu'il lui casse un bras, histoire d'avoir une raison de lui en vouloir, de se venger – quelque chose du genre. Peut-être lui casser le bras en retour, faire pire ? Ça aurait bien, hein, seulement voilà : son équilibre flancha avant ses pauvres petits os, qu'il avait définitivement plus solides qu'il ne le pensait. S'il pouvait enchaîner les chutes de monocycles et les pirouettes manquées sans même se fouler une cheville, il y avait peu de risques qu'un simple jeu de tire à la corde l'envoie sur un brancard.
Badaboum, fit son corps en touchant le sol, pour censurer les injures immondes proférées par Avril et que ses oreilles d'enfant pur et sage n'auraient jamais dû entendre. Un peu sonné la chute surprise, Nout mit un moment à mettre de l'ordre dans ses pensées en pagaille et se rendre compte que : de un, il n'avait plus le spray en mains, et que ça allait pas être pratique s'il voulait noyer Avril avec ; de deux, le monde lui semblait bien bas tout à coup (est-ce qu'il avait rétréci?) ; et de trois, il n'était pas tombé sur le sol ni sur un tapis. Pourtant, c'était moelleux et il ne s'était pas cassé le nez sur le plancher en tombant.

Ah, tiens...

« T’sais, y’a des meilleurs moyens de courtiser les gens. Le spray à la fraise, c’est pas très ‚dreamy‘. »


Quel difficile, pensa l'égyptien en se redressant vaguement, assez pour voir qu'Avril avait eu la gentillesse d'amortir sa chute. Il aurait dû le remercier en lui collant un préservatif dans la bouche, ça aurait été bien fait : personne n'aurait résisté à la tactique « charme » consistant à aveugler l'objet de ses désirs avec un spray à la fraise. Surtout qu'il en avait fait un bon usage, quand même, ce truc devait bien atterrir au fond de sa gorge, d'une manière ou d'une autre. Nout se fit la réflexion que, peut-être, cette technique trop novatrice n'était pas au goût du jeune homme. Peut-être qu'Avril était un romantique obstiné et aurait préféré qu'il se ramène à la porte avec un bouquet de fleurs en préservatifs de toutes les couleurs. Lui demander de toquer et d'agir comme tout un chacun, c'était trop demander.

Surtout que Nout n'avait pas pour but sur son tableau blanc de rendre la vie plus facile à ce faux roux mal léché. C'était lui qui refusait de boire un thé avec lui, et c'était lui qui allait regretter de trouver sa compagnie désagréable.
Parce que dans cinq secondes, il allait rendre sa compagnie très désagréable. Plus que jamais. Et pas besoin d'un quelconque accessoire pour ça – il laissait les épées de Star Wars au design discutable pour une prochaine bataille stellaire. Ils avaient l'éternité devant eux pour se foutre les pires trucs à la tête, après tout. Masques de lapin et lancers de briques compris.

Hohohoho.

« Aaaaah ? Moi je pensais que c'était le must. T'es difficile. On fait comment chez toi, alors ? »

On avait dit de lui qu'il était très tactile, et même ses amis d'en haut n'auraient pas dit le contraire (surtout une demoiselle embarrassée) : et à le voir comme ça, on pouvait croire que tapoter une certaine partie du corps que même un ami proche n'aurait pas eu le droit de toucher ne lui posait aucun problème. Et qu'est-ce qu'ils en savaient, hein ? Il avait peut-être fait ça toute sa vie.
Nout était juste dépourvu de timidité, et l'inhibition, il ne connaissait pas, ou faisait semblant de ne pas connaître. L'un dans l'autre, ça ne changeait pas la situation.
Quoique tu fasses, ça va être marrant.

« Tu préfères qu'on soit direct ou c'est l'inverse qui te pose problème ? »

A se demander. Avril n'était jamais content, de toute façon, alors un peu plus ou un peu moins...
Je plaide coupable, monsieur le juge : la honte, ça ne me dit rien.

MDR:
 

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Avril


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MessageSujet: Re: Je vais te rendre chèvre.   Dim 7 Déc - 2:12

Il y a ces moments dans la vie où tout va tellement mal qu’on se dit que, au moins, ça ne peut pas être pire, vraiment.

C’était ce genre de moments qu’Avril était en train de vivre, étaler par terre dans son hall, à moitié écrasé par son arc-ennemi auquel il était menotté, sans compter le fait qu’il était personnellement recouvert de spray à la fraise aux douteuses origines. Et sans parler de la chèvre qui grignotait son foin bien tranquillement dans sa salle de bain.

A moins qu’une voiture venait se crasher dans son appartement à ce moment-même, ou que le toit leur tombe dessus, il voyait difficilement comment leur petite altercation pourrait prendre un pire tournant encore. Mais voyez-vous, la vie avait un dent de requin contre Avril. Voyez-vous, dans une autre vie, il avait du être une sorte d’ennemi public numéro 1. Alors, forcément, pire arrivait toujours à se frayer un chemin au milieu de tout cela.

Ou, en l’occurence, Nout trouverait probablement toujours un moyen de rendre cela pire. Il devait avouer, le garçon avait un talent tout particulier pour ce genre de choses. De tous les talents inutiles que mère nature avait pu lui offrir, il avait fallut qu’elle lui offre celui-ci. Complot, là encore, pour rendre sa vie impossible.

Il le hait.

« Aaaaah ? Moi je pensais que c'était le must. T'es difficile. On fait comment chez toi, alors ? »

Chez lui, on le fait pas royalement chier comme ça. Chez lui, on lui fout la paix (à peu près; surtout depuis qu’il a déménagé, en fait). Et Avril était à deux doigt de lui répondre quelque chose de bien senti, toute en finesse, lorsque la chose - soyons honnête - décida qu’il était de bonne augure, et parfaitement normal, de lui tapoter les bijoux de famille. Là, comme ça, comme s’ils étaient les meilleurs potes; enfin, pas meilleurs potes, puisque jusqu’ici, ça n’était pas du tout un truc de meilleurs potes, ça, mais voilà. Comme s’ils étaient à ce niveau d’intimité.

Avril vira au rouge, son sang se mit à bouillir, et probablement que son corps prit quelques degrés en plus au passage. Yeux écarquillés, il dévisageait Nout comme si c’était la toute première fois qu’il le voyait, le son de sa réplique restant coincé au fond de sa gorge, comme bloqué par le spray. Il est en train de rêver. C’est un mauvais cauchemar.

Oh mon dieu. On se calme. Tout va bien. Nout est juste un idiot.

« Tu préfères qu'on soit direct ou c'est l'inverse qui te pose problème ? »

Il préfère qu’on ne lui touche pas les parties, merci. Ca se fait pas, entre hommes.

La surprise l’emporta malgré tout contre la raison et il resta bouche bée un petit moment, incapable de trouver la force de renfoncer les paroles de l’égyptien dans sa propre bouche. Le roux déglutit, s’efforce de chasser la surprise, parce que tout cela n’était, bien entendu que de surprise. Bien entendu. Lui n’est pas un pauvre puceau embarrassé par un simple geste aussi dérisoire.

Maudire Nout était apparemment une solution incroyablement efficace pour calmer ses nerfs. Malheureusement pas pour assainir son cerveau, déjà parti en déroute pour trouver la solution à ses problèmes, un moyen efficace de prendre le garçon à son propre jeu et de le faire taire.

Le garçon aurait du réfléchir plus longtemps, vraiment.

« Umh, ta tactique est trop abstraite. Chez moi on… »

Chez lui on se casse en courant en temps normal; mais quand on est menotté à l’objet du mal, on avise.

On lève le genoux, on attrape les cheveux de l’autre, on serre fort, et on écrase ses lèvres à s’en faire mal sur les siennes.

Et on se dit que oui, c’est définitivement une bonne solution; après tout, qu’est-ce qu’un baiser? Pas grand chose. Il faut savoir donner de sa personne lorsqu’on est en période de guerre. Et ça, donner de sa personne, Avril sait faire.

Pour bien faire, il mordit la lèvre de l’égyptien avant de calmement reposer la tête par terre, large sourire satisfait aux lèvres, doigts toujours fermement accrochés aux mèches châtains de l’ennemi.

« On est du genre direct. »

C'est de bonne guerre.

lol:
 

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MessageSujet: Re: Je vais te rendre chèvre.   Dim 4 Jan - 18:43

Oui, Nout était très fier d'avoir réussi à choquer Avril – et sûrement n'importe qui serait entré dans la pièce à cet instant précis, en fait. Qu'on pense qu'il passait ses après-midi à s’entraîner au catch avec son rouquin préféré était le cadet de ses soucis, puisqu'il savait qu'en revanche, ça n'aurait pas été celui d'Avril. Il allait le détester, hein ? Han, pauvre petite chose. C'était plus fort que lui. Il détestait ces personnes comme sur le point de s'effondrer au moindre mot, et entre semblables ils se reconnaissaient bien. Il s'en foutait de savoir ce qui avait pu marquer Avril dans une autre vie, ce qui pouvait le maintenir éveillé la nuit ou le hanter de temps à autre : il voulait juste qu'il tombe, qu'il pleure, quelque chose.
Il voulait voir dans ses yeux ce que lui était toujours incapable de ressentir. Vas-y, pleure !

Tu as peur ?


La démarche, originale, eut l'effet escompté : mais ça, surtout parce qu'elle n'avait pas d'effet escompté à la base, sinon de faire rugir le jeune homme sur lequel le destin l'avait confortablement installé. Opération réussie, Avril venait de passer de « rouge » à « panneau de signalisation en pleine canicule ». Ou « volcan en éruption », pour les plus poétiques. Il le regardait aussi comme s'il venait de se transformer en entité céleste ou en farfadet et cela ne faisait que conforter l’Égyptien dans son funeste dessein. Alors quoi, il avait pas l'habitude qu'on soit si direct avec lui, hmm ? Pauvre Avril.
Nout n'était pas stupide au point de penser que son ami n'allait pas réagir ; difficile de ne pas réagir quand un malpoli s'introduisait par effraction chez vous et finissait par vous... Enfin, l'idée était là – même si, la situation présentée ainsi, Nout avait l'air du pire des violeurs détraqués du coin. Pas que ce soit bien difficile à Holy Sword, mais...
Nout n'était pas un violeur, ça non. Il était plus pur que la plus pure des fleurs de ce damné pays virtuel, il pouvait le jurer cœur sur la main.

De là à savoir si ça allait durer...

« Umh, ta tactique est trop abstraite. Chez moi on… »

On ?
Nout devait avoir encore un peu de candeur en lui, au final, puisqu'il ne vit rien arriver avant que ça ne lui atterrisse sur les lèvres. Et il eut mal. De un parce qu'Avril était une brute sans douceur qui ne prenait pas de gants, et de deux parce qu'à peine la voix de son agresseur éteinte, il lui balança un violent coup de boule en plein front.
Et oui, ça faisait un mal de chien. Lèvres serrées pire que s'il les avaient collées à la glu et mains sur son front douloureux, Nout renvoya à Avril un regard brun furieux et brillant. Ça n'avait duré qu'une toute petite seconde avant qu'il ne retrouve son sourire, un maigre instant, presque un flash ; mais Nout le sentait encore sur ses lèvres cuisantes.

Le connard. Il allait le lui payer cher.

« Désolé, c'est un réflexe anti-violeur, répondit-il sur un ton béat et totalement hors de propos, tu sais que c'est pas légal ce que tu viens de faire ? »

Comme ce que lui avait fait quelques secondes plus tôt, mais Nout laissait volontiers de côté ce qui l'embêtait. Techniquement, hein, c'était de la légitime défense contre de la légitime défense : ça devenait compliqué, leur affaire. De toute façon, qui filerait par la fenêtre le moment venu ? Qui croirait-on entre son grand sourire et le visage renfrogné, presque insolent d'Avril ? Nout était certain d'avoir l'avantage à ce petit jeu.
Doucement, il tendit sa main valide et reprit le spray qui avait roulé plus loin sur le parquet. Il l'agita devant la figure du rouquin, menaçant seulement en apparence, avant d'ajouter :

« Tu mériterais que je t'étouffe avec ça, à défaut d'autre chose. »

Il n'allait pas non plus rendre son agonie trop agréable, d'où l'utilité du spray qui, décidément, devenait à ses yeux un accessoire indispensable, encore plus qu'une bombe lacrymo.
Il avait l'effet de surprise pour lui.

Ça brûle.

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MessageSujet: Re: Je vais te rendre chèvre.   Lun 26 Jan - 20:15

Le coup de boule lui fit voir les étoiles pendant quelques longues secondes, au moins, mais il ne regrettait, ô mon dieu qu’il ne le regrettait pas du tout. Il avait mal, il était sonné, cependant la satisfaction était si grande, si imposante qu’elle avait pris toute la place de la douleur dans la hiérarchie de ses pensées. 

Ca lui faisait mal, certes, mais ça faisait aussi mal à Nout. Ca lui faisait certainement plus mal même pour l’avoir pousser à cet acte, pour avoir perdu ainsi son sang-froid. L’espace d’une fraction de seconde, il l’avait vu danser, cette haine au fond de ses yeux. Il n’y avait plus de contrôle, plus de doux sourires qui se moquaient de lui et c’était bien, c’était ce qu’il voulait. Alors c’était ça, sa faiblesse, hein? Jeune garçon, petit garçon qui ne sait même pas dans quoi il s’aventure, un monde qu’il ne connait pas assez. C’était idiot de sa part, vraiment, il aurait dû s’y attendre en l’attaquant sur ce territoire.

Avril n’était pas comme lui, il avait perdu cette innocence il y a bien, bien longtemps déjà. Trop longtemps, si longtemps qu’il ne se rappelait plus de ce qu’il était avant. Alors, qu’est-ce que ça fait d’être souillé, hein? C’est drôle peut-être? Lui trouvait toujours ça presque fascinant, toujours.

« Désolé, c'est un réflexe anti-violeur. Tu sais que c'est pas légal ce que tu viens de faire ? »

Comme si lui toucher volontairement les parties génitales était plus légal et décent que ça. De toute manière, à l’origine, c’était lui qui était en tort, après tout, c’était lui qui été rentré chez lui par effraction avant de ruiner son parfait appartement, alors là, franchement, il l’avait cherché.

Et puis il s’en fichait éperdument de ce qui était légal, dans cette bataille, tous les coups étaient permis visiblement, alors il n’allait pas se retenir, ça non. Il allait lui en faire bouffer de la poussière, lui en faire baver jusqu’à qu’il en pleure et le supplie d’arrêter. Et peut-être, peut-être qu’il le le ferait. Il n’allait pas s’en sortir comme ça, l’égyptien, il le jurait sur la tête de son père.

Avril souriait, il ne cessait de sourire, incapable de chasser la satisfaction de ses traits, de ses pensées. Il y prendrait presque un malsain plaisir à tout cela. Presque. Il détestait toujours autant la présence du garçon, seulement un peu moins parce que c’était plus intéressant d’essayer de le détruire que de regarder le plafond. S’il était détestable, au moins Nout avait le mérite d’être relativement intéressant, il le lui concédait. Peut-être qu’il allait arrêter de l’éviter sur les trottoirs.

Déterminé, il haussa à peine un sourcil alors que le garçon reprenait l’objet qui, en premier lieu, les avaient fichus dans cette situation. Oh, il n’allait plus se faire prendre au dépourvu, il n’allait plus se recroqueviller ou rougir à la moindre attaque. Si Nout commençait à être à court d’imagination pour ses attaques, le roux commençait tout juste à en avoir.

« Tu mériterais que je t'étouffe avec ça, à défaut d'autre chose. »

Oh allez Nout, tu pourrais faire mieux que ça, c’était juste ennuyant.

Lui adressant un sourire carnassier, Avril se retint de relever ce ‚ à défaut d’autre chose‘ quelque peu douteux dans son esprit mal tourné pour mieux se concentrer sur la suite des événements, parce qu’il en avait, des événements en tête.

Il commença par adoucir son sourire, yeux violets rivés dans ceux bruns de l’égyptien, puis sa main trouva lentement son chemin jusqu’à sa cuisse pour s’y poser délicatement, comme si de rien n’était.

« Vas-y. Fais le. »

Avril pressa juste un peu plus son genoux contre lui, innocemment.

Oh, il ne doutait pas que Nout le ferait sans se poser de question, après tout, le spray semblait être son truc. Mais ce serait différent, ce serait son choix, son ordre.

Il étira ses lèvres juste un peu plus, enfonça ses doigts dans sa cuisse.

« Etouffe-moi. »

I dare you.

TIC TAC:
 

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MessageSujet: Re: Je vais te rendre chèvre.   Ven 13 Fév - 0:50

Inutile de préciser que le fait qu'Avril sourie comme un demeuré ne plaisait pas vraiment à Nout ; s'il n'avait pas tenu à garder un sourire vissé sur ses lèvres, il lui aurait renvoyé un regard assassin et peut-être même une jolie grimace pour aller avec. Seulement voilà, s'il était dans cette situation, c'était surtout sa faute à lui – et un peu celle d'Avril, dont il avait négligé les hormones hyperactives. Bien, certes, s'il était le best friend forever de P0rnstar, c'était qu'ils devaient avoir un minimum de points communs, mais n'empêche : on agresse pas un gentil garçon qui a pris la peine de se déplacer jusqu'à chez vous pour faire « coucou ». Accompagné d'une chèvre et d'une mer de paille, mais c'était un détail – négligeable, qui plus est. Bella, de l'autre côté du salon, lui fit parvenir une faible protestation.
En attendant, comme il allait faire pour pas finir violé, lui ? Bitch.

Nout regretta de n'avoir rien à planter dans ses mains baladeuses. Plus stoïque qu'un moine bouddhiste en pleine méditation, il ne releva ni la gêne ni la douleur. Et quoi, tu crois m'avoir bien eu, c'est ça ? Tu crois que tu as la situation entre les mains, juste parce que je n'ai pas aimé ? Pauvre Avril, il se trompait lourdement. Il fallait juste qu'il trouve un moyen de lui clouer définitivement le bec. Pour le coup, les menottes l'aidaient pas franchement à anéantir leur intimité nouvellement acquise.

D'abord, se dégager de l'étreinte de cet espèce de détraqué sexuel ; et s'il y tenait toujours, l'étrangler avec tout ce qui pouvait lui passer sous la main. Noooon, se reprocha-t-il silencieusement, ne perds pas tes moyens.
Histoire de maintenir et décorer le masque, Nout haussa des sourcils perplexes.

« D'accord, si tu y tiens... » Laissa-t-il malgré tout filer, l'air de rien. Il doutait sincèrement que se recevoir une dernière giclée de fraise chimique à la figure fasse plaisir à Avril. C'était moins jouissif parce qu'il s'y attendait, certes, mais avec un peu de chance il allait la respirer de travers et lui faire l'immense plaisir de mourir là sans rien ajouter d'autre. Après quoi Nout n'attendrait pas un quelconque reset ou la rigidité cadavérique pour balancer son corps par la fenêtre.
Ah non, c'était vrai, les menottes. Elles l'empêchèrent de se dérober entièrement à Avril, mais pas de glisser de ses genoux. Le spray toujours en mains (au cas où), il chercha un plan de secours. S'il s'énervait, il perdait le jeu, et ça, Nout ne le voulait pas. Jamais. C'était Avril qui était censé exploser au bout du compte, pas lui.

Eh. Il allait empêcher le mépris et la colère de transparaître, peu importe à quel prix.

« Tu tournais des films X, IRL, ou bien tu t’entraînes tous les vendredis soirs avec P0rnstar ?  Parce que je sais pas si tu t'entends, mais c'est choquant. »

Pour un enfant comme moi, sous-entendait son air et son ton candide. Difficile de faire passer un message un tant soit peu crédible avec un spray pour gorge profonde en mains, mais Nout ne tenait pas plus que ça à le convaincre qu'il était un angelot pur comme la neige au petit matin. Ou comme le sable des dunes du Sahara qu'on ne foule jamais, en l’occurrence. Il cherchait juste où appuyer pour le faire réagir et l'embêter. Il sentait confusément qu'il risquait plus gros qu'il ne pouvait récolter, mais c'était le risque qu'il avait accepté en entrant dans cet appartement.
Alors tu viendras pas te plaindre s'il t’arrive quoi que ce soit, d'accord ?

Il sentait encore sa main sur sa cuisse et pour faire fuir le frisson de dégoût et de peur, ajouta sur le même ton :

« Ta maman ne t'as jamais appris que c'était mal de s'en prendre comme ça aux autres ? »

Parce que la sienne, si – et on voyait ce que ça avait donné.
Nout savait qu'il l'avait vu, et c'était ça qui le mettait plus mal à l'aise qu'il n'aurait dû l'être. Il avait l'impression qu'on laissant le silence s'installer, il acquiesçait contre son gré. Et il ne voulait pas, non, il ne voulait pas.

J'ai déjà dit non.

BELLA OUHOU:
 

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Avril


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MessageSujet: Re: Je vais te rendre chèvre.   Dim 8 Mar - 1:59


Et Nout n’en fit rien. Le lâche.

Honnêtement, Avril était un peu déçu. Si s’avait été lui, il n’aurait pas hésité un seul instant; qui était-il pour refuser un tel ordre, hein? Mais Nout, Nout n’était pas lui. Il était loin, loin d’être lui, et c’était ce qui le rendait si vulnérable, en son opinion. Il avait des boutons partout et le roux mourait pratiquement d’envie de tous les presser, un par un, parce qu’il l’avait cherché, parce qu’il l’avait voulu, l’Egyptien. L’innocence, bien qu’elle avait l’air feinte, parfois, restait réelle. 

Et si c’était la seule solution, la seule chose qui pouvait le faire craquer, Avril n’hésiterait. C’était un combat de celui qui avait le plus envie de détruire l’autre, il semblait; et le neo-zélendais détestait perdre, surtout à ce jeu là. On lui avait trop souvent marché sur les pieds par le passé, mais c’était un nouveau monde, virtuel, qui plus est. Alors, quelle importance pouvait-il donner à ses actions, vraiment?

Le châtain se glissa à côté de lui, libérant la place sur les genoux (brûlants, probablement) d’Avril. Il le laissa faire, presque à regret, bien que toutefois soulager d’avoir au moins ce poids en moins au-dessus de lui, une position peu favorable. Lui-même se redressa, s’asseyant face au garçon. Ah, on était quand même mieux ainsi.

« Tu tournais des films X, IRL, ou bien tu t’entraînes tous les vendredis soirs avec P0rnstar ?  Parce que je sais pas si tu t'entends, mais c'est choquant. »

Avril haussa un sourcil avant de remplacer sa perplexité par un large sourire amusé. Choquant, hein? Oh allez, ça ressemblait à une boutade entre amis. Nout perdait de son mordant, c’était plaisant à voir. Si cela suffisait à le perturber, le roux semblait être sur la bonne voie, en tous les cas. Il passa un main dans ses cheveux, histoire de leur redonner un peu de forme, distraitement, comme s’il faisait cela tous les jours.

Se retrouver menotter à un mec qu’il détestait, dans une position ambigüe, puis l’embrasser après s’être pris du spray douteux dans la figure? Normal, daily situation. Honnêtement, il y aurait pu avoir pire. Nout aurait pu être gros et franchement laid, déjà, mais il n’était que légèrement repoussant. Bon, s'il avait été une fille, forcément, ça aurait été beaucoup mieux. Bah, on fait avec ce qu’on a sous la main.

Il allait répondre, vraiment, au lieux de le laisser poireauté pendant deux heures (ce qui aurait été intéressant), cependant le garçon lui coupa l’herbe sous le pied. Et le sifflet.

« Ta maman ne t'as jamais appris que c'était mal de s'en prendre comme ça aux autres ? »

Ouch

Avril fit de son mieux pour ne rien laisser passer, mais la tâche était pratiquement herculéenne et il n’avait pas de sang de dieux en lui. Il serra les poings, la mâchoire. Non, non, non. C’était bas.

Sa ‘mère’ n’était pas une fan de lui apprendre quoi que ce soit en général. Sauf, justement, agresser les autres comme ça. Pas que c’était la même chose, non, non, non. Avril n’était pas comme cette femme. Non. Sa mère est morte. Morte.

Il sourit, crispé, la respiration lourde. 

« Ma mère, répondit-il doucement, regard rivé sans vacillé sur le garçon, n’a pas eu le temps de m'apprendre grand chose. »

A respirer, peut-être. Au prix de son propre souffle.

C’est de ta faute.

Il serra les poings, plus forts encore, jusqu’à ce que ses ongles s’enfoncent dans sa peau, jusqu’à ce que ça fasse mal.

Respire, Merlin, respire. Ne lui donne pas ce qu’il veut, à lui comme aux autres.

La tension dans son corps se relâcha finalement assez pour qu’il puisse doucement allez pianoter des doigts juste à côté de la main de Nout.

« Et la tienne ne t’as pas appris que c’était mal de rentrer chez les gens par effraction? »

Sourire. Tout fini par passer.

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Nout


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MessageSujet: Re: Je vais te rendre chèvre.   Dim 5 Avr - 17:45

Il n'avait même pas cherché à l'agacer, tiens ; en témoigna le haussement de sourcils perplexe vite suivi d'un sourire à faire fondre la glace lorsqu'Avril se crispa tout entier. Comme quoi on ne trouvait jamais le trésor là où on s'y attendait ! Nout cocha soigneusement la case « maman » dans son petit calepin imaginaire, sûr de retenir que ça faisait de la peine à Avril – ça ou alors il bouillonnait intérieurement, difficile de savoir quelle touche il avait enfoncée. Peut-être une, peut-être deux, peu importe tant qu'il en grimaçait comme il le faisait. Ahah ! Plus serein, il sentit la balle revenir dans son camp et, avec une joie qu'il ne chercha pas à dissimuler, lui décocha un nouveau sourire parmi ses plus chaleureux.
On fait moins le malin, hein ?

« Ma mère n’a pas eu le temps de m'apprendre grand chose. »

Oh, pauvre chéri. L'égyptien n'eut ni la décence de s'excuser, ni celle de paraître peiné, et sa propre mère lui en aurait beaucoup voulu de se moquer ainsi des autres. N'avait-elle pas perdu son père, toute jeune encore ? Yeux levés au ciel, il chercha quoi répondre de plus blessant encore, dans le but de le faire craquer ou de le faire pleurer. Il ne voulait pas qu'il réussisse à s'apaiser, pas après ce qu'il lui avait fait. Sous ses airs mutins et perpétuellement heureux, Nout aussi avait des choses, des blessures auxquelles il ne voulait pas qu'on touche et sur lesquelles Avril avait posé sa sale patte ; il n'avait besoin ni de ses moqueries, ni de sa pitié, et encore moins de ses baisers volages sans aucun goût. Il le haïssait, purement et simplement, et s'il en fallait la preuve, il allait la fournir sur le champ.
Il jeta un œil faussement désinvolte aux doigts qui pianotaient près des siens. Lorsqu'il avait désiré très fort avoir quelque chose à y planter, il n'avait pas menti, et s'il avait eu un couteau ou des ciseaux en mains, il l'aurait sans doute fait. Il n'aimait pas qu'on le touche pour lui faire des bleus. Quel manque de délicatesse et de savoir vivre. Il tenait fermement la balle entre ses bras et il ne tenait qu'à lui de la garder pour le reste de la partie.

Ne le laisse pas te la voler, Nout. Plus jamais.

« Et la tienne ne t’as pas appris que c’était mal de rentrer chez les gens par effraction? »

Il haussa exagérément les épaules avec un reste de rire moqueur. Pour sa mère, tout était mal : ça, ça, et encore ça. Surtout ce qu'il faisait, à vrai dire, à croire que s'amuser était interdit par chez lui ! On respirait tellement mieux sous l'eau. Et chez Avril, est-ce que tout était permis ? Est-ce que sa mère avait au moins eu le temps de lui dire de profiter de la vie, ou est-ce qu'elle était partie bien avant ? Enfant abandonné, enfant orphelin ? Il aurait dû l'ignorer, lui et ses remarques acerbes. Ça lui aurait évité bien des souffrances.

Mais parler de moi ne m'intéresse pas, je suis sincèrement désolé.

« Bien sûr que si. Pourquoi je le fais, d'après toi ? »

Il ne laissa filer qu'une poignée de secondes avant de reprendre, toujours avec ce sourire qui ne semblait jamais se résorber (ou presque) :

« Pourquoi ta maman n'a pas eu le temps de t'apprendre grand chose ? Elle est morte ? Ou alors elle est partie parce qu'elle ne voulait pas de toi ? Vu comment tu traites tes invités, je peux la comprendre. »

Nout n'avait pas fait l'école de la délicatesse, mais il savait au moins enrober ses phrases d'une couche craquante d'ironie à peine perceptible – comme s'il parlait à Avril de la pluie, du beau temps, de l'arc-en-ciel après l'orage. Il connaissait les risques mais gardait la balle entre ses poings crispés, farouchement décidé à ne pas la laisser partir. S'il fallait se battre et frapper, il le ferait, même s'il avait les coups en horreur.

Avril aussi, il l'avait en horreur, et ça ne l'empêchait pas de le côtoyer, de le chercher alors même qu'il l'évitait : là était tout le paradoxe qu'il niait de temps à autres.

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Avril


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MessageSujet: Re: Je vais te rendre chèvre.   Sam 25 Avr - 1:58

Il avait eu de plus agréables altercations. 

A ce point, même un coup de poing lui aurait paru plus soutenable que cette torture. Ca fait toujours moins mal quand c’est physique, c’est bien connu. Malheureusement, Nout était plus du type mental, le bâtard. Avril avait eu raison de se méfier de lui depuis le début. Il ne comprenait pas, ne pouvait même pas concevoir que l’on puisse porter de l’affection à ce monstre aux allures d’humain. Il y avait juste quelque chose de malsain à propos de lui, quelque chose sur quoi il n’arrivait pas à mettre le doigt, pas complètement; s’aurait été dur de simplement le couvrir avec un seul doigt, de toute façon. Peut-être qu’il s’agissait de tout son être qui était malsain.
Oui, voilà, c’était cela; Nout sentait le pourri, jusqu’à la moelle.

« Pourquoi ta maman n'a pas eu le temps de t'apprendre grand chose ? Elle est morte ? Ou alors elle est partie parce qu'elle ne voulait pas de toi ? Vu comment tu traites tes invités, je peux la comprendre. »

Pourri, pourri, pourri. Avril retînt sa respiration, quelques secondes. Une poignée seulement, pas même assez pour supprimer l’odeur.

Ca n’était pas de sa faute si sa mère était morte, non, non. Elle était faible, elle… Il n’avait rien demandé, il ne voulait pas, il n’avait pas…

Ses yeux le piquaient, sa mâchoire semblait sur le point de se déformer tant il serrait les dents et ses ongles de se briser, ainsi enfoncés dans le sol; ils auraient dû s’enfoncer dans la peau de l’Egyptien, qu’il souffre un peu, qu’il saigne, qu’il ait peur, qu’il comprenne. Le salaud semblait bien content de lui, comme si le monde ne l’affectait pas, comme s’il n’avait jamais connu le chagrin, la honte, la culpabilité, la mort. Avril l’abhorrait un peu plus encore à chaque petite seconde qui s’échappait. 
Nout allait regretter, c’était sa seule et unique conviction; il allait faire en sorte qu’il n’en parle plus jamais. Qu’il ne lui parle plus jamais, idéalement.

« Ca ne te regarde pas. »

Sec, sec comme les déserts d’Egypte. Il en avait finit avec les plaisantes conversations et plaisanteries. Nout le cherchait depuis un moment, il devait être heureux de savoir qu’il l’avait trouvé, enfin.
Avril attrapa la main du garçon, fermement, menottes cliquetants alors qu’il refermait ses doigts sur sa proie.

« Mais je peux te traiter mieux, si tu le veux. Je peux te traiter comme je traites mes autres invités. »

Il se pencha légèrement, appuyant une main sur l’une des jambes du brun, écrasant volontairement sa main avec vigueur. Il sourit, satisfait d’avoir retrouvé cette proximité qui était son avantage. S’il y avait bien une chose sur laquelle le garçon avait été clair, c’était sur les contacts physiques, et plus particulièrement tout ce qui s’approchait un peu trop prêt du statut ‘sexuel’. Cela tombait bien, c’était là où il était le plus à l’aise. Il avança un genoux, laissant ses doigts glisser sur sa cuisse.

« Je n’étais pas certain que tu sois un invité, tu vois, mais puisque si… »

Avril balada son regard sur le garçon afin de trouver son point de chute. Lèvres, oreilles, cou, tant de possibilités. Décidant qu’il valait mieux ne pas perdre de temps avant de se prendre un coup, il s’avança brusquement. Le roux s’empressa de saisir délicatement entre ses dents le cartilage de l’oreille droite du garçon, le roulant et le mordillant doucement - il se trouvait franchement trop gentil.
Il pressa ses lèvres sur la tempe, souriant.

« On va pouvoir s’amuser, hm? »

Et se faire tabasser, sans doute.

Peu lui importait, du moment qu’il la fermait un peu, l'égyptien.

lol:
 

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Nout


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MessageSujet: Re: Je vais te rendre chèvre.   Sam 6 Juin - 1:40

« Ca ne te regarde pas. »

Il n'était pas stupide au point de penser qu'il allait s'en sortir sans y laisser quelques plumes ; pour l'étincelle de colère qui dansait tour à tour dans les yeux et sur la langue d'Avril, il était prêt à récolter bleus et coupures sur les bras. Oui, il était méchant, et oui, il aurait mieux fait de s'excuser et d'arrêter de le provoquer. On récolte ce qu'on sème, hein ? Ce qu'on s'aime. S'il finissait bâillonné et violenté, personne n'irait le plaindre – pas même sa conscience qui s'évertuait à le convaincre de faire demi-tour.
Il faisait la sourde oreille, tout à sa comédie sans queue ni tête. Un frisson le parcourut lorsqu'Avril s'empara de ses doigts, et le regret d'être là s'insinua à nouveau jusqu'à son cœur ; mon dieu, mais que faisait-il ? Qu'allait-il pouvoir inventer pour se pardonner encore et encore ? L'éclat de lucidité s'évapora aussi vite qu'il était apparu. Son sourire ne flancha pas, pas même au toucher qu'il avait pourtant en horreur.

Bien sûr que ça ne le regardait pas. Parce que sinon...

« Mais je peux te traiter mieux, si tu le veux. Je peux te traiter comme je traites mes autres invités. »

Un jour, il allait regretter de ne pas avoir appris à appeler à l'aide : cette fois pourtant, quelqu'un pouvait l'entendre, il n'avait pas de bâillon en bouche. Qu'est-ce qui l'obligeait à rester là avec Avril ? Les menottes ? L'esprit de contradiction ? L'assurance de pouvoir lui tirer de nouvelles grimaces, le refus de se laisser faire ? L'appréhension qui lui tenaillait l'estomac lui hurlait qu'il n'aimait pas ça. Pire, il détestait, il abhorrait la sensation de ses doigts sur sa peau, même couverte de vêtements. Avril était quelqu'un de détestable, fêlé dans tous les sens du terme. Mais pour remuer le couteau dans les plaies, même les plus anciennes, peut-être fallait-il en passer par là.
Qui lâchera le premier ?

Je suis ton invité, mais ni ton ami, ni ton amant, retiens-le bien. Qu'il garde ses mains pour des gens comme P0rnstar.
Ses sourcils se froncèrent légèrement au contact des dents de son assaillant – il aurait aimé lui planter quelque chose dans le dos. Lui faire regretter de s'être approché de lui. Mais maintenant qu'il avait trouvé son point faible, il devait faire avec. La balle, Nout, la balle, ne la laisse pas partir.
Mince, ses doigts tremblaient un peu.

« On va pouvoir s’amuser, hm? »

Il le dégoûtait, avec ses insinuations de Casanova sans cœur ni morale. Vrai visage ou masque savamment peint de couleur chair ? Nout lui mit la main sur la jugulaire et serra à peine, assez pour donner le ton, le « tu sais ce qui pourrait se passer si je serrais assez fort ». S'amuser, hein ? Et si jamais ils n'avaient pas la même conception du mot « amuser » ?
Il n'était pas stupide : encore moins au point de ne pas savoir ce qu'il pouvait laisser dans cette pièce. Mais le jeu devait continuer, il ne devait pas laisser la roulette s'immobiliser sur un nombre qui puisse lui être défavorable.

« Tu es sûr que tu veux t'amuser comme ça ? Je pourrais te faire super mal. Pas sûr que tu aimes. »

Son ton candide ne laissait pas filtrer le moindre trouble. Il avait une longueur d'avance sur Avril : il avait mis un visage sur le centre de la cible. Maman, maman, maman. Avril, lui, ne savait rien, sinon quelques notions abstraites qui ne lui serviraient pas – Nout s'en faisait la promesse. Il était entré gagnant et il sortirait vainqueur.

Sans ça, il ne sortirait pas. C'était aussi simple que ça.

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Avril


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MessageSujet: Re: Je vais te rendre chèvre.   Jeu 23 Juil - 1:33


Il n’allait pas lâcher l’affaire. Il n’allait pas craquer, pas être le premier à éclater, crier ou pleurer ou… Jamais il ne laisserait Nout avoir le dessus sur lui, c’était bien là la seule chose dont il était certain, la seule chose pour laquelle il allait se battre, peu importe ce qu’il pouvait bien perdre. Avril était, après tout, sacrément entêté; s’il avait bien quelque chose, c’était ça et son fort mental. Alors non, il n’allait pas perdre face à ce gosse. Il refusait de perdre la face, que ce soit contre lui ou n’importe quel autre d’ailleurs, cependant personne ne semblait -heureusement- aussi décidé que l’Egyptien à le cuire à ce point. Il fallait vraiment être malade et obstiné pour s’acharner comme il le faisait, franchement. S’en était presque admirable, tant d’attention.

En d’autres circonstances, Avril aurait été flatté. Là, il était juste à deux doigts du meurtre.

Et la main juste pressée comme il le fallait sur sa jugulaire ne faisait rien pour l’en dissuadé. Visiblement, ils étaient tous deux du même avis. Ironie, ironie, il n’avait pas qu’à commencer quelque chose comme ça s’il ne pouvait pas assumer, l’Egyptien. Ca n’était pas comme s’il ne connaissait pas sa réputation, après tout. Difficile de la rater; il semblerait qu’ici ou ailleurs, elle faisait aisément le tour.

« Tu es sûr que tu veux t'amuser comme ça ? Je pourrais te faire super mal. Pas sûr que tu aimes. »

Nout semblait convaincu que les menaces physiques allait avoir un quelconque effet négatif sur ses réactions. Etrange conviction puisque, jusqu’à présent, Avril n’avait pas rechigné face à sa violence physique, bien au contraire. Cependant il comprenait; après tout, il n’avait que ça contre lui. Ca et sa mère.
Oh, qu’il s’en voulait de l’avoir laisser l’avoir d’une telle manière! C’était idiot, tellement stupide. Il ne devait pas réagir à ces provocations, il avait appris à le cacher, appris à ne pas se faire avoir par de douces cajoleries - autant que par le contraire. Et pourtant ils savaient toujours. Toujours.
Que faisait-il de travers, exactement? Ca fonctionnait sur la plupart des gens, pourquoi pas sur tous? Il devait trouver un moyen d’éliminer la menace, de la neutraliser si l’éliminer n’était pas possible. Et neutraliser Nout, le mettre hors d’état de nuire, Avril pouvait le faire, il ne se mettait pas en doute là dessus un seul instant.

Si Nout avait quelque chose contre lui, Avril avait de quoi répliquer.

Doucement, il s’éloigna du visage de Nout, lui adressant un sourire presque joyeux, chaleureux. Contrôle, contrôle, contrôle; on ne l’y attrapera plus, il le promettait. Ils étaient tous deux doués en ce qui concernait l’art de la dissimulation, restait plus qu’à savoir qui était le meilleur. Sur le coup, Avril pensait avoir l’avantage de l’expérience, celle du plus âgé. Et puis, il ne savait pas ce que l’Egyptien, prude comme il était, pouvait possiblement avoir à dissimuler. Bad boy? Criminel? Problèmes de famille? Il n’avait pas envie de s’y attarder, honnêtement. Le plus vite il était débarrassé de Nout, le mieux il s’en porterait.

« Oh, tu t’inquiètes pour moi? Adorable. »

Adorable à en vomir.
Avril s’installa à nouveau sur ses genoux sans pour autant s’éloigner du garçon sur le plan physique; cuisse plaquée contre la sienne, il se sentait plus en sécurité. Perdre le contact avec sa proie suscitait une certaine panique, irrationnelle - ou peut-être pas tant que cela; il avait toujours été très physique, après tout.

« Mais tu sais, je pense que tu devrais t’inquiéter pour toi. C’est toujours dur, les premières fois. »

Pas que ça devienne nécessairement plus agréable après plusieurs, peu importe le sujet.

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Nout


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MessageSujet: Re: Je vais te rendre chèvre.   Sam 12 Mar - 0:34

Peut-être qu'il avait envie de mourir, hein. Que c'était ce que ses yeux lui demandaient, serre assez pour me tuer sur le coup. Rompt-moi le cou comme une branche, crac, rupture nette.
Il ne demandait pas mieux.

Il grimaçait si fort intérieurement qu'il craignit un instant que sa bouche ne fasse la moue et qu'Avril perce à travers son déguisement – déjà si bancal. Il répugnait à des contacts qu'il n'initiait pas lui-même car il détestait l'idée qu'on le force, qu'on l'amène là où il ne voulait pas être. Qu'il se jette tout seul sous les roues des voitures ne le dérangeait pas. Déraper parce qu'il avait fait un pas de travers faisait partie du jeu. Vas-y, fais-moi peur. Mais ça ne marchait pas, toujours pas. Il n'y avait que la colère et l'indignation dans sa poitrine, un pincement au cœur qui n'en était pas un. Et sous toute cette couche de muscle et d'os, quelque chose s'était tu.
Mais vas-y, fais-moi peur ! Je savais que tu n'en étais pas capable.

Non, tu n'es bon qu'à embrasser sans y penser. Tu y perdras ta tête, ou en tout cas je l'espère.

« Oh, tu t’inquiètes pour moi? Adorable. »

Adorable, oui, c'est ça. Nout se fit violence pour ne pas céder à la tentation de la claque ou du coup de poing, à celle de le jeter à travers la pièce, quitte à y laisser sa main en souvenir. S'il détournait la tête, il perdait, c'était aussi simple que ça. Le sourire coulé au ciment ne vacilla pas et ses yeux noirs fouillèrent dans ceux violets d'Avril, dont la couleur paraissait aussi naturelle que le roux éclatant de ses cheveux. Est-ce qu'il y avait quelque chose de vrai, en lui, un soupçon d'honnêteté à dissimuler à tout prix ? A croire que ça l'amusait de jouer les mannequins de vitrine. Il pouvait se vanter de son beau visage, tiens ; pour ce que ça lui apporterait dans la vie.
Maman m'a dit que les personnes belles étaient toujours plus à plaindre.

« Mais tu sais, je pense que tu devrais t’inquiéter pour toi. C’est toujours dur, les premières fois. »

Ah, enfin de quoi placer une réplique de l'absurde. Il s'en sentit soulagé.

« Les premières fois ? T'en fais pas, c'est la trente-cinquième fois que je me retrouve menotté à un délinquant sexuel. (il agita son poignet pour faire chanter le métal) Je suis habitué. »

Bien sûr, l'ironie n'était que dans sa voix – dans sa tête, l'ironie était de se plonger corps entier dans un jeu auquel il ne voulait pas participer. Mais s'il laissait Avril faire, ou s'il détournait la tête, il perdait d'office. La balle, la balle, cette fichue balle...
La laisse pas filer, gamin, tu sais bien où ça termine quand on laisse s'échapper le chien. Tout seul dans un square.

Un grand frisson le parcourut et pour le faire taire, il se pencha vers Avril dont il attrapa les lèvres, presque avec violence. Elles allaient lui laisser un goût amer sur la langue, mais s'il ne tirait pas le premier, c'était lui qui allait se retrouver cloué au tableau comme un papillon qu'on épingle. Si quelqu'un devait souffrir, autant que ce soit l'autre ; même si Nout savait très bien qu'en continuant comme ça, le seul à se retrouver avec encore plus de vague à l'âme qu'il n'en avait, ça allait être lui.
Ses ongles s'enfoncèrent légèrement dans la peau de son cou, comme pour lui prouver que le geste n'avait rien d'une tendresse soudaine. Il ne distribuait pas ses baisers aux garçons, encore moins à ceux qui, volages, s'en délectaient comme d'un plaisir éphémère. Lui aussi était jaloux et exclusif, à sa manière.

Et je te déteste.

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Avril


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MessageSujet: Re: Je vais te rendre chèvre.   Sam 12 Mar - 4:18


Nout aurait beau s’agiter et se retourner le cerveau, Avril savait bien que pour le garçon, c’était perdu d’avance. C’était juste la logique, implacable, impeccable. Il n’y aurait rien de plus qu’il puisse faire qui aurait le don de prodigieusement le sortir hors de ses gonds à présent qu’il était plus que jamais sur ses gardes. Il se serait senti plus confiant s’il n’avait pas toujours le poignet menotté à celui du garçon. Par sa propre faute. Ca lui en fichait un coup à son estime, tout de même, il ne pouvait pas le nier. S’il avait été assez stupide pour se faire prendre à son propre jeu simplement à cause de sa frustration, il pouvait bien encore se faire prendre comme un idiot. Nout avait beau être dans une mauvaise passe, Avril ne pouvait pas ignorer le second facteur principal qui était lui-même et avait la fâcheuse tendance à envenimé toutes les situations. On ne se méfie malheureusement jamais assez de soi-même.

En tous les cas, il honorait les efforts de son adversaire qui ne semblait pas prêt à lâcher prise, pas encore. Avril se demandait ce qui pourrait bien le faire sortir du terrain, provoquer une erreur, initier la chute. Miser sur les mots n’était pas très sage, Nout était habile pour les déjouer et les lui renvoyer là où ça pouvait potentiellement faire mal et le roux n’était pas tout à fait certain que ses murs soient solides - prudence est mère de sureté. Avril n’avait jamais été des meilleurs avec les mots de toute manière, alors non, ça ne serait pas ça. Ce sera physique, certainement. Ô, comme cela devait le répugner d’être si proche de lui! C’était sa meilleure carte, sans aucun doute, la plus sûre, celle qu’il connaissait le mieux. Ca ne l’attirait pas mais cela ne le répugnait certainement pas autant que cela pouvait répugner Nout, alors il avait une bonne longueur d’avance de ce côté. Autant en faire bon usage. 



« Les premières fois ? T'en fais pas, c'est la trente-cinquième fois que je me retrouve menotté à un délinquant sexuel. Je suis habitué. »




Avril se contenta de rouler des yeux, amusé. Délinquant sexuel, il aurait tout entendu. Jusqu’ici, il n’avait pas été le plus délinquant des deux, puisqu’après tout, il ne s’était pas introduit chez l’autre par effraction et ne l’avait pas pratiquement assassiné. Honnêtement, tout ce qu’il faisait n’était que maigre self-defence, peu importe comment l’on retourne la situation. Et il ne s’était pas encore jeté sur lui comme un sauvage. 



Chose que Nout semblait bien tenté par. 



Dire qu’il n’avait pas été surpris aurait été un mensonge. Il ne s’était pas attendu à autant d’audace et encore moins à autant d’enthousiasme. S’il n’avait pas connu les intentions principales du garçon, il aurait pu aisément mal interprété les lèvres qui viennent s’écraser sur les siennes. Ouch. Les ongles qui viennent se planter dans son cou. Double ouch. Il avait connu des baisers bien plus agréables que cela, il devait bien l’avouer, mais cela n’avait que peu d’importance. 
Avril ne laissa pas la surprise dominer plus de quelques secondes, conscient de ce que cela pourrait lui coûter.

Un baiser, un simple baiser n’aura jamais le pouvoir de le détrôner, il en avait connu bien trop, bien que ce soit facilement le plus étrange, aussi bien que le plus passionné, bien que la passion fut mal placée. Il pouvait passer outre cela. Rien de plus à faire que de faire passer une émotion pour une autre. Nout venait de trépasser sur son territoire; Avril se demande s’il est conscient de son erreur.



Il glisse sa main jusqu’à ce qu’elle trouve prise derrière le cou du garçon, juste à la base des cheveux - il tire un peu, gentiment, histoire de lui rendre la pareille. Puis, sans timidité aucune, c’est sa langue qui vient glisser sur les lèvres fermées de Nout, comme s’il s’agissait d’un baiser comme un autre. Peut-être bien qu’il allait mordre, le chien, peut-être que pas. Il n’était plus à ça prêt.



Et l’idée d’une surprise ne pouvait que le réjouir d’avantage à ce stade.

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Nout


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MessageSujet: Re: Je vais te rendre chèvre.   Mer 13 Avr - 21:36

Il n'aimait pas ça.
Le contact, la sensation, tout lui était désagréable ; il abhorrait l'idée d'avoir pénétré son territoire et d'agir comme Avril devait agir – à donner sa langue à n'importe qui et sans se soucier du reste. Or, Nout s'en souciait, du reste, même si un quelconque observateur extérieur aurait pu en rire. C'était lui qui avait embrassé Avril, c'était lui qui allait en payer les conséquences, c'était lui qui aurait tout loisir de le regretter une fois la journée passée. Mais non, je ne le regretterai pas. Où était la logique, là-dedans ?  A croire que sa fierté l'empêchait de lui remettre un vigoureux coup de boule et d'arrêter là les bêtises. Trouver la clé, enlever ces fichues menottes qui lui blessaient le poignet, et passer Avril par la fenêtre. Ou  lui écraser la tête dans l'évier et tirer l'eau, qui sait ? N'importe quoi tant qu'il arrêtait de le toucher.

Parce que c'était lui qui l'avait embrassé le premier. Il ne faisait que lui rendre la pareille. Pas coupable, pas coupable.

Il faillit effectivement lui envoyer son poing dans la figure au moment où il passa sa langue sur ses lèvres – mais se contint et laissa son esprit le frapper par télékinésie. Si seulement il avait pensé à façonner un farfadet avant d'entrer, ou si cette maudite chèvre avait bien voulu leur sauter dessus... Arrête de te chercher des excuses et assume, un peu. Il allait lui faire mal et rira bien qui rira le dernier : le tout, c'était de lui faire regretter de s’être menotté à lui. C'était ça la base, non ? Lui faire regretter de l'éviter.
Lui tirer les vers du nez.

Oh, il ne savait plus.

Il savait comment embrasser, en revanche, et même si sa mère le lui avait défendu avant ses vingt-et-un ans révolus, ça ne l'avait pas empêché d'essayer. Avril ressemblait un peu à Mustafa, avec sa manière désinvolte de donner ce qu'il voulait à n'importe qui et n'importe quand – sans même demander un nom ou un âge. S'il le mordait fort, est-ce qu'il lâcherait prise ? Ahah, probablement pas. Il aurait mit sa main (celle qui était prisonnière) à couper que ça l'aurait même fait rire. Alors il entrouvrit les lèvres et lui mordilla sa maudite langue, avant de laisser son bras libre se poser sur sa poitrine et violemment le jeter en arrière.
Il en aurait le souffle coupé, oui, mais pas pour longtemps.
Nout se pencha sur lui et lui adressa son plus beau sourire, celui de vendeur de ballons innocent et juste bon à faire rire les enfants. Il était gentil, hein ? Il lui laissait le temps de souffler avant la bataille.

« Ta maman serait pas super contente de te voir faire ça, je pense, mais bon. T'es grand et tu sais ce que tu fais, j'imagine. »

C'est toi le gamin, pauvre taré.

« Alors maintenant, dis-moi, à quelle partie de ton corps tu tiens le plus ? »

Et s'il répondait « mes yeux », qu'il se rassure, il allait lui en mettre plein la vue, parole d'égyptien. Nout savait que c'était plutôt sa mère qui aurait hurlé et se serait arraché les cheveux de le savoir dans cette situation, mais il n'était plus à ça près. Et ce n'était pas son vrai corps, en plus ; ce qui se passait ici ne se passait pas à l'extérieur. Une fois rentré, il n'en resterait plus aucune trace détectable. Il aurait gardé honneur, pureté, et tout le blabla que ses parents adoraient ressortir en période de crise. Ils n'étaient même pas si croyants que ça.

Mais fais-moi rêver, alors, si t'es pas capable de me faire peur.

Oni-chaaaan:
 

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Avril


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MessageSujet: Re: Je vais te rendre chèvre.   Lun 29 Aoû - 22:35


Avril se rattrapa de justesse avant que son corps ne bascule complètement en arrière, ce qui, potentiellement, n’aurait pas été très agréable pour son dos vu la violence avec laquelle Nout l’avait poussé. Le manque d’air ne l’empêcha toutefois pas de rire, léger et essoufflé, yeux ronds et sourire en coin. C’était plus amusant qu’il ne l’aurait pensé, quelques heures auparavant, que de jouer au jeu du garçon – le regarder s’enfoncer sans rien à quoi il ne pouvait se raccrocher. Le pauvre venait de se jeter dans la gueule du loup, persuadé que ses propres dents allaient pouvoir le sauver. Avril se demandait si le garçon pensait même avant de faire quoi que ce soit. Qu’est- ce qui l’avait poussé à l’embrasser bien que, de toute évidence, cela le dégoûtait ? S’il y avait bien une chose sur quoi il n’aurait jamais le dessus avec Avril, c’était les contacts physiques.

Avril avait de l’expérience avec les contacts physiques indésirable, après tout – il doutait grandement que ce soit le cas de l’Égyptien.

« Ta maman serait pas super contente de te voir faire ça, je pense, mais bon. T'es grand et tu sais ce que tu fais, j'imagine. »

Ce serait mentir que de dire que son cœur ne bat pas un peu plus vite à la mention de sa mère, mais Nout l’a déjà bien mâché, son argument, il n’aura plus jamais le même effet. Son propre sourire se fit plus provoquant, sa tête tombe sur son épaule tandis qu’il fixe le garçon, s’attendant à tout moment à un coup bas. Il était curieux, à présent, plus qu’autre chose.

« Alors maintenant, dis-moi, à quelle partie de ton corps tu tiens le plus ? »


Avril arqua un sourcil, passant lentement sa langue sur ses lèvres de sorte à attraper le regard de l’Égyptien, d’être sûr qu’il n’oublie pas. Comme s’il allait lui répondre, le pauvre innocent. Avril tenait à son corps et il tenait à l’avoir entier pendant un très long moment. Il laissa sa main libre se balader à nouveau, l’entrainant le long du bras de Nout jusqu’à son cou, jusqu’à avoir une prise ferme sur sa nuque, suivant son mouvement hypnotique des yeux jusqu’à ce que son regard ne remonte jusqu’à celui de Nout, ne négligeant cependant pas de s’arrêter quelques secondes de trop sur les lèvres meurtries du garçon.

« Tu sais, tu embrasses mal. Tu vas faire mal à ta pauvre petite chérie si tu continues comme ça. »


Son sourire s’étendit lentement, ses yeux tombèrent mi-clos. Il passa à nouveau sa langues sur ses propres lèvres – elles aussi abîmées par le mauvais traitement imposé par l’Égyptien. Avril se demandait si cela le tuerait de faire preuve d’un peu plus de délicatesse – ses lèvres étaient précieuses. Ses doigts se resserrèrent un peu plus fort sur la nuque du garçon. D’une pression, il attira à nouveau son visage plus proche du sien.

« Mais, comme tu as de la chance, je suis d’humeur charitable. Je pourrais t’enseigner deux ou trois trucs, crois-moi, ils ne seraient pas de trop. »

Sa main glissa dans les cheveux bouclés du châtain, ses doigts s’agrippèrent fermement, cependant lorsqu'il tira sur les mèches, ce fut presque avec douceur.

« Mais il faut être plus gentil que cela, Nout. »


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Nout


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MessageSujet: TWERK IT   Lun 19 Sep - 18:50

Il l'aurait déjà mordu s'il n'avait pas eu le doute fondé que ça lui fasse plaisir – à lui et sa main qu'il laissait traîner n'importe où. Qu'il ne s'étonne pas s'il se cassait vraiment avec son bras, hein, comme au bon vieux temps où un larcin équivalait à cinq doigts de perdus. C'était lui qui s'était menotté à lui en se disant que, wow, ce serait peut-être fun de s'attacher pour la vie à une cause perdue. Hinhin. Au moins, se disait Nout en se retenant de lui arracher sa fichue langue, il ne pourrait plus changer de trottoir en le croisant une fois devenu son frère siamois. A la vie à la mort.
Vie qu'il comptait écourter au maximum, soit dit en passant, car il pouvait sentir qu'Avril ne demandait qu'à mourir. Il hurlait à l'euthanasie – si, si – c'était frappant.

Sans ça, il ne se serait pas moqué de lui comme ça.

« Tu sais, tu embrasses mal. Tu vas faire mal à ta pauvre petite chérie si tu continues comme ça. »

Pour lui montrer que son avis le blessait, Nout fit une moue de chien battu. Awwww ~ Il était tellement désolé de ne pas avoir dix ans d'expérience comme lui, à fourrer sa langue à peu près n'importe où en soirée. Eh, lui avait une mère qui l'aurait écorché de revenir saoul à deux heures du matin. De revenir saoul tout court, en fait – eh, lui, il avait une mère. Et un père. Et les deux l'aimaient.
Il aurait dû demander à un philosophe occidental connu ce que pouvait signifier l'envie irrépressible de faire le tapin. Ça devait taper en plein dans le subconscient, avec des excuses d'enfant maltraité ou négligé et tout le tintouin.
Moi, personne ne m'a négligé, jamais.
On m'a juste laissé pleurer, une fois.


Qu'Avril ne s'en fasse pas, il se faisait déjà mal tout seul, alors hihihoho. Qu'est-ce qu'il comptait faire contre lui, hein ?
Le violer ? Aucune chance s'il prenait les devants.

Faible, comme menace. Bouh. Je meurs de peur, chéri. J'en tremble de partout.

« Mais, comme tu as de la chance, je suis d’humeur charitable. Je pourrais t’enseigner deux ou trois trucs, crois-moi, ils ne seraient pas de trop. »

Il comptait lui faire le coup du lapin, là ?
Nout fut bizarrement contrarié qu'il lui touche les cheveux sans le scalper. Qu'il y aille franco, hein, il sentait pas grand chose là. Son propre humour lui retourna l'estomac mais il prit un soin maniaque à n'avoir l'air qu'ahuri ; Les imbéciles, on s'en veut de leur faire du mal, non ? Et c'était tout ce qu'il était. Un grand imbécile.

Nout mit une pichenette sensuelle à Avril, en plein dans le front. Il allait choisir pour lui s'il ne répondait pas.

« Je m'en passe de tes trucs de gigolo, tu vois. Et c'est pas toi qui aimes avoir mal, non ? »

Il l'avait demandé distraitement, comme si la réponse ne l'intéressait pas. Il posa un doigt sur ses foutues lèvres qu'il n'arrêtait pas de tendre comme une offrande au bon dieu – qui en aurait été outré, pas de doute là-dessus. Insha'Allah.

« Si je te les bousille en représailles, puisque tu réponds pas, tu feras comment pour me faire plaisir, hmm ? »

Oh, allez, il devinait bien qu'Avril avait dû mettre chaque partie de son corps au clou, mais il avait besoin de réponse. C'était trop facile, sinon. Comment ils appelaient ça, des préliminaires ?

Ce pauvre salopard égocentrique ne valait pas mieux que lui, et il le savait. C'était peut-être ça, le pire.

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MessageSujet: Re: Je vais te rendre chèvre.   Dim 9 Avr - 16:47



La pichenette sur son front avait des allures enfantines qui ne correspondait pas à la situation actuelle, mais Avril avait accepté l'innocence qui constituait les faibles frappes du garçon. Ils ne tiraient pas à balles égales, c'était une certitude. Il se demandait si Nout essayait encore de reprendre le dessus ou s'il essayait juste de s'en sortir entier, de cette histoire. Le connaissant un minimum, Avril savait bien qu'il essayait vraiment de reprendre le dessus, de lui faire mordre la poussière. La détermination dont il faisait preuve, jusqu'à en sacrifier son être juste pour être sûr d'amocher son ennemi au passage, était vraiment admirable, et une petite partie d'Avril était attristé qu'ils aient ainsi à se jeter à la gorge l'un de l'autres. Auraient-ils jamais pu être amis? Il en doutait, ils avaient bien trop de différences, et Avril ne faisait pas d'amis, pas vraiment. Peut-être qu'ils étaient mieux ainsi, à se battre comme des chiens affamés pour un bout de viande.

« Je m'en passe de tes trucs de gigolo, tu vois. Et c'est pas toi qui aimes avoir mal, non ? »

Avril aurait pu s'épuiser à expliquer à Nout les différences entre aimer avoir mal et aimer le contrôle, mais le but n'était pas d'éduquer le petit. De toute façon, il n'avait pas l'air très intéressé par son savoir, et Avril n'avait pas prévu de faire classe. Il ne répondit rien, laissant son sourire muet parler pour lui.

« Si je te les bousille en représailles, puisque tu réponds pas, tu feras comment pour me faire plaisir, hmm ? »

Ah, tant de violence. C'était ennuyeux. Il était conscient qu'il s'agissait là de sa seule défense, mais s'en devenait répétitif. Avril fit la moue, lèvres collées sur le doigt du garçon, avant de s'extraire entièrement de sa forme. Il avait laissé ses doigts glisser un peu plus longtemps dans les cheveux bouclés de Nout avant de se rasseoir sagement sur ses genoux, aussi loin possible qu'il le pouvait sans tendre le bras. Il s'ennuyait, à présent, et il ne le cachait pas. Son sourire était une moue boudeuse, ses yeux se préoccupaient plus de ce qu'il se passait pas la fenêtre du salon que par son adversaire. Il n'avait plus si envie de jouer. Il soupire, passe la même main qui était dans les cheveux de Nout dans les siens.

"Umh. Même si je te le disais, tu n'en ferais toujours qu'à ta tête. Tu n'es pas quelqu'un de si surprenant que ça, tu sais."

Il se lèverait pour aller chercher la clé si l'effort ne lui assurait pas de la réticence de la part de l'égyptien. Il était fatigué d'avoir à se battre physiquement si cela n'allait nul part. Si Nout continuait d'être si ennuyeux. Il reposa son regard sur lui, désintéressé, nonchalant.

"Je te pensais plus amusant, mais t'es juste un gosse bruyant qui ne connaît que ses poings, non?"

Il pourrait encore lui prouver le contraire, le gosse. Il en doutait.

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Nout


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MessageSujet: Re: Je vais te rendre chèvre.   Lun 3 Juil - 2:33

"Umh. Même si je te le disais, tu n'en ferais toujours qu'à ta tête. Tu n'es pas quelqu'un de si surprenant que ça, tu sais."

Nout haussa les épaules, s’appliquant à avoir l’air parfaitement désintéressé – de toute façon, ce n’était pas lui la prostituée dans l’histoire ; quelle importance, qu’il soit surprenant ou non ? C’était à Avril de l’éblouir. Lui, qu’avait-il à offrir, hein ?
Il n’était qu’un gosse.
Et un gosse, ça ferme les yeux en attendant qu’on lui prenne les mains et les pose là où il faut.

"Je te pensais plus amusant, mais t'es juste un gosse bruyant qui ne connaît que ses poings, non?"

Le qualificatif lui déplut mais il hocha sagement la tête, parce qu’il n’y avait rien de plus vrai. Sa mère le lui avait dit, hein ; il ne la fermait jamais. Par contre, pour les poings, il n’était pas d’accord : il n’avait jamais cogné plus grand ou plus petit que lui, n’avait jamais imposé la loi en frappant. Ce n’était pas le genre de la maison. Pas le genre de ses parents, ni de son frère, ni des petits garçons au cartable neuf emplis du désir de bien faire en cours ; ce n’était pas le genre de Nout, c’était celui d’Avril, celui des pauvres frustrés incapables d’avancer.
Moi ça va, se dit-il en se mordant l’intérieur des joues, moi j’avance.
Les coups, je me les mets moi-même.
C’est beaucoup mieux comme ça.


Il aurait aimé lui couper les doigts et la main qui allait avec. Qu’il la dégage de ses cheveux. Nout était dégoûté rien qu’à l’idée de penser à toutes les têtes par lesquelles elles étaient passées. Il ne lui fit pas le plaisir de protester ni de le montrer, mais tout son corps avait ce rejet intérieur qui le secouait de haut en bas. Chez lui, il n’y avait guère que les bleus à l’âme qui comptaient, le reste s’oubliait, s’effaçait, surtout sur un corps qui n’était fait que de pixels.
Demain, sa peau aurait tout oublié.
Pas son cœur.

Il laissa un sourire étirer ses lèvres.

« Dis donc, t’es gonflé de dire ça alors que tu refuses de me répondre ; mais ok. Je suis ennuyeux. Moi, ça me plaît. »

Il s’en regorgea trop visiblement et plongea la main qui n’était pas prisonnière dans la poche de son pantalon.

« Parce que tu l’es encore plus que moi. »

Il en ressortit un préservatif qu’il fit danser devant les yeux d’Avril. Non, il ne comptait pas que ça le surprenne – pas deux fois. Et puis il avait dû en voir passer des tonnes durant sa vie, non ? Toutes ces longues nuits à essayer de combler un vide que Freud aurait certainement mieux expliqué que lui, avec plein de mots justes et touchant droit au cœur du problème.
Pour Freud, soit c’était phallique, soit c’était un problème avec la mère.

Pour Avril, ça devait être les deux.

« Peut-être que tu compenses en fait » laissa-t-il filer à voix haute en fixant le préservatif se dandiner sans gêne.
Puis reprenant un air on ne peut plus sérieux, il lui demanda :

« Tu me montres comment on le met ? »

Ô grand sage qui sait tout sur tout ; comme quoi ça servait de faire les trottoirs.
Nout ne savait pas trop quelle fille aurait été impressionnée par ses skills en enfilage de préservatifs, mais que savait-il, au fond : il n’était qu’un gosse vierge et ennuyeux.
Quelle chance il avait d’avoir Avril sous la main pour lui ouvrir les yeux.

Littéralement sous la main.

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Je vais te rendre chèvre.
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